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 Que le destin nous joue des tours [E.]

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Tiernàn Sirfalas
PHOENIX FROM THE FLAMES • coupable et victime à la fois.
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♦ PSEUDONYME : LA MEUF DE JONAS.
♦ COPYRIGHT : © mine ; talitha_bee.
♦ HUMEUR : mort à l'intérieur.
♦ CITATION : «Les amis font plus de mal que les ennemis, parce qu'on ne s'en méfie point.» - DEMONAX.
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MessageSujet: Que le destin nous joue des tours [E.]   Ven 4 Sep - 17:54



© _SYUNIKISS_ ; GIRLYEVIL

« Jamais je n'aurais cru te revoir et pourtant.
Ne sois pas étonnée, je t'ai reconnu à l'instant. »


Tiernàn pesta un bon quart d’heure tandis qu’il s’évertuait à tenter de réparer les dégâts que lui avait causé ce fichu dragon vert trois jours plus tôt. Il était parvenu à le dénicher 12 jours avant mais n’était finalement venu à bout de cet adversaire coriace que quelques jours plus tard. Et il lui avait fallu deux jours de plus pour entièrement le dépecer, récupérer tous les éléments de valeur de cet être de chair morte et de sang bouillonnant même encore après la mort. Il aurait pu en retirer davantage encore mais cela faisait déjà trop de temps qu’il s’était absenté de son domicile. Il avait promis à Anuun qu’il reviendrait 9 jours plus tard. Cela faisait pourtant 16 jours qu’il était parti. Il savait profondément qu’elle ne donnerait pas l’alerte et qu’elle ne s’inquiéterait pas outre mesure. Bien évidemment, elle ignorait ce qu’il faisait quand il s’absentait ainsi, montant au nord. Mais elle s’en doutait considérablement. Les brûlures, la fièvre, les vêtements en lambeaux et couvert de cette terre noire particulière, sans parler des rentrées d’argent considérable lorsqu’il revenait de ses petits voyages. Ils ne savaient que trop bien que le braconnage était interdit, et plus encore que la chasse aux dragons ne pouvait se faire en aucune manière. Mais seulement, la peau de dragon valait son pesant d’or au marché noir et nombre de membres de l’ordre, nombre de leur proche avait un manteau en peau de dragon, un sac, des bottes. Et l’argent rapporté leur permettait quelque folie. Tiernàn pouvait ainsi offrir à son épouse une magnifique robe de soie, un voyage jusqu’à l’océan ou un festin digne des anciens rois pour fêter la nouvelle année. Après ce qu’ils avaient enduré, après la dernière épreuve à travers de laquelle elle avait dû passer seule, c’était le moins qu’il puisse faire. Alors bien sûr qu’elle s’en doutait. Bien sûr qu’elle fronçait délicieusement les sourcils lorsqu’il lui annonçait qu’i partait au Nord. Bien sûr qu’elle s’inquiétait encore plus que d’habitude, dans un quotidien déjà des plus risqués. Mais elle savait au fond d’elle-même que s’il arrivait quoi que ce soit à Tiernàn, elle le sentirait. Et l’inverse était également vrai. Alors, il se devait de rentrer le plus tôt possible. Pour la retrouver. Pour la couvrir de présent. Pour l’aimer tout simplement. Entendre sa respiration à ses côtés lorsqu’ils dorment. La voir accrocher le linge au soleil alors qu’il rentre d’une éprouvante journée. Rire avec elle et Diarmud. C’était le moins qu’il puisse faire.

Il avait directement traité avec le négociant et n’avait gardé qu’une dent de la bête qui avait ruiné sa coupe de cheveux. Il sentait encore l’odeur roussi de ces derniers et sur le devant certains étaient partis en fumée, le bout décoloré par la chaleur dégagé de la créature mortelle. Mais comme dirait son meilleur ami, ce n’était que des cheveux, ça repoussait. Toujours est-il que c’est à la suite de cet acte d’ignominie que la rage avait tellement consumé le garde-frontière que le dragon n’avait pas fait long feu, sans mauvais jeu de mot. Il chargea son sac à dos, alourdi par les pièces d’or et salua de la tête la longue caravane de marchands itinérants. Il y avait fort à parier que s’il continue sur cette route précise, il se fasse détrousser par des bandits de grand chemin mais cela ne le concernait pas. Après tout, il n’était pas guerrier, il n’avait pas à les protéger des autres êtres humains. Il poussa un petit soupir automatique et naturelle sous le poids de son nouveau chargement et se saisissant de son épée, entreprit le chemin du retour, le pas léger. Il avait hâte de retrouver sa maison, son épouse, ses amies. La vision délicatement fumé de saucisses avec une bonne purée le mettait en appétit alors qu’il lui restait encore deux bonnes journées de marche. Si seulement, l’idée de ce fichu castor le dépouillant de ses réserves ne venait pas contrer ses projets.

Il marchait depuis cinq bonnes heures lorsqu’il entendit un bruit caractéristique. Fronçant les sourcils, il tendit l’oreille afin d’en percevoir l’origine exacte et l’ayant obtenu, il laissa tomber son sac sur le sol de mousse et se saisit de son épée pour s’approcher au pas de course. Il n’eut pas le temps de réfléchir lorsqu’il arriva à quelques mètres de la frontière d’où sortait un horrible chien cœur qui s’apprêtait à sauter sur le duo de voyageurs qui venaient à peine de remarquer sa présence. Ni une, ni deux, Tiernàn ne leur prêta pas la moindre attention et se jeta sur la créature démoniaque. Du fait de sa profession, il avait acquis un certain sixième sens qui lui permettait d’appréhender et de deviner le moment où les rejetons du royaume des morts faisaient surface en Terre d’Ouest. Il y avait eu une véritable recrudescence ces derniers temps. De fait, et grâce tant à son entraînement qu’à sa malice et sa force, le garde-frontière vint à bout de la créature en une dizaine de minutes, tout au plus. Achevant d’un dernier coup d’épée la bête, il essuya le sang gâté sur l’herbe et sans prêter attention aux voyageurs dont il venait de sauver la vie, il entreprit de rebrousser chemin pour récupérer son sac avec son précieux chargement. Une fois que ce fut chose faite, il revint sur ses pas et s’adressa aux deux malheureux :

« Vous allez où comme ça ? Ce n’est pas prudent de voyager aussi près de la frontière, vous devriez le savoir. »

Il soupira profondément. Il avait du mal à supporter ces touristes de l’extrême, des sans magie en manque de sensation forte qui décidait d’aller faire un tour du côté de la Frontière pour s’offrir la plus grande peur de leur vie. Ou ces guerriers qui se mourraient d’ennuis au Bastion d’Acier et décidaient d’aller tâter le terrain des gardes-frontières, se sentant aussi capables qu’eux. Ils les connaissaient bien et il en avait assez de débarrasser leurs cadavres. Finalement, il se retourna vers ses interlocuteurs muets, qui n’avaient pas même encore eu la décence de le remercier :

« Si vous vous rendez à Hartland, je peux vous protéger. Sinon, je vous conseille de m’y … »

Mais il fut incapable de terminer sa phrase alors que son regard se posait sur la longue silhouette qui se tenait face à lui. Il se gela sur place, refusant d’analyser la situation, ayant l’impression de se retrouver dans un passé dont il avait eut tellement de mal à se relever.

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Elerinna Voronwë
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MessageSujet: Re: Que le destin nous joue des tours [E.]   Lun 7 Sep - 15:15


BY @ LJ DO THEIR CREATOR, TEXT BY ME.





Les voix hurlaient de toute part, transperçant les tympans de quiconque se serait trouvé à côté. Les ombres se déchainaient, tentant d'attraper les malheureux voyageurs, qui avaient osé troubler leur tranquillité, leurs bras s'agitaient effleurant la dame et son compagnon. Elerinna n'en pouvait plus, agonisant et suffocant, le dernier souvenir qu'elle gardait de la traversée de l'allonge d'agaden ne lui avait pas paru si difficile et pourtant. Elle voyait le visage de sa mère qui l'appelait, lui demandant de la rejoindre dans le monde des morts, et inexorablement elle se sentait attirée par ses boucles noires et ses yeux d'un bleu limpide. Elle sombra peu à peu, ses paupières se fermant doucement, quand le magicien, l'empoigna par la main, la forçant a continuer son chemin, alors qu'elle pleurait, en tapant des poings sur ses hanches. Elle ne voulait pas repartir dans le monde des vivants, trop de choses atroces s'y déroulait, alors qu'elle pouvait vivre paisiblement sous terre. Les larmes se mêlèrent aux jurons, mais son camarade n'y prêtait pas garde, il connaissait les effets de la magie sombre invoquée il y a des années pour protéger les territoires, il percevait même qu'elle déclinait. Il tira sa maîtresse dans la noirceur de la grotte, éclairé par une petite pierre qu'il tenait dans la main. Des heures peut-être même des jours qu'ils étaient coincés dans la frontière, le temps semblait ne plus être le même dans les profondeurs obscures, d'autant plus que les chevaux ayant pris peur, ils devaient continuer à pied. L'inquisitrice se calma au fur et a mesure qu'elle s'appuyait sur l'épaule docile de Lomelindì qui la protégeait. Jamais elle n'avait voulu revenir en terre d'ouest, pour rien au monde même, mais le conseil des contrées du milieux, lui avait sommé de s'y rendre afin qu'elle prévienne la population du danger qui courrait. C'était de mauvaise grâce, qu'elle était partie a l'aube seule, ne voulant mettre la vie en danger de personne, mais le sorcier l'avait rattrapé, l'obligeant a accepter sa compagnie, qu'elle ne regrettait plus désormais. C'était vrai que pour parvenir a l'autre bout du passage, il fallait quelqu'un doté de pouvoir, autre que le sien, la fois précédente ce fut Rohan, mais il avait malencontreusement trouvé la mort il y a de ça plusieurs mois au champ de bataille. Elerinna soupira et porta la main a son cou, serrant le petit pendentif, qui lui procura de l'énergie, et de l'espoir.

« Sommes nous bientôt arrivés ? » Elle s'agrippa avec plus de force au jeune homme qui peinait à son tour à avancer, la magie s'accaparait peu à peu de leur force, les privant d'énergie. La gorge sèche, l'inquisitrice s'arrêta un instant afin de reprendre son souffle. « Je ne sais pas. C'est la première fois que je viens ici, mais je peux palper la faiblesse de la frontière, elle diminue. » Elle acquiesça en silence, les anciens avaient vu juste, la puissance de Rhal augmentait au dépends de tous, sa force devenait de plus en plus incroyable. Alors qu'ils s'apprêtaient à repartir en silence, quelque chose lui frôla la tête, lui tirant violemment les cheveux vers l'arrière. Elle ne pu s'empêcher de crier, et de courir, suivie de près par Lomelindì qui s'évertuait à maîtriser les bulles d'eau qu'il renvoyait à leur assaillant qu'on ne pouvait distinguer dans la noirceur. Son coeur battait a la chamade, alors qu'elle progressait coincée entre les parois, essayant de ne pas écouter toutes ces voix qui s'immisçaient dans son esprit, la priant de les sauver. Enfin l'air frais pénétra dans ses poumons, et le soleil éclaira son visage souillé de larmes et de poussière, elle était finalement arrivée en terre d'ouest. Elle se retourna, attendant que le sorcier la rejoigne, puis il s'asseyèrent, tirant de leurs sacoches respectives une gourde, ce n'était que le début du long périple, mais le plus dur était passé. Elerinna observa les alentours, presque rien n'avait changé, tout était aussi sauvage que lorsqu'elle était jeune, pas un bruit, seul le sifflement du vent entre les feuilles troublait la quiétude des lieux. Une vague de nostalgie s'empara d'elle, alors que diverses images remontaient a la surface, elle n'avait jamais oublié tout ce qui s'y était passé, mais préférait garder ce qu'elle avait vécu comme un secret. A son retour on ne l'avait pas questionné, personne n'avait osé lui demander, et c'était tant mieux, tout avait été si difficile. Sa mère retrouvée morte dans la citadelle, baignant dans son propre sang, son père disparu, ne lui restait plus que son fidèle précepteur avec qui elle s'était disputée. Elle avait alors pris conscience de la valeur du rôle qu'elle devait jouer, mais surtout à l'importance de la moindre chose qu'elle faisait, elle incarnait la vérité, et ses amourettes de passage étaient devenues des préoccupations futiles. Les années avaient passé depuis, mais elle conservait toujours un certain sentiment d'amertume, quant a l'innocence qu'elle avait perdue après l'adolescence. Elle tourna la tête vers son ami, qui découvrait avec émerveillement cet endroit encore inconnu pour lui, un sourire se dessina sur son visage, face au yeux brillants du garçon. Elle regrettait tellement ses débuts a ses côtés, où elle n'avait eu de cesse que de lui mener la vie dure au lieu d'apprendre a mieux le connaître, enfin c'était chose faite désormais. Plusieurs fois, elle avait songé à en faire son partenaire, après tout cela ne changerait rien a la situation actuelle, mais elle ne pouvait se résigner a faire ça a un des seuls qui ne lui avait pas tourné le dos. Elle tendue doucement sa main vers la joue de Lomelindì, qu'elle effleura du bout des doigts, sans doute un des seuls gestes amicaux esquissé jusque là. « Merci d'être venu. » Elle sourit, et se leva, prête a reprendre la route, sa mission était trop importante pour qu'elle prenne une pose, chaque minute comptait contre la lutte du mal.

Elle s'étira doucement, et nettoya d'un geste de la main, sa robe blanche qui éclatait sous les rayons de l'astre déjà haut dans le ciel. Ses cheveux noirs retrouvèrent leur place habituelle sur ses épaules, et ils se mirent tout deux en direction de Hartland. L'inquisitrice prenait le soin d'observer les bois environnant avec minutie, elle ne savait que trop bien, les personnes qui y rodaient ainsi que les créatures dangereuses, la magie ne pourrait pas les épargner longtemps. Le pouvoir grondait dans ses veines, mais si par mégarde elle devait l'utiliser, il lui faudrait un certain laps de temps pour recharger. Tout lui sembla anormalement normal, et calme, et elle n'accorda plus d'importance a leur entourage, se focalisant davantage sur la façon dont elle ferait son entrée dans la capitale du pays. Songeuse, elle n'entendit pas immédiatement le grognement de la bête qui se jetait sur eux, et Lomelindì, trop occupé dans sa contemplation de la végétation n'y avait pas prit garde. L'espace d'une seconde elle eu la crainte que tout ce qu'elle avait entreprit allait s'effondrer sans qu'elle puisse mener a bien quoi que ce soit. Elle dégaina son arme trop tard et trébucha sur le sol, sans pouvoir faire le moindre coup, mais quelqu'un bondit sur l'animal, le lacérant de part en part avec une épée, alors que le duo reculait de plusieurs mètres afin d'observer la scène sans dire un mot. Le chien coeur rendit son dernier soupire quelques secondes après, et Elerinna se sentie soudainement soulagée, mais d'un certain côté frustrée de ne pas s'être défendue elle même.


« Vous allez où comme ça ? Ce n’est pas prudent de voyager aussi près de la frontière, vous devriez le savoir. » La jeune femme serra les dents, ainsi leur sauveur ne savait pas à qui il avait à faire, et dans quelles conditions il fallait s'adresser à elle. Elle ne le remercia pas, elle n'avait foi en personne, et savait que derrière ce geste, l'inconnu exigerait certainement quelque chose en retour, tout fonctionnait ainsi de nos jours. De plus il lui tournait le dos, acte qu'elle tolérait encore moins, elle tenta de s'apaiser, mais le mépris engendré par son interlocuteur, la mettait hors d'elle. Enfin il leur fit face, et ce fut pour ainsi dire le drame. « Si vous vous rendez à Hartland, je peux vous protéger. Sinon, je vous conseille de m’y … » Elle manqua de peu de suffoquer face au garçon qu'elle reconnaissait, ayant eu le loisir de le contempler maintes fois sans pouvoir réellement le toucher. Tiernàn Sirfalas. Il n'y avait pas un jour sans qu'elle prononce son nom à haute voix, afin de le garder gravé dans son coeur. Lomelindì leva doucement le bras, signe qu'il s'apprêtait a riposter, mais elle l'obligea à le baisser. « Non, il ne fera rien. » La jeune femme se retient de courir a l'encontre de celui qu'elle avait toujours aimé, elle ne pouvait pas recommencer la même erreur que la dernière fois, ainsi se contenta t-elle de taire ses sentiments et d'arborer le masque de l'inquisitrice qui se voulait être neutre. « Et bien, tu n'as pas changé Tiernàn. Toujours en train de vagabonder dans la forêt. » Elerinna s'étonna elle même, elle réussissait a être plus froide que ce qu'elle avait prévu, il fallait lui faire comprendre qu'il y aurait éternellement cette barrière entre eux qu'il ne faudrait plus jamais franchir. L'amitié serait également proscrite. Le sorcier a ses côtés, les observait tour a tour sans comprendre ce qui se déroulait entre les deux jeunes gens, qui semblaient se livrer un combat mental, aussi préféra t-il ne rien dire, et resta derrière sa maîtresse, le regard rivé sur l'étranger. La peau de la brunette fourmillait a l'idée de retrouver celle de son élue, mais Elerinna réussissait a contenir son désir, en faisant défiler dans sa tête les incessantes disputes qu'ils avaient eu. Elle se racla doucement la gorge, et fit un pas en avant, reprenant sa marche alors qu'il la suivait docilement ce qui l'obligea a s'arrêter de nouveau. « Peux tu nous accompagner jusque Hartland ? Tu dois avoir tellement de choses a raconter que cela mettra sans doute un peu de gaieté à mon périple. » Un éclair malveillant brilla dans ses yeux sombres, elle percevait une aura différente autour de celui qu'elle avait aimé, sans savoir quoi réellement, et elle brûlait de le savoir, quitte a prolonger un peu plus longtemps le supplice de sa présence a ses côtés.

_________________

there's a drumming noise inside my head,
that starts when you're around,
i swear that you could hear it,
it makes such an all mighty sound,
louder than sirens, louder than bells.

florence + machine { drumming }


Dernière édition par Elerinna Voronwë le Dim 13 Sep - 9:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Que le destin nous joue des tours [E.]   Sam 12 Sep - 17:31

Quatre ans. Ils n’étaient séparés que par deux à trois mètres grand maximum. Mais la distance physique n’était rien en comparaison des quatre ans passées qui les maintenaient éloignés l’un de l’autre. Quatre longues années pendant lesquelles il s’était reconstruit, sans elle, loin d’elle, mais avec son souvenir gravé au feu dans son cœur, dans son âme. Il était revenu anéanti. Il n’avait jamais parlé à personne de ce qu’il s’était passé alors. Hormis Diarmud. Nombre de ses amies d’enfance, qui avaient grandi, s’étaient embellies, s’étaient alors mis eà tourner autour de lui. Il avait tout pour plaire. Mais pas un seul instant, il ne leur a accordé la moindre attention. Elles n’existaient pas dans son champs de vision. Ce dernier n’était empli que d’un seul visage, aux traits fins, au port altier, au regard bleu métallique, au teint d’albâtre. Même si elle n’était plus là, il continuait à ne voir qu’elle, à ne rêver que d’elle, à ne penser qu’à elle. C’était pourquoi il lui était si difficile de se retrouver face à elle. Il n’avait qu’une envie : la prendre dans ses bras, l’embrasser, faire parcourir ses doigts sur son visage pour sentir la texture douce de sa peau contre la sienne. Mais il ne bougea pas d’un centimètre. Il se contenta de l’observer, de se délecter de la vue qui s’offrait à lui. Il remarqua à peine l’autre individu qui l’accompagnait et semblait vouloir la protéger de lui. Il aurait pu en rire s’il lui avait accordé la moindre attention. Il déglutit péniblement tandis qu’il l’observait de bas en haut. Elle avait changé. Ses traits s’étaient un peu plus marqués, plus affirmés. Elle était plus grande, plus élancée et possédait une allure altière dont il ne pouvait détacher son regard. La longue robe blanche qui soulignait la perfection de ce corps qu’il n’avait jamais pu toucher ne faisait que renforcer la distance qui les séparait. Quatre ans.

« Et bien, tu n'as pas changé Tiernàn. Toujours en train de vagabonder dans la forêt. »

Il sursauta au son de sa voix mélodieuse. Ce n’était pas un rêve. Un de ces rêves qu’il faisait si souvent il y avait encore de cela trois sans. Elle était réellement face à lui, ce n’était pas une fois de plus le pur produit de son imagination débordante ? se secouant la tête, il ne put s’empêcher de sourire doucement puis plus franchement alors que la voix dont il avait si souvent désirer entendre une fois de plus continuait de chanter à ses oreilles. Non, ce n’était pas un rêve, il en avait la confirmation. Si cela en avait été un, elle n’aurait pas réagi de cette manière, ni lui non plus d’ailleurs. Ils se seraient jetés dans les bras l’un de l’autre et se seraient embrassé avec passion et fougue. Ils auraient rattrapés toutes ces années séparées l’un de l’autre. Ils se seraient excusés de leur comportement réciproque et ils auraient à nouveau imaginé un avenir radieux. Mais le regard qu’elle posait sur lui, les sentiments qu’il ressentait et le visage d’Anuun qui s’imposait dans son esprit, tout lui faisait prendre conscience de la réalité qui se trouvait face à lui. Il ricana davantage et lui lança un regard moqueur, son cœur étant revenu désormais à vitesse normale : « J’aimerai te dire la même chose, Elerinna, mais … tu as grossi, non ? »

Son sourire s’intensifia tandis qu’il observait son regard courroucé et le rouge lui monter aux joues, comme toujours. Il la connaissait véritablement par cœur. Même après ces quatre longues années, il ne pouvait s’empêcher de lui lancer des piques. Ils avaient toujours fonctionné comme ça. Ils ne pouvaient s’empêcher de se chercher, de se tacler par derrière et de chercher la dispute. Leur relation était construite ainsi et même pendant ce long laps de temps où ils avaient été séparés, Tiernàn ne semblait visiblement pas en mesure de passer outre de leur façon de fonctionner. Il lui fit un clin d’œil amusé et secoua négativement la tête : « Je plaisante, tu es magnifique. » Plus que dans son souvenir. Son regard s’attendri et il se tourna enfin vers celui qui accompagnait la jeune femme. Il lui tendit la main et se présenta : « Désolé, je manque de correction. Tiernàn Sirfalas. » Le jeune homme sembla jeter un regard sur Elerinna, comme s’il lui demandait ce qu’il devait faire et finalement, il accepta la main du garde-frontière et se présenta à son tour. « Enchanté. »

« Peux tu nous accompagner jusque Hartland ? Tu dois avoir tellement de choses a raconter que cela mettra sans doute un peu de gaieté à mon périple. » Il reporta son attention sur son premier amour et approuva de la tête. « Bien sûr, je m’y rend de toute manière. » son cœur se gonfla à l’idée de retrouver son chez-soi. Il avait tellement hâte de rentrer, de dormir dans son lit, de se faire chouchouter par Anuun. Son dos le faisait horriblement souffrir et il allait devoir passer chez le barbier. Il passa subreticement une main dans ses cheveux, vérifiant qu’ils étaient toujours en place et que ceux du devant avait été raccourcis par ce fichu dragon. « Qu’est ce qui vous amène par ici ? » les interrogea-t-il en leur faisant signe de se remettre en route, ouvrant la marche dans une forêt qu’il connaissait. « Et surtout, pourquoi êtes vous aussi proche de la frontière ? C’est vraiment dangereux. Les histoires qu’on raconte sont vraies. Il n’est pas prudent de se balader aux alentours sans un garde-frontière dans les environs. Vous avez eu beaucoup de chance que je sois là pour vous sortir d’affaire. » soupira-t-il. Il s’étonnait lui-même de la manière dont il se comportait. Finalement, rien ne se sera passé comme dans ses rêves. Cet amour qu’il pensait éternel, il avait pu l’oublier. Et même s’il existait toujours, enfoui au fond de son cœur et de son âme, même s’il savait qu’il pourrait le transporter avec lui jusqu’à la fin de ses jours, il savait maintenant qu’il était plus fort qu’il ne pensait. Que l’air de rien, il était passé à l’étape supérieure et qu’il avait admis qu’Elerinna et lui c’était du passé. « Attention. » Il sauta d’une petite descente et proposa sa main en contrebas pour aider Elerinna à ne pas s’emmêler les jambes dans les racines de l’arbre. Il ne put empêcher son cœur de battre plus fort en sentant la chaleur diffuse de la main de la jeune femme dans la sienne et plongea son regard dans le sien : « Ca me fait plaisir de te revoir en tout cas. » Il lui était difficile de regarder ailleurs maintenant.

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MessageSujet: Re: Que le destin nous joue des tours [E.]   Mar 15 Sep - 15:21

Un visage aux traits brouillées, des yeux qui pleurent sans raison, un corps squelettique habillé d'une robe blanche, tel était le dernier souvenir d'elle même qu'elle gardait de ce fameux jour où une part de son coeur était partie à tout jamais. Elle avait même cessé de battre tout simplement. Désormais la lassitude se lisait dans son regard jour après jour, emprunt d'une neutralité sans pareil, qui la représentait mortelle, mais les miroirs eux lui disaient qu'elle était déjà morte depuis quatre ans. La première minute où elle avait aimé, avait causé sa perte, lui rappelant avec terreur le pouvoir qui grondait en elle. Elle avait tenté de défier les lois ancestrales qu'on lui imposait, elle avait goûté les plaisir et la joie d'être désirée par quelqu'un. Tiernàn, fut le premier qui réussit a la faire flancher et à la détourner de son devoir, il était l'unique, celui pour qui elle aurait pu mourir mais pas dévoilé son secret. Lorsqu'il l'avait abandonné, elle avait cru ne jamais pouvoir s'en remettre, et puis il fallait faire face, on avait besoin d'elle dans son pays, et les années passèrent, ne laissant que des images voilées de cette passion interdite. Tantôt la nuit, elle le voyait à ses côtés, pour s'échapper aussitôt lorsqu'elle tendait les doigts. Puis elle avait renié ce passé, comme lui même l'avait renié. Les hommes s'étaient succédés sans qu'elle n'éprouve le moindre sentiment à leur égard, elle se faisait honte a elle même, et parfois ses cris et ses larmes étaient perceptibles depuis la grande tour où elle logeait. Il s'en était passé des choses, qui l'avaient transformé en tout point, elle conservait cette même assurance qu'autrefois, mais était plus froide et hautaine dans ses gestes, elle avait cessé de ressentir certaines choses pour se défendre. Ce n'était donc pas pour lui qu'elle était revenue, même si les parois de la prison qu'elle s'était construite tombaient peu à peu face a l'attitude qu'il affichait en la voyant. Comment ne pas résister face à ces deux fossettes qui se dessinaient quand il souriait ? Elle pouvait encore percevoir le toucher de sa peau tiède sur la sienne, lorsqu'il l'avait enlacé ce soir là. Un supplice, s'en était réellement un que de se trouver en sa présence, alors que le beau galant avançait plein d'espérance.

« J’aimerai te dire la même chose, Elerinna, mais … tu as grossi, non ? » Évidement, il avait ce don naturel de provoquer le moindre conflit, il mettait toujours le doigt sur ce qui ne fallait pas. Ses joues s'empourprèrent alors que le magicien s'apprêtait déjà a riposter face a un tel affront envers la mère inquisitrice, mais l'effronté ne savait pas qu'il venait de lui manquer de respect. Elle serra les dents et se crispa davantage, l'usage de la magie était proscrit ici, et l'utiliser face a Tiernàn ou même a n'importe qui les mettait dans une position dangereuse, aussi se contenta t-elle de ne rien dire ou faire, susceptible de la trahir elle et son compagnon. La tension était palpable, alors qu'aucun des protagonistes n'osaient bouger, de peur de se mettre en danger. « Je plaisante, tu es magnifique. » Sans rien qui ne puisse laisser croire qu'elle se rengorgeait de ce compliment, elle hocha pensivement la tête, et laissa les deux hommes se présenter. Elle pouvait déceler cette lueur maligne dans les yeux du garde frontière, qui se demandait qui pouvait bien être ce garçon qui accompagnait celle qu'il avait aimé. Elle ne jugea pas d'intérêt a lui expliquer pour le moment quel était le rôle de Lomelindì, il le saurait en temps voulu. « Bien sûr, je m’y rend de toute manière. » Pendant plusieurs secondes elle avait espéré qu'il refuse, priant ciel et terre, mais c'était sans connaître le destin qui se jouait d'elle depuis qu'elle était née. Soit, ils feraient un bout de chemin ensemble, mais elle tacherait de lui faire comprendre que ce serait la dernière fois qu'il la verrait, d'autant plus qu'il allait se montrer curieux, chose qu'elle n'avait pas prévu dans ses plans. Elle l'observa se passer une main dans les cheveux, et sourit sans rien dire, mauvaise habitude qu'il n'avait pas oublié. La tignasse de Tiernàn était même devenu un sujet de dispute, quand elle avait exigé de pouvoir les effleurer, mais sa volonté était restée sans appel.

Elerinna souffla un bon coup avant de reprendre leur marche, le long du petit sentier, ses muscles la tiraillaient de toute part, mais elle ne se plaignait pas, et se focalisait sur ce qu'elle devait entreprendre, en aucun cas son ancien amour ne devait la perturber. L'inquisitrice observait la faune et la flore autour d'elle, ayant presque oublie ce qu'était la véritable nature, les terres du milieux étant presque toutes ravagées, on coupait les arbres pour construire des armes aux guerriers de Rhal. Le soleil du matin, filtrait au travers des branchages, illuminant la rosée encore présente sur les brins d'herbes, qui aurait pu se douter que le mal était à peine de l'autre côté du rideau transparent. Tout semblait si sauvage et préservé ici, il en avait toujours été ainsi, puisque tel avait été le choix des riverains. La mère inquisitrice commençait à comprendre pourquoi ils avaient préféré renier la magie, elle apportait tellement de cruauté quand elle était placée dans de mauvaises mains. Rhal qui pour l'instant s'occupait de faire courber l'échine de tout les peuples, ne se préoccupait pas encore de ces terres, mais cela viendrait certainement plus rapidement qu'ils n'auraient pu le penser. Les chiens à coeur qui les avaient attaqué en était la preuve, elle avait lu de nombreuses choses à leur sujet en Aydindril, notamment qu'ils n'étaient pas censées pouvoir aller aussi loin, et pourtant ils n'avait pas hésité à leur tomber dessus a plusieurs mètres de la barrière. Dès son retour, elle en informerait la résistance, car ce qui se passait d'un côté, était susceptible de se reproduire de l'autre, les temps étaient de plus en plus sombres. De plus il y avait cette histoire de boite magique, dont chacun ignorait les conséquences réelle de son ouverture, mais la chasse pour la dénicher en premier, était lancée. Elle jeta un coup d'oeil a Tiernàn, au moins lui, n'aurait pas à se soucier de toute ces soucis avant un moment, et le savoir protégé, lui procurait un sentiment de paix. Elle avait tout fait pour l'éloigner de sa vie, et de son monde, il n'était pas fait pour vivre a ses côtés, comme une loque dénuée de toute envie, il méritait mieux même si il ne comprenait pas ce qu'elle avait fait.


« Qu’est ce qui vous amène par ici ? » La jeune femme tressaillit a cette requête, que pouvait-elle dire ? Elle avait prêté serment, et ne pouvait en aucun cas le rompre, elle préféra donc éluder sa question, en répondant sèchement. « Je ne suis pas revenue pour te revoir, si c'est ce que tu veux savoir. » Son regard se durcit davantage, le masque neutre se formait sur son visage, tandis qu'elle accélérait la cadence, refusant de marcher proche de lui. Elle fixa avec assiduité l'horizon, ne pouvant supporter de croiser ses deux prunelles dorées, au risque que le pouvoir explose, celui ci grandissait en elle, elle pouvait le sentir se déchaîner, au gré de ses émotions et de ce qu'elle ressentait. Oui, elle avait peur, non pas de mourir, elle ne craignait pas la mort, mais peur de lui faire du mal, horriblement mal. Les idées se bousculaient dans sa tête, à la recherche d'un mensonge plausible pouvant justifier sa proximité près du passage du roi à elle et Lomelindì, seulement mentir était contre ses principes. « Et surtout, pourquoi êtes vous aussi proche de la frontière ? C’est vraiment dangereux. Les histoires qu’on raconte sont vraies. Il n’est pas prudent de se balader aux alentours sans un garde-frontière dans les environs. Vous avez eu beaucoup de chance que je sois là pour vous sortir d’affaire. » Cette dernière remarque dite sur un ton de reproche a la limite de l'exaspération, lui ôta tout scrupule et tout envie à son égard. Bien, il voulait jouer à ce jeu là, elle serait beaucoup plus forte, et amère serait sa défaite. « Ne me prend pas pour une idiote Tiernàn Sirfalas, tu ne sais rien. Je te rassure, mais ton aide n'était pas nécessaire. » Elle le foudroya du regard, et s'appuya sur l'épaule du magicien, un sourire crispé sur ses lèvres. « Je suis assez grande pour me débrouiller toute seule, mais cela, tu ne l'as jamais compris. » Elle se retourna, faisant virevolter sa longue robe blanche, puis elle reprit la marche, ce n'était pas à ce rhytme, qu'ils seraient bientôt arrivés, or elle ne pouvait attendre éternellement, et ces chamailleries l'exaspéraient. « Attention. » Surprise, elle s'arrêta, et observa avec attention la main qui se présentait à elle en contrebas, son compagnon étant a ses côtés, ne pouvait l'aider et elle fut contrainte de glisser ses doigts dans l'étreinte de Tiernàn. Une décharge électrique la parcourue de part en part, sans qu'elle en montre le moindre effet extérieurement, c'était comme si quelque chose venait de se briser en elle. « Ca me fait plaisir de te revoir en tout cas. » Elle retira précipitamment sa main, et détourna sa tête, ne voulant pas lui faire face, c'en était trop. « Ne me touche plus jamais. »

Lomelindì se racla la gorge, rompant le silence, et ils reprirent tout les trois leur longue descente en terre d'ouest. Personne ne parlait, de peur de la mettre hors de ses gonds, du moins le magicien lui savait ce qu'il pouvait se passer au cas où elle s'énerverait, et elle s'était montrée si distante et froide avec le garde frontière, qu'il marchait en silence. Toutefois bien décidée, à en savoir plus sur ces quatre dernières années, Elerinna revient a la charge, avec cette question qui lui brûlaient les lèvres, et à laquelle elle n'avait pas cessé de penser pendant leur séparation. « Comment s'appelle t-elle ? » Son visage s'était légèrement adoucit, elle souhaitait tout simplement connaître la vérité, elle ne lui en voulait pas, elle ne lui avait jamais demandé de l'attendre, ni ne lui avait promit quoi que ce soit. Il pouvait nier bien sur, mais elle avait perçut dès son arrivée fracassante a l'orée du bois, qu'il n'était plus seul. On ne pouvait le blâmer, il était si beau, et différent de tout les autres, chose qui l'avait émue la première fois. « Est-elle plus belle que moi? » Elle rigola, en secouant la tête, et arracha une tige verte, quelle plia entre ses doigts pour se détendre.

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there's a drumming noise inside my head,
that starts when you're around,
i swear that you could hear it,
it makes such an all mighty sound,
louder than sirens, louder than bells.

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MessageSujet: Re: Que le destin nous joue des tours [E.]   Sam 19 Sep - 14:58

Les échos de leur ultime dispute résonnaient encore aux oreilles de Tiernàn. En y repensant, plus tard, il s’était rendu compte combien elle avait été futile. Maintes fois sur le chemin du retour, il avait souhaité faire demi-tour, faire le chemin en sens inverse en courant pour aller la retrouver et la prendre dans ses bras. Lui jurer que ça n’avait finalement pas d’importance. Qu’il attendrait le temps qu’il faudra. Même si cela devait prendre encore des années. Qu’il l’aimait et qu’il l’aimerait toujours. Qu’elle serait la seule femme pour lui, qu’elle était son âme sœur et qu’il ne souhaitait pas la voir disparaître jamais, l’effacer. Qu’il s’excusait pour toutes les mauvaises paroles qu’il avait pu lui dire sous le coup de la colère. Qu’il n’en pensait pas un mot. Parfois, il était allé jusqu’à faire quelques pas pour revenir en arrière et réparer les erreurs passées. Mais l’image de leur avenir ensemble se déroulait sous ses yeux et le gelait sur place. Non, ce n’était pas juste à cause du fait qu’elle se dérobait à lui dès lors que les choses devenaient sérieuses, dès lors qu’ils se touchaient. Non, ce n’était pas à cause de ça que son sang battait ses tempes avec fureur et que la bile lui remontait à la gorge. Non, c’était autre chose. Il ne supportait pas qu’elle lui mente, même par omission, même en conservant le secret de son passé, de ses racines et de ce qu’elle était vraiment. Ils se connaissaient depuis plus de deux ans et il ne savait toujours pas qui était Elerinna. Et quelque chose au fond de lui pressentait qu’un demi-siècle entier ne lui permettrait pas de percer ce mystère, même avec la meilleure volonté du monde. Alors il poussait un soupir et reprenait son chemin initial, s’éloignant de celle qu’il savait qu’il ne pourrait jamais oublié. Et voilà qu’il marchait à ses côtés.

« Je ne suis pas revenue pour te revoir, si c'est ce que tu veux savoir. » Il releva aussitôt un regard surpris vers elle et tenta de deviner ce qui se cachait derrière cette voix aussi dure et glaciale que l’acier. Mais elle ne le regardait pas. Elle savait qu’il pouvait lire dans son regard si elle mentait ou disait la vérité. Ne sachant comment réagir dans un premier temps, ses yeux dévièrent l’espace de quelques secondes sur le compagnon de la jeune femme qu’il regarde de bas en haut. Finalement, il prit le parti de rire doucement en secouant la tête, amusé. « Je n’ai jamais cru ça, Elerinna. Je ne l’ai pas pensé un seul instant. » Il accéléra l’allure pour passer à nouveau devant elle. Inutile qu’elle ne les perde comme cette fois-là à Huelgoat. « Mais merci d’insinuer le doute dans mon esprit. » murmura-t-il en la gratifiant d’un clin d’œil joyeux. Au passage, il l’observa à nouveau. Elle n’avait pas changé physiquement mais il y avait quelque chose dans son regard acier, dans ses manières de se tenir. Oui, elle avait changé intérieurement. Et cette Elerinna-là, il ne la connaissait pas. La suite de ses propos ne fit que confirmer ses doutes. Quelque chose avait bien changé au fond d’elle. Où était la femme qu’il avait aimée ? Il ne la retrouvait pas dans cette somptueuse reine de glace. Où était son sourire ? Son rire ? Les étincelles qui brillaient dans son regard dès qu’il croisait le sien ? Il éprouva quelques remords, bien vite effacés. Non, ce n’était certainement pas à cause de lui. Ca faisait quatre ans maintenant. Ce ne pouvait être à cause de son départ.

« Je suis assez grande pour me débrouiller toute seule, mais cela, tu ne l'as jamais compris. » Nouveau ricanement de la part de Tiernàn. Finalement, elle n’avait pas tant changé que ça. Il sentait déjà poindre une dispute à l’horizon. A croire qu’ils ne pouvaient rester plus de cinq minutes en la compagnie l’un de l’autre sans que des cris ne résonnent et que des noms d’oiseaux ne volent. Il prit une profonde inspiration. Si elle n’avait pas changé sur ce point là, lui avait évolué et les disputes et combats ne l’intéressaient pas contre la femme qu’il aimait. Ou qu’il avait aimé en l’occurrence. « C’est ce que j’ai cru voir. Tu te débrouillais bien avec ce chien cœur en effet. » Il roula des yeux vers le ciel et invectiva le muet compagnon de la jeune femme : « Elle est toujours comme ça, non ? Elle n’a pas changé sur ce point-là à ce que je constate. » Alors qu’il l’aidait à descendre, il se perdit l’espace de quelques instants dans le bleu de son regard, la douceur de sa peau contre la sienne et bientôt comme une ombre menaçante, elle obscurcit son regard, assombrissant son esprit qui ne faisait que se concentrer sur elle. Les années avaient bien pu passer mais elle était toujours aussi fascinante. « Ne me touche plus jamais. » Elle rompit le charme. Il récupéra sa main prestement, comme si leurs deux peaux s’intoxiquaient l’une l’autre, comme si elle l’avait brûlé. Sourire amère sur ses lèvres fines : « Pour ce que ça change de d’habitude. » Ils échangèrent un regard noir alors que le sujet récurrent de leurs disputes perdurait entre eux comme une ombre malfaisante. Il détourna le regard et reprit la tête de la marche, laissant le silence s’installer entre eux trois.

Ce fut Elerinna qui le rompit de la façon la plus déroutante qui soit. « Comment s'appelle t-elle ? » Il se figea aussitôt, manquant de percuter Lomendil qui avait continué à avancer en silence. Il planta son regard dans celui de son ancien amour mais elle faisait tout pour l’éviter. Il fronça les sourcils, la surprise s’affichant clairement sur ses traits réguliers. Il ne parvenait pas à la contenir. « Comment … ? » Sa question resta en suspend. Peu importait la façon dont elle avait deviné qu’une autre femme était entrée dans sa vie et s’était imposée, subrepticement, sans qu’il ne s’en rendre compte. Un combat qu’il n’avait pu remporter. Une victoire qu’il n’avait pas même vu venir. Il prit une profonde inspiration et malgré lui, un sourire apaisé et tendre vint adoucir ses traits, au même titre que le noir de ses yeux qui se délectait à la simple pensée de son épouse. « Anuun. » répondit-il finalement dans un murmure alors qu’il reprenait sa marche, au même rythme que la jeune femme, son compagnon légèrement derrière eux. « Est-elle plus belle que moi? » Il tourna à nouveau son regard vers Elerinna mais elle restait concentrée sur son herbe. Après un long silence, il finit par répondre à ses interrogations : « Elle est aussi belle que toi. A sa manière. » Peut être pas ce qu’elle aurait aimé entendre. Il ne la connaissait que trop bien. Il se racla la gorge avant de poursuivre : « J’étais anéanti quand je suis revenu ici. Elle m’a reconstruit. Patiemment. Et c’est arrivé presque par inadvertance. » Il ne voulut pas poursuivre plus loin. Même si Elerinna lui avait fait du mal, il savait que son départ lui en avait fait également et il ne souhaitait pas l’accentuer. Mais finalement, l’amour chasse l’amour. Et l’ancien s’éteint. Par manque d’oxygène. Mais laisse la trace sombre dans l’âtre.

« Et toi ? Comment se sont passées ces quatre dernières années ? » Il était curieux. Il voulait savoir ce qu’elle était devenue, loin de lui. Il aurait pu interroger les nombreux gardes-frontières avec qui il travaillait. Il aurait pu demander des nouvelles de la jeune femme aux marchands avec qui il dealait. Mais il ne l’avait jamais fait. En la quittant, il avait estimé qu’il valait mieux l’oublier pour toujours, tourner la page et ne jamais revenir en arrière. Mais c’était difficile de s’y tenir maintenant qu’elle était juste en face de lui, juste à ses côtés et qu’il sentait ce parfum qui avait obsédé tant de ses nuits. Juste à cet instant, alors qu’il attendait sa réponse, il entendit une brindille craquer. Aussitôt il se figea et fit signe à ses compagnons de ne pas remuer un cil. Il tendit l’oreille encore davantage et scanna les environs. Ce n’était pas un animal. C’était trop gros pour être un loup, trop léger pour être un ours. Ca ne pouvait pas être un chien cœur. Ils étaient trop éloignés de la frontière maintenant. Et de toute manière, il les aurait déjà attaqués si cela avait été le cas. Ne restait que deux choix dans cette forêt. Soit un autre garde-frontière, soit un brigand. Juste au moment où il perçut un mouvement sur sa droite un peu à l’arrière d’eux, il se précipita et découvrit un visage inconnu. La seconde solution dans ce cas. Ni une, ni deux il entreprit un combat avec le nouveau venu. Il était doué, visiblement trop doué pour être un vulgaire hors-la-loi.

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Elerinna Voronwë
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MessageSujet: Re: Que le destin nous joue des tours [E.]   Dim 4 Oct - 20:19

Le brin d'herbe se pliait et se tordait entre les doigts fins de la mère inquisitrice qui s'amusait a lui donner toutes sortes de formes. Elle soupira, amèrement, ils étaient tous comme ce végétal qu'elle torturait, entre les mains de Rhal, elle, ainsi que tout les autres devraient courber l'échine ou se battre. Ni plus, ni moins. Très vite, la petite sphère verte glissa dans sa paume, et elle la laissa tomber sur le sol, rejoindre cette terre d'où elle l'avait cruellement arraché, s'octroyant un pouvoir de vie ou de mort qu'elle ne possédait pas. Ses yeux ne quittèrent pas le sentier des yeux, il était plus facile pour elle de s'y focaliser que de regarder Tiernàn, non pas parce qu'elle éprouvait encore une once de sympathie pour lui, mais parce qu'il était un des seuls a pouvoir lire ses traits, même quand elle les dissimulaient. Hélas il avait perdu ce droit des années auparavant, et il n'était plus question de revenir en arrière. « Comment … ? » Elle sourit, sans pour autant répondre à sa question, elle était une femme et savait également reconnaître ce genre de choses parmi tant d'autre grâce a son pouvoir. Il n'était pas nécessaire qu'elle touche les gens pour savoir leurs secrets les plus cachés, elle avait une sorte de sixième sens pour deviner ce qu'éprouvaient ceux qu'elle cotoiyait. Une sorte de don qui n'était pas tout le temps appréciable. « Anuun. » Elle tressaillît légèrement a la prononciation du prénom de celle qui l'avait remplacé, toutefois elle n'était pas jalouse mais heureuse. Heureuse pour lui, qu'il ait pu trouver quelqu'un qui saurait certainement mieux l'aimer qu'elle ne l'aurait pu, et qui lui donnerait ce dont elle était incapable. Elle préféra de nouveau se taire, elle ignorait ce qu'il convenait de dire, elle n'était guère douée dans les rapports sociaux, toute sa vie s'était limitée a des échanges verbaux avec des magiciens ou des inquisitrices, il avait été le premier humain normal a briser ses remparts de glace. « Elle est aussi belle que toi. A sa manière. »

Elerinna se retourna doucement cherchant le regard réconfortant de son protecteur, puisant en lui, cette quiétude qu'il arborait a tout moment de la journée. Elle prit doucement sa main dans la sienne, et continua de marcher, silencieuse. Elle s'en voulait déjà d'avoir posé cette question, qui feraient remonter a la surface leurs instants volés, elle était venue non pas pour remuer le passé mais pour prévenir un pays du danger qui l'attendait, or sa mission prenait un tout autre chemin. « J’étais anéanti quand je suis revenu ici. Elle m’a reconstruit. Patiemment. Et c’est arrivé presque par inadvertance. » La boule qui s'était formée dans sa gorge, s'accentua, tandis qu'elle écrasait les doigts du magicien entre les siens, les lâchant ensuite de peur de le blesser. Elle ne répondit pas, qu'aurait-elle pu dire ? Qu'elle était désolée de l'avoir abandonné ? Désolé n'était certainement pas le mot suffisant, et elle n'était pas la seule fautive dans l'histoire, et puis peu importait désormais, ils avaient chacun effacé le souvenir de l'autre en se forgeant une nouvelle vie, bien loin des erreurs commises autrefois. Quand Elerinna n'avait pas cherché a arrêter Tiernàn ce jour là, elle avait tiré un trait sur lui pour toujours et vice versa, elle n'était pas censée remettre les pieds sur cette terre qu'elle détestait plus que tout au monde, mais le destin lui, avait eu d'autres projets pour elle. Tandis que ses pas se faisaient de plus en plus lent, la traversée de la frontière l'ayant grandement affaiblie, elle suppliait intérieurement qu'ils arrivent bientôt a la ville la plus proche, afin qu'ils se séparent de nouveau. Elle ne supportait pas cette tension, et le fait de lui mentir sans cesse afin de cacher sa véritable nature qui avait été bannie ici. Leur relation n'avait été que mensonge sur mensonge et elle resterait ainsi, tant et si bien qu'elle ne lui dévoilerait pas son lourd secret, qu'elle traînait comme un fardeau. Il n'y avait que dans son pays d'enfance qu'elle pouvait être à l'aise, on la reconnaissait de loin grâce a sa longue robe blanche, elle n'avait pas besoin de cacher qui elle était, mais ici tout était différent. Elle jeta un coup d'oeil a Lomelindi, regrettant de l'avoir autorisé a s'embarquer dans cette folle aventure, qui devait être encore pire que tout pour lui, comment demander a un magicien de renier ses pouvoirs pendant un certain temps ? C'était comme couper une main a un être vivant, elle même avait déjà bien du mal a le contenir en la présence de l'ancien élu de son coeur, mais elle n'osait imaginer ce qu'il se passait derrière ce visage impassible qu'affichait son ami.

« Et toi ? Comment se sont passées ces quatre dernières années ? » Elerinna d'ordinaire agile comme un félin, manqua de trébucher, butant sur un rocher, heureusement grâce a l'aide de son compagnon, elle ne tomba pas. Les idées filaient a toute vitesse dans sa tête, cherchant quelque chose de plausible, justifiant le fait qu'il ne l'ait pu jamais croisé nulle part, elle ne pouvait lui confier qu'elle venait de l'autre côté, sans quoi, il l'aurait sans doute tuée. Elle ignorait encore si elle pouvait toujours lui faire confiance ou non, tant de choses avaient changées depuis, et les uns comme les autres n'hésitaient pas a vendre leur semblable pour leur propre sécurité. Son oeil sombre, tenta de sonder l'esprit du jeune homme, mais elle ne capta strictement rien, alors que sa peau fourmillait sous l'impulsion du pouvoir qui avait aiguisé ses sens. Elle hésita un instant, il ne lui suffisait que de remodeler un peu sa propre réalité, afin de justifier ces quatre dernières années. Elle repensa a William, qu'elle avait laissé seul a Anderith, après qu'il l'ait méchamment jetée dehors. Contrairement a Tiernàn, la mère inquisitrice n'avait trouvé que désolation et noirceur sur son chemin, apprenant avec regret que le monde n'était que haine et cauchemar. Elle s'était alors enfoncée a son tour dans les ténèbres, sans pour autant abandonner ce pour quoi elle était faite, amplifiant cet aspect de froideur qu'elle possédait déjà avant. Elle se demanda ce qu'il se passait actuellement en Aydindril, et si ceux qu'elle aimait étaient toujours en vie, elle avait déjà trop de morts sur qui pleurer. Elle se fit alors la promesse de retourner voir le guerrier afin de lui parler clairement, peu importait que son maudit père la dénigre a longueur de temps. « J'ai... » Ses muscles se raidirent subitement alors que son oreille captait le bruit d'un morceau de bois qui se brisait, aux aguets, elle se contenta de se retourner sans émettre le moindre son. A force de combats qu'elle avait mené, Elerinna savait se rendre particulièrement discrète, elle avait apprit l'art de la guerre auprès de certains membres de la résistance, mais surtout par son père, ancien roi, décédé des années auparavant, si il y avait bien quelque chose qu'elle tenait de lui, c'était cette aptitude a manier les armes.

Elle ferma doucement les paupières se focalisant sur sa cible, elle sentait déjà la magie qui s'écoulait en elle, ne demandant qu'à sortir, elle souri, et se tourna vers l'homme qui venait de sortir de la forêt. Elle ne le connaissait pas, il ne l'avait donc pas suivie elle et Lomelindi depuis Aydindril, mais elle percevait le mal en lui, malgré la beauté qui émanait de ses traits. Le magicien a ses côtés, se crispa, commençant a lever le bras, pour laisser libre cour à la force qu'il contrôlait mais elle l'empêcha, ce n'était pas a lui d'agir. Elle observa Tiernàn qui se jetait sur l'inconnu, le laissant se débrouiller un instant, elle resta de marbre face aux épées qui s'entrechoquaient sous ses yeux. Elle vacillait entre l'envie d'agir, ou de ne rien faire. Puis très vite, elle s'imagina le corps du garde frontière dans le bras, baignant dans le sang, parce qu'elle n'avait pu le sauver a temps, une chose qu'elle ne pourrait jamais se pardonner. Elle paniqua, et fondit a toute vitesse, sa robe blanche flottant dans son dos et elle s'interposa entre les deux hommes, qu'elle sépara a mains nues. L'assaillant ricana, essuyant le liquide rouge qui coulait de sa bouche, et tenta de l'attaquer, mais elle lui tordit le bras, l'obligeant a faire tomber son arme sur le sol. A cet instant, elle avait cessé d'être Elerinna, elle n'était plus que la mère inquisitrice, jouant de ses pouvoirs, elle ne réfléchissait plus a ce qu'elle faisait, laissent le contrôle de son corps a la magie. Ses deux mains saisirent la tête du vagabond, et la lumière qui émanait de tout son corps, la quitta, allant dans le réceptacle qu'elle tenait entre ses doigts. Sa tête bascula en arrière sous le choc, tandis que le malheureux tombait a ses pieds dans un soubresaut ultime.

La brunette happa l'air que quémandait ses poumons, et se concentra sur la silhouette qui rampait, lui tirant sur la robe pour l'obliger a le regarder, elle avait insufflé en lui le pouvoir de l'amour.
« Oh ma Dame dites moi ce qui vous ferait plaisir... Je vous en prie... Par pitié, je vous aime, oh si vous saviez comme je vous aime. » L'inquisitrice se racla la gorge, et le poussa gentiment, avant de prononcer son verdict. « Je veux que tu meures. » Il y eut un léger silence, et l'homme s'effondra sur le sol dans un bruit rauque, faisant perdre a la jeune femme un peu plus d'énergie qu'elle n'en avait déjà laissé échappé auparavant. Ses yeux reprirent une teinte normale, alors qu'elle se tournait vers Lomelindi qui l'observait avec anxiété, lui faisant un signe négatif de la main, s'affairant en même temps dans sa besace afin de trouver une potion susceptible de requinquer sa maîtresse. Elle avança péniblement vers le cadavre qui gisait au sol, et elle lui ferma délicatement les paupières, avant de se redresser, observant Tiernàn du coin de l'oeil, qui n'avait toujours rien dit. Elle regrettait déjà d'avoir du faire cela devant lui, mais le croire en danger avait suffit a générer cette peur qui déclenchait par la suite ce dont elle était capable. Toutefois elle ne pouvait le laisser fuir tel quel, au risque qu'il dévoile tout, l'usage de la magie ayant été proscrit il y a des décennies. Frôlant doucement le la terre, elle s'approcha de lui, sans faire de mouvement brusque, et se mordit la lèvre, il était clair que désormais, la barrière entre eux serait d'autant plus grande. Surtout après ce qu'elle s'apprêtait a faire.

Violemment, elle se sentie le plaquer contre un arbre, et sortir un petit poignard qu'elle gardait a l'abris sous les plis de sa robe, qu'elle plaça ensuite sous la gorge de son ami. Déglutissant doucement, elle appuya légèrement sur la lame, elle n'avait pas l'attention de le tuer mais seulement de le mettre en garde. ce geste suffirait a la détester davantage mais elle n'avait pas le choix.
« Tu n'as strictement rien vu, d'accord Tiernàn? D'accord ? » Elle attendit son consentement, et elle le relâcha, s'éloignant de quelque pas, tandis qu'elle prenait une gorgée de boisson alors que ses maux de tête revenaient a toute allure. Elle avait employée une mauvaise tactique, mais cela s'était joué a elle ou Lomelindi, elle préférait pour le moment que son compagnon garde sa couverture, il n'était pas assez puissant pour gérer cela seul, tandis qu'elle, s'en croyait capable. « Tu comprends désormais ? » Elle n'osait même plus le regarder, c'était d'autant plus difficile qu'avant, maintenant qu'il voyait le monstre qu'elle était.

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Tiernàn Sirfalas
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MessageSujet: Re: Que le destin nous joue des tours [E.]   Sam 10 Oct - 15:27

Apprendre à connaître ce qu’Elerinna était devenu. Apprivoiser ce qu’elle présentait devant ses yeux chaque minute passant l’éblouissant toujours plus. Il aurait véritablement souhaité comprendre les mécanismes obscurs qui avaient conduit la jeune fille qu’il avait aimée par le passé à cette jeune femme forte et dure dont l’éclat d’acier dans les yeux lui causait des frissons plus encore que ce qu’il n’aurait jamais imaginé. Mais on ne lui en laissa pas l’occasion. Il le savait pourtant pertinemment que la forêt aux abords de la Frontière était plus dangereuse encore aux alentours. Il en connaissait l’appétit vorace des monstres venus tout droit de l’enfer et qui s’abattait sur les habitants de la région sans qu’ils aient commis la moindre faute. Il s’attendait évidemment à devoir en affronter. Leurs attaques se faisaient plus fréquentes. Il était aux aguets mais pour dire la vérité, il ne lui était pas même traversé l’esprit que leur attaquant ait pu être humain. De vieux mécanismes sans doute. A force de voir l’extraordinaire, on en oublie l’ordinaire. Et incontestablement, l’ordinaire n’a pas la même façon de se battre. Il avait de la force. Il avait de la malice et de l’entraînement. De l’intelligence à sa manière. De cette intelligence qui ne fonctionne que dans le but de faire le mal. Leurs deux épées s’entrechoquaient avec éclat dans une sorte de ballet envoutant et rapide qui ne laissait de place ni à la réflexion ni aux sentiments. Tiernàn détestait retirait la vie d’un être humain, aussi hors-la-loi soit-il, mais il n’hésitait pas quand le devoir lui commandait. Et selon toute attente, son adversaire semblait par contre aux bords de l’extase à l’idée de se battre et de tuer un garde-frontière. Il est vrai que cela avait plus de mérite que d’affronter un simple guerrier.

Il s’interrogeait encore sur la raison pour laquelle l’individu avait foncé sur eux. Mais il se rendit bien vite compte que c’était sans doute à cause de lui. Il transportait une somme conséquente d’argent sur lui et ces individus, à l’instar des gardes-frontières, avaient développé également un instinct qui tendait cette fois-ci vers l’appât du gain. Mais il n’eut pas le temps de réfléchir plus en amont qu’il se sentit séparé de son assaillant et son regard surpris se posa sur la silhouette longiligne et emplie de grâce d’Elerinna. Son sang ne fit qu’un tour et il se redressa immédiatement prêt à abattre sa colère sourde en voyant le pitoyable voleur s’attaquer à la jeune femme. Mais la suite des évènements le gela sur place jusqu’aux os. Il jeta un furtif coup d’œil sur le compagnon de la jeune femme qui ne bougeait pas et l’observait avec calme. Son sang était toujours au bord de l’ébullition tandis que sa tête avait du mal à analyser la situation. Il vit le combat cesser de lui-même dès lors qu’Elerinna posa la main sur la peau de leur agresseur. Il ressentit que quelque chose s’était passé mais il n’aurait su dire quoi. « Oh ma Dame dites moi ce qui vous ferait plaisir... Je vous en prie... Par pitié, je vous aime, oh si vous saviez comme je vous aime. » Il fronça les sourcils, ne comprenant pas le retournement de la situation et la bouche bée, son regard allait de l’un à l’autre sans qu’il n’arrive à analyser les choses. « Je veux que tu meures. » Tiernàn se retourna immédiatement vers Elerinna, choqué. Mais ce n’était rien en comparaison de l’effondrement de l’homme sans raison hormis la volonté de la jeune femme. Tremblant d’incompréhension, il l’interrogea du regard, la mécanique de son cerveau fonctionnant à plein régime. Il ne comprenait pas. Il ne voulait pas comprendre. Ce n’était pas normal.

Il ne bougea pas lorsqu’elle se baissa pour fermer les paupières de l’individu qu’elle avait tué par un moyen diabolique dont elle avait visiblement le secret. Il ne remua pas davantage lorsqu’elle s’approcha en douceur de lui, son regard ne se détachant pas de la masse informe de celui qui était encore un être humain quelques minutes auparavant. Ses grandes pupilles sombres remuaient imperceptiblement alors que tout son être était incapable de raisonner, de bouger. Au fond de lui, il avait sans doute dû comprendre ce qu’elle venait de faire, ce qu’elle était mais le reste de son esprit s’évertuait à le nier, à refuser l’évidence. Il ne voulait pas le croire. Il ne voulait pas l’affronter. Il se laissa faire lorsqu’elle le plaqua violemment contre l’arbre. Il ne ressentit pas la douleur qui lui vrilla la colonne vertébrale pour venir éclater dans son cerveau. Il était trop anesthésié pour ça. Il ne réagit pas davantage en sentant le contact froid de la lame venir titiller ses déglutissements difficiles. Il ne regardait toujours pas Elerinna dans les yeux, ne pouvant se détacher du cadavre. « Tu n'as strictement rien vu, d'accord Tiernàn? D'accord ? » Comme dans un état second, il se sentit hocher de la tête. Mais il n’acquiesçait pas. Son corps contentait de réagir pour lui. Son esprit en étant incapable, il prenait le relais. Elle le relâcha sans doute. « Tu comprends désormais ? »

Finalement, il réagit, enfin. Il sembla retrouver vie. Le sang recommença à affluer dans les extrémités de son corps et redonna de la couleur à sa peau tannée de soleil. Il posa un regard furieux sur la jeune femme et recula. Il resserra la main autour du pommeau de sa lame encore tâchée de sang et la pointa, menaçant vers son ancien amour. Un amour qui partait définitivement en fumée. Il sentit pourtant des larmes lui brûlaient les yeux mais il les maintenait fermement. La rage, la colère, la déception et la haine les conservait dans ses yeux humides. Il remarqua du coin de l’œil que l’étrange compagnon d’Elerinna, le vassal de Satan, se rapprocha dangereusement de lui, prêt à en découdre. Mais Tiernàn s’en contrefichait. Il se sentait déjà mort à l’intérieur de lui. « Qu’est ce que tu es ? » cracha-t-il, la voix rempli de venin. « Cette fois-ci, c’est moi qui te le dit : ne me touche plus jamais. » Il avait passé quatre longues années à se remettre de son départ, à l’oublier alors que son cœur saignait de son absence. Et voilà qu’elle le brisait encore davantage. Il se donnait la nausée. Leur histoire le rendait malade. Elle le dégoûtait au plus profond de lui-même. Et il se dégoûtait lui-même pour malgré tout continuer à éprouver des sentiments à l’égard de cette sorcière.

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MessageSujet: Re: Que le destin nous joue des tours [E.]   Mer 28 Oct - 20:58

Le fluide magique grondait dans les veines, encore sous l'effet de sa libération, vidant presque son hôte de toute énergie, même si celui ci résistait, les quelques gouttes de potion avaient empêché la jeune femme de s'écrouler sur le sol, dans quelques heures, elle aurait récupéré toute sa puissance. Toutefois là n'était pas le problème, à choisir, s'évanouir était sans doute la meilleure solution face à qui allait sans doute venir. Elle n'avait pas voulu qu'il la voit ainsi, sous son véritable jour, elle avait l'impression d'être une sorte de monstre repoussant, d'autant plus que le regard qu'il portait sur elle, était des plus révulsé. Seulement, cette sorte de passion qu'elle éprouvait pour Tiernàn, l'avait poussé à le défendre, et à commettre ce faux pas, qu'elle s'était retenue de faire pendant toutes ces années passées en sa compagnie. Elle n'osait imaginer l'ampleur de ce qu'il venait de voir dans son esprit, jusqu'à présent il n'avait toujours côtoyé que son bon côté, et la vérité avait éclaté au grand jour, sans qu'elle ne puisse expliquer clairement ce dont il était question. Elle le répugnait, il était inutile qu'il lui fasse un dessin, comment aurait-il pu en être autrement ? Il ne savait même pas ce qu'était la magie, et du jour au lendemain il avait apprit qu'elle même, possédait des capacités anormales. Elle n'osa pas l'approcher afin de le rassurer, il n'était certainement pas dans l'état d'accueillir le moindre geste de sa part, quelque chose s'était ainsi réellement brisé entre eux. Une chose qu'ils ne pourraient jamais réparer, tant la révélation avait abîmé l'autre. La dernière part qui ravivait son âme triste, les jours de pluie et de souffrance, s'était éteinte, la froideur gagnerait finalement ce combat mental qui sévissait depuis son départ, le peu d'empathie qu'elle éprouvait était partie avec ces yeux noirs qui l'observaient. L'unique personne qui la rattachait a ces terres n'existait plus désormais, un trait serait tiré sur Tiernàn, il était hélas incapable de comprendre. Les larmes qui sillonnaient les joues de son ancien amour, lui donnaient la nausée, elle aurait voulu tout donner pour ne pas être ce qu'elle était, mais elle ne pouvait renier sa véritable nature, même par amour, même pour lui. L'épée qui s'élevait au niveau de son ventre ne l'effrayait même pas, il pouvait la transpercer de part en part, elle s'en contrefichait, la vie n'avait plus aucun sens pour elle, il allait falloir beaucoup de temps pour se reconstruire après cet échec cuisant.

« Qu’est ce que tu es ? » Lomelindi voulu s'approcher en réponse a ces quelques mots qu'il percevait comme un affront, dans les contrées du milieux ce genre d'insultes pouvaient se révéler passible d'emprisonnement, mais elle secoua la tête négativement, lui intimant l'ordre de ne pas agir. Toutefois son orgueil malmené était sensible, il n'avait pas à la traiter comme une chose, elle était exactement comme lui, un être humain, avec une légère chose en plus, qui la rendait différente et dangereuse, elle n'accepterait pas qu'il lui manque de respect ainsi, il n'avait pas tout les droits, même si elle lui avait mentit pendant longtemps. « Cette fois-ci, c’est moi qui te le dit : ne me touche plus jamais. » Elerinna ne put s'empêcher de sourire face à cette remarque qu'elle trouvait grandement amusante, étant donné le fait que c'était lui qui s'évertuait sans cesse à rechercher le moindre contact physique. « Je ne suis pas une chose, je te prierais d'avoir un peu plus de considération à mon égard. Là d'où je viens on m'appelle mère inquisitrice. » Elle n'attendait pas de réponse de sa part, il ne pouvait qu'ignorer ce qu'était une inquisitrice, dans ces terres préservées de magie, elle et ses soeurs ne devaient être qu'un mythe, ou pis encore, leur existence était méconnue. Du ciel gris, de l'écoulement de l'eau, montait une tristesse humide contre laquelle il lui fallut lutter en se remémorant les paroles de son précepteur. Une mère inquisitrice ne devait pas avoir le droit d'aimer quiconque, excepté celui qu'elle choisirait pour partenaire, au risque de devoir affronter des souffrances bien pire encore que de voir l'être aimé changé en une coquille vide. Or cela ne faisait que se confirmer, d'abord Tiernàn, puis ensuite William, il fallait qu'elle franchisse le pas, et qu'elle trouve quelqu'un pour vivre a ses côtés, même si les sentiments n'étaient pas là, elle n'était pas prête à revivre ce genre de scène éternellement, sa patience avait des limites.

Quand elle était rentrée en contrées du milieu à la fin de son adolescence, elle avait d'abord imaginé que Tiernàn s'en était allé quelque part en terre d'ouest ou ailleurs, pour chercher l'oubli ou tout au moins pour endormir sa peine en se livrant avec la ténacité dont elle le savait capable à ses affaires de garde frontière. Elle avait vite était détrompée en quelques secondes. Il ne l'avait pas oublié comme elle même avait tenté de le faire, et avait nourrit l'espoir qu'ils se revoient un jour, peut-être même l'avait-il attendue, et espéré des retrouvailles digne de ce nom, mais certainement pas ce qu'il venait de voir. Pourtant, elle était persuadée que tout au fond de lui, il devait percevoir qu'elle n'était pas comme les autres, une fille sans liant était rare, et puis tout ces blocages lorsqu'ils commençaient à se rapprocher aurait dû le mettre sur a voie. C'était de sa faute, elle n'avait pas eu le courage de lui annoncer son désir de rompre quand elle le voyait chaque nuit, quand ils goûtaient ensemble aux mêmes joies, quand ils se faisaient plus intimes. Elle n'osait imaginer les abîmes de désespoir, de fureur, de malédictions dans lesquelles il devait se débattre actuellement, elle se disait que la passion bafouée pouvait fort bien se muer en une sorte de haine amoureuse, et songeait que tout était à craindre. Les minutes passèrent, Elerinna ne parvenait pas à se fixer une ligne de conduite, elle continuait à se déchirer aux aspérités qui jalonnaient le chemin a prendre, et demeurait dans l'indécision. C'est le regard vide et encré dans celui de Tiernàn, qu'elle brisa le silence.
« Nous avons été trop longuement, trop intimement mêlés l'un à l'autre pour qu'il soit possible de nous mentir là où nous voici rendus : au bout de notre route... » Aurait-elle la force de continuer sa confession ? La haute silhouette de son amant se découpait devant elle à contre jour dans le décors de l'automne dont les rousseurs teintaient l'herbe. Redoutant de lire sur les traits qu'elle connaissait trop bien, une condamnation sans appel, elle évitait de le dévisager. « Qu'ai-je jamais fait d'autre, au reste, depuis des années, que de détruire les chances de bonheur qui m'étaient proposées ? Je n'ai dû être crée que pour dispenser autour de moi, regrets, déceptions, morts. Ceux qui m'aiment ne manquent jamais de souffrir et moi avec. » Elle s'interrompit. Les larmes qu'elle refoulait enrouaient sa voix.

Sans prendre garde, elle s'était malgré tout rapprochée de Tiernàn, toujours aussi menaçant à son égard, mais elle refusait de voir l'épée qui était pointée sur elle. Doucement elle porta la main autour du bras du jeune homme, touchant délicatement sa peau tendre si souvent caressée, où battait le sang qui était sa vie, elle ferma les yeux, et commença à serrer, avant de s'immobiliser. Là mère inquisitrice relâcha son étreinte, et laissa retomber sa main, consciente de ce qu'elle venait de faire.
« Pardonne moi. » Dit-elle dans un souffle. Deux mots ne suffiraient pas a excuser toutes ses cachotteries, mensonges, et autres reproches, mais elle avait besoin qu'il la pardonne afin d'être en paix. « Veux-tu que je t'explique ? Je me soumet a ta décision. » La moindre de ses déclarations pourraient avoir un impact sur sa vie, à partir du moment ou tout serait dévoilé, elle courrait un réel danger sur ces terres, mais ce n'était rien en comparaison, de la souffrance de son âme.

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MessageSujet: Re: Que le destin nous joue des tours [E.]   Sam 7 Nov - 17:10

Tromperie, tout n’avait jamais été que tromperie. Combien de fois avait-elle eu l’opportunité de lui avouer la vérité ? A quelles occasions avait-elle dissimulé sa véritable identité alors qu’une porte s’ouvrait sur la vérité ? Et après l’amour fou et passionné de leur adolescence, voilà qu’il se mettait à la haïr comme jamais il n’avait ressenti un sentiment plus fort. Il revisitait chacun de leurs moments, chacun de ses sourires, chacun de leurs baisers. Et le souvenir de ces instants ensemble lui faisait remonter une bile amère le long de sa gorge. Il ignorait ce qui le retenait de rentre son dernier dîner tant son estomac était sans dessus dessous. La colère sans doute. Oh bien sûr, elle pourrait essayer de se justifier, de tenter de lui remémorer la manière dont ils observaient les couchers de soleil dans les bras l’un de l’autre mais rien ne pourrait changer ce qui était irrémédiablement compromis. Elle avait corrompu chacun de ces moments jusqu’alors magique, qu’il pensait justement sans une once de magie. Ce qu’il avait ressenti pour elle à l’époque. Ce qu’il avait continué de ressentir pour elle toutes ces années, même si ce n’était que les cendres d’un amour en ruine. Ce qu’il avait éprouvé pour la première fois en posant son regard surpris sur elle. Tout cela n’avait-il pas été que de la manipulation. Il avait été son jouet comme ce misérable bandit l’avait été à sa manière quelques instants auparavant. La seule différence entre lui et cet amas de chair bientôt froide était qu’il s’était laissé berné plus longtemps. Mais aujourd’hui, il avait les yeux bien ouverts et n’était pas prêt de les refermer. Il ne connaîtra plus jamais le repos en la sachant dans les environs. Son estomac ne s’apaisera que lorsque tout oxygène ne parviendra plus à sortir d’elle. Il ne recommencera à vivre en paix avec lui-même que lorsqu’elle sera à son tour un amas de chair froide dont les charognards se repaîtront avec délice. « Je ne suis pas une chose, je te prierais d'avoir un peu plus de considération à mon égard. Là d'où je viens on m'appelle mère inquisitrice. »

Le regard froid, c’est à peine s’il réagit à ses propos. A peine, s’ils percèrent sa carapace d’acier et le mur qu’il avait reconstruit à grande vitesse entre elle et lui. Cette fois-ci, elle ne l’atteindrait pas. Cette fois-ci, il refuserait de la traiter comme il l’avait toujours traité auparavant. Qu’elle se rassure. Plus jamais il ne tenterait de se rapprocher d’elle, d’abaisser sa garde, de la serrer dans ses bras sous un ciel étoilé, de l’embrasser sous les rayons ardents du soleil, de se délecter de sa voix. Non, c’état bel et bien fini tout ça. Et s’il avait encore des doutes, la révélation qu’elle avait tardé, trop longtemps tardé, à lui faire part creusait un fossé qui jamais ne pourra être comblé. « Et là, d’où je viens, on t’appelle viande à corbeau. » répliqua-t-il avec un dédain et une haine non dissimulé. Peut était-ce justement parce que les sentiments qui l’avaient lié à la jeune femme étaient les plus forts qu’il ait jamais ressenti. C’était sans le moindre doute la raison pour laquelle il la haïssait tant aujourd’hui. Nulle haine n’existe sans son sentiment contraire, elle laisse la place ou vient le remplacer. Mais toujours l’amour et la haine sont intimement liés, tels des amants versatiles. Il se fichait du nom qu’on lui donnait. Pour elle, c’était une sorcière, un suppôt du mal. Comme tous les habitants de Terre d’Ouest, il se méfiait de la magie. Mais plus encore, il l’exécrait. Il était déjà bien assez contrarié de devoir supporter les Liants et de devoir combattre les créatures magiques qui s’échappaient de la Frontière. Il n’avait pas à supporter les adorateurs de magie. Ils n’avaient aucun droit de se trouver sur ces lieux, sur ces terres volontairement vierges de magie. « Retourne chez toi. Les gens de ton espèce ne sont pas les bienvenus par ici. » Même s’il la détestait autant qu’il l’avait aimé, il ne souhaitait pas qu’elle subisse le même sort que cette sorcière il y a des années de cela. Soumise à la vindicte populaire, lynchée, son père l’avait forcé à assister à la scène pour le prévenir des dangers de la magie. D’abord horrifié, il avait attrapé une pierre et fait comme les autres. La magie était mauvaise. Eux étaient bons. Et malgré tout, il tremblait à l’idée qu’Elerinna subisse le même sort.

Il se tut et, bien qu’ayant du mal à la regarder droit dans les yeux, il se força afin qu’elle puisse lire en lui, se laissant parcourir comme un parchemin ouvert. Elle devait voir ce qu’il éprouvait pour elle désormais. « Nous avons été trop longuement, trop intimement mêlés l'un à l'autre pour qu'il soit possible de nous mentir là où nous voici rendus : au bout de notre route... Qu'ai-je jamais fait d'autre, au reste, depuis des années, que de détruire les chances de bonheur qui m'étaient proposées ? Je n'ai dû être crée que pour dispenser autour de moi, regrets, déceptions, morts. Ceux qui m'aiment ne manquent jamais de souffrir et moi avec. » Il ne s’attendait pas à ça. Elle n’avait pas le droit de réagir ainsi alors qu’il s’était fermé à elle, après qu’il ait claqué la porte sur leur passé sans retour possible. Il venait de lui signifier qu’elle était morte à ses yeux et que si tel n’était pas le cas, cela aurait mieux valu pour elle. Mais la voir ainsi face à lui, si fragile, si douce. Non, il n’arrivait pas à croire que c’était la même personne droite et forte qui quelques instants avait retiré la vie d’un être humain sans se salir les mains. Non, elle redevenait cette adolescente joyeuse et capricieuse qu’il avait appris à aimer malgré les secrets qu’elle lui cachait. Car maintenant qu’elle souhaitait enfin lui avouer la vérité, il devait aussi faire preuve d’honnêteté. Il avait toujours su au fond de lui-même qu’elle ne lui disait pas tout, que quelque chose se dissimulait derrière la manière qu’elle avait de le fuir, de fuir son regard et de se dérober à son étreinte. Il avait juste refusé de l’admettre. « Pardonne-moi. » Il l’observa s’approcher de lui, sans mot dire. Il sursauta lorsqu’il sentit le contact glacial de sa peau sur la sienne et eut un instant de soupçon qui s’envola rapidement. Il ne fit aucun geste. Il se contenta de rester à quelques centimètres de son premier amour, celui qui dure toujours. « Veux-tu que je t'explique ? Je me soumets à ta décision. »

Il poussa un profond soupir au bout d’une minute pour toute réponse. Il ne savait que faire. Avait-il envie d’entendre ses explications ? Le méritait-elle vraiment ? N’avait-elle pas été trop longue pour tout lui dire ? Mais en même temps, une question le taraudait : avait-il vraiment été honnête avec elle ? Ne lui avait-il rien caché pendant ces longs mois et même encore aujourd’hui ? Il ne pouvait être aussi affirmatif. Il ne pouvait lui assurer avoir été parfaitement honnête avec elle dès lors qu’il y avait encore des choses au fond de lui qu’il lui restait à découvrir. Il se racla la gorge et s’éloigna de quelques pas des deux étrangers. Il ramassa son sac et poussa un petit cri sous le poids de ce dernier contre son dos. « La nuit va bientôt tomber. Mieux vaut ne pas rester aux alentours de ce type. Il va ramener les loups et autres carnassiers. Je ne suis pas d’humeur à contrer leur harcèlement massif. » Il leur fit un signe de la tête discret et reprit sa marche, faisant comme si de rien n’était. Sans doute un peu plus glacial. « On arrivera à Hartland demain en milieu de journée. Vous pourrez alors continuer votre route … seuls. »

Quelques heures plus tard,

Ils avaient trouvé refuge dans une clairière dégagée. Elle ressemblait à celle où ils s’étaient vus la dernière fois. Quand tout était bien alors. Il avait allumé le feu dans un silence quasi-glacial, ignorant ses deux compagnons de voyage qui avait tenu une discussion animée à voix basse. Il n’en avait pas écouté les propos. Ca ne l’intéressait pas. Il se trouvait près du feu mais ne parvenait pas à se réchauffer. C’était comme si un morceau de glace avait envahi son cœur et aidé par cet organe vital avait progressivement envahi chacune de ses veines, chacune de ses extrémités, anesthésiant son cerveau et la douleur avec. Combien de temps avait-il veillé ? Il était exténué et la fatigue en était même douloureuse. Mais pas un seul moment, il ne se coucha ou ne ferma les yeux. Il passa la majeure partie de la nuit à veiller auprès du feu, observant les lueurs délicates dessiner des ombres sur le corps endormi d’Elerinna. A l’intérieur de lui, une lutte sans commune mesure se déchirait ses faveurs. Devait-il lui pardonner ? Devait-il lui pardonner ? Ou devait-il couper les ponts ? N’était-ce de toute manière ce qu’il avait déjà décidé de faire des années auparavant ? Ca lui avait plutôt bien réussi alors. Mais tout était bouleversé maintenant. Les yeux perdus dans le vide, il remarqua soudain que le regard électrique d’Elerinna était posé sur lui également. Il sursauta. Depuis combien de temps était-elle éveillée ? Il se racla la gorge et donna un coup de tison dans le feu pour s’y soustraire. Mais peine perdue.

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MessageSujet: Re: Que le destin nous joue des tours [E.]   Mar 15 Déc - 19:01

L'attente fut des plus longues et des plus pénibles, alors que la mère inquisitrice restait suspendue aux lèvres de Tiernàn, elle voulait entendre sa décision qui peinait à venir. Du plus profond de son coeur, elle aurait souhaité amener le jeune homme indécis à lui parler avec l'abandon, la confiance, de toujours à lui révéler ce qu'il ressentait en l'instant présent. Comme pour couper court à toute tentation de confidence, elle le vit s'éloigner et prendre son sac. « La nuit va bientôt tomber. Mieux vaut ne pas rester aux alentours de ce type. Il va ramener les loups et autres carnassiers. Je ne suis pas d’humeur à contrer leur harcèlement massif. » Lui dit-il accompagnant sa phrase d'un petit signe de tête qui se voulait glacial. Elerinna le considéra avec gravité, sans mot dire, il ne lui était pas nécessaire d'en entendre davantage, elle avait très bien comprit. Il ne voulait rien savoir d'elle, ni de ses explications, elle lui avait laissé le choix, et il avait préféré répondre par la négative, il en assumerait les conséquences. « On arrivera à Hartland demain en milieu de journée. Vous pourrez alors continuer votre route … seuls. » Elle préféra l'ignorer, et se tourna vers son magicien, ils restèrent un instant à se contempler, liés par un muet échange de pensées, par une solidarité plus explicite que les mots, lui seul pouvait la comprendre mieux que quiconque. Elle détourna la tête et récupéra ses affaires, puis elle fit un pas en avant vers le chemin. « Qu'il en soit ainsi. » La brunette resta aux côtés de son compagnon de toujours, laissant marcher seul devant, leur guide improvisé, qui semblait se satisfaire de la situation.

Le brouillard tombait peu à peu, et il était tel que l'on voyait à peine les branches basses des arbres sous lesquels ils cheminaient, le magicien s'était proposé de tenter une formule, mais l'inquisitrice avait refusé. Depuis leur dispute aux alentours de la frontière, les trois voyageurs avançaient dans un monde de brume, d'humidité, de grisaille, et de tristesse, à croire que les dieux étaient tout aussi maussades que les malheureux. Au fur et à mesure qu'ils progressaient, la forêt dépouillée de ses frondaisons ne manquait pas d'être inquiétante, mais cette chape de vapeur bruineuse qui la cernait, ajoutait encore à sa profondeur devinée un aspect incertain qui oppressait les poitrines. On ne distinguait plus grand chose au delà des ornières creusant le chemin. Les buissons au bord de la route se devinaient seulement, tandis que les troncs les plus proches paraissaient se dissoudre à quelques mètres au dessus des têtes. Derrière leurs colonnes ce n'étaient plus que forme sans couleur, sans réalité. Sous l'effet de la température, Elerinna avait du resserrer autour de son propre corps le mantel de drap fourré de castor afin de se réchauffer. Il ne faisait pas un froid véritable mais les traînées de vapeur étaient si dense qu'elle se sentait frileuse et frissonnante. C'était donc autant pour vaincre une angoisse née du sentiment de solitude qui l'assaillait, suivis par le croassement déplaisant des corbeaux, qu'elle entreprit de parler à Lomelindi.
« Je déteste ce pays. » Elle s'emmitoufla un peu plus dans la fourrure, tout en ne quittant pas des yeux Tiernàn qui progressait beaucoup plus vite qu'eux. « Je pense qu'il est mauvais. » Se contenta d'ajouter son camarade, la fixant de ses grands yeux pâles, le visage frigorifié. Elle fronça les sourcils cherchant où il voulait en venir, quand elle comprit à qui il faisait allusion, il n'avait sans doute pas tort, même si elle imaginait mal son ancien amant la dénoncer. « Je ne pense pas, je le connaît bien » Ils s'arrêtèrent un instant pour reprendre leur souffle, et son protecteur la prit délicatement par l'épaule de sa petite main gelée. Elle sourit, et tenta de réchauffer les doigts de son ami, alors qu'il semblait mesurer l'ampleur des mots qu'il allaient utiliser. « Je sais que vous l'avez aimé, que vous avez partagé quelque chose d'intense, mais c'est du passé Elerinna. J'ai vu ses yeux, son regard, il n'y a plus que de la haine. Je sais tu ne me croiras pas, mais je te préviens quand même, fais attention, il cache aussi des choses. » Pour la première fois elle se rendit compte que peut-être Lomelindi avait raison, et qu'elle devait se méfier. Elle observa la silhouette au loin qui leur faisait signe d'avancer, et hésitante, elle reprit calmement la marche.

A en juger par l'assombrissement, la nuit venait. On ne voyait rien du ciel, ni soir, ni crépuscule, mais il faisait plus terne qu'avant, le gris virait au noir. La mère inquisitrice s'aperçût que sa mâchoire tremblait ainsi que ses mains, la froidure tout comme la peur d'être trahie en étaient la cause. Ils tombèrent finalement sur une clairière qui lui rappela étrangement celle du dernier au revoir, et le sentiment de malaise qu'elle éprouvait s'accentua. Sans un mot la petite troupe s'était installée autour du feu fait par le garde frontière, la fatigue gagnait peu à peu les membres endoloris d'Elerinna, la route avait été si éprouvante pour venir jusqu'en ces terres reculaient. Elle bailla discrètement, tandis que Lomelindi l'enveloppant de ses épaules la poussait vers le feu. "Chauffez vous mon amie". Lui même se défaisait, s'approchait du foyer, tendait ses mains engourdies aux flammes qui léchaient les flancs noircis d'une pauvre ou marmite ou bouillait une soupe d'herbe. A la lueur de feu, elle observa les traits maigres à forte ossature et comme taillés dans du bois massif de Tiernàn. Sa légère barbe de quelque jours dissimulait le bas de son visage, sous ses sourcils clairs ses des prunelles étaient d'un noir vif. En silence elle vida son écuelle en bois, et voyant que l'homme toujours perdu dans ses pensées comptait faire le guet, elle s'étendit sur les fougères, et remonta la fourrure sur son maigre corps, puis elle ferma ses paupières, cherchant en vain le sommeil. Le bruissement du vent dans les branches accompagnait une méditation dont l'intensité, la profondeur, dépassaient de beaucoup celles auxquelles elle était habituée. Comme dans un état second, elle faisait le bilan de son existence, jugeait son passé, les actes accomplis, les fautes commises, sa complaisance envers les sombres penchants, sa vanité, son égoïsme.

La nuit était avancée quand elle reprit conscience. Le feu s'éteignait. Les rougeoiements des baisses teintaient de reflets mourants l'ombre qui avait tout envahit. Il faisait de nouveau froid. Elerinna se releva, jeta quelques brindilles sur les tisons et vint s'asseoir un peu plus près du foyer, laissant le magicien seul à quelques mètres, où il dormait encore, ou du moins feignait de l'être si ce n'était pas le cas. Elle observa Tiernàn, qui lui même était éveillé, sans doute trop préoccupé par tout ce qui s'était passé des heures plus tôt, elle le vit éviter son regard, mais s'approcha quand même de lui. Prenant place à ses côtés, elle baissa la tête, cherchant les mots justes avec difficulté, mais ce ne furent que des banalités qui franchirent ses lèvres.
« Difficile de dormir ce soir, il fait si froid.» Elle tenta de sourire mais rien ne vient, elle ne parvenait pas à faire semblant de se ficher de son comportement glacial, ses réactions ainsi que ses sentiments lui importaient beaucoup plus qu'elle ne pouvait l'imaginer. « Tu sais même si tu me considères comme un monstre, jamais tu ne pourras oublier ce que nous avons vécu ensemble. Jamais. Alors tu peux m'insulter et me traiter comme une sorcière mais cela ne changera rien. Le problème vient de là. » Elle se pencha doucement en avant, et toucha de son index le torse de son ancien amant, à l'emplacement du coeur, puis elle retira aussitôt sa main de peur de commettre un sacrilège tandis que des fourmillements se faisaient ressentir sous la peau. « Tu ne pourras pas dire que je n'ai pas essayé de m'expliquer. » Elle soupira, amère, elle avait tout tenté, et c'était insuffisant, tant pis, le destin se chargerait à sa place de lui ouvrir les yeux, elle n'avait plus de temps à consacrer à cette histoire. Ses desseins l'attendaient, demain serait sans doute un grand jour, même si elle ignorait encore comment elle s'y prendrait. Elle se leva finalement, le regard fixé droit devant elle, alors qu'elle posait sa main gauche sur l'épaule du garçon. « Accepte de grandir Tiernàn. »

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MessageSujet: Re: Que le destin nous joue des tours [E.]   Dim 20 Déc - 15:26

Il sentait la chaleur diffuse du feu venir caresser ses joues glacées. Il se savait le visage fermé comme il pouvait l’être si facilement sans raison particulière pour autant. Cette fois-ci toutefois, il avait une raison véritable pour se fermer de cette façon. Ce passé qu’il avait chéri, ce passé qui l’avait détruit et dont il avait mis tant de temps à se relever venait remuer le tison brûlant dans son cœur blessé. Comment imaginer que tout ce qu’ils avaient vécu s’était construit autour d’un mensonge ? Que son premier amour, qu’il pensait éternel, celui dont on ne se remet jamais, s’était joué de lui ? Elle avait dû bien rire de ses interrogations. Etait-ce donc la raison pour laquelle elle le fuyait toujours autant dès qu’il faisait un pas vers elle ? Pourquoi était-elle venue à ce bal ce soir-là ? Pourquoi s’était-il rencontré ? Il en venait à maudire cette soirée où leurs destins avaient basculé. Tout aurait été différent si … « Difficile de dormir ce soir, il fait si froid.» Finalement, il se décida à poser son regard sur la jeune femme, à lui accord un peu de son attention qu’elle ne méritait pourtant pas. Il ne connaissait pas cette jeune femme. Il s’agissait d’une inconnue dont il ne souhaitait rien savoir. Il détourna les yeux pour qu’ils reviennent se poser sur le feu brûlant et incandescent. Tout mais ne pas la regarder elle. C’était trop difficile. Sa peau blanche se teintait d’une aura délicieuse dont il avait envie de respirer le parfum. Ses longs cheveux bruns l’incitaient à venir passe râla main parmi ces derniers pour ressentir la caresse soyeuse de leur texture. Et ses grands yeux bleus dont les lueurs alentours teintaient de mauve lui donnaient l’envie urgente de se noyer dedans. Non, il ne la connaissait pas. C’était une étrangère comme une autre. Une voyageuse dont il aiderait à arriver à destination et laisserait partir sans en savoir plus. Mais qui croyait-il berner ? Il se racla la gorge et jeta à nouveau quelques brindilles pour activer à nouveau le feu, lui redonner de la consistance. Inconsciemment, sans doute était-il en train de vouloir la réchauffer. Mais qu’elle ne lui demande pas de faire la conversation, aussi banale soit-elle, c’était trop difficile pour lui. La rancœur et la colère, il n’avait pas encore pu les avaler pour libérer sa gorge de l’étau dans laquelle elle se trouvait.

« Tu sais même si tu me considères comme un monstre, jamais tu ne pourras oublier ce que nous avons vécu ensemble. Jamais. Alors tu peux m'insulter et me traiter comme une sorcière mais cela ne changera rien. Le problème vient de là. » Il sursauta lorsqu’il sentit son index se posait sur sa poitrine. Heureusement, elle le retira rapidement et il n’eut pas à le repousser d’un geste violent et glacial. N’avait-il pas le droit de la toucher auparavant ? Et voilà que désormais, c’était elle qui cherchait le contact. « Tu ne pourras pas dire que je n'ai pas essayé de m'expliquer. » Les choses avaient tellement changé. « Accepte de grandir Tiernàn. » Rien n’était réparable. Il garda le silence, la mâchoire crispée et ne réagit pas pendant quelques minutes. La colère inondait ses veines et il sentait la veine de sa tempe battre furieusement. S’il n’ouvrait pas la bouche, s’il ne réagissait pas à ses paroles, s’il refusait de la regarder ou de lui parler, c’était pour ne pas la blesser. Malgré le mal qu’elle lui avait fait, malgré les fêlures qu’elle lui faisait subir sur son âme et son cœur déjà bien mis à mal, il ne voulait pas qu’elle souffre. C’est normal de ne pas oublier son premier amour, lui avait assuré Anuun au début de leur histoire. Etait-ce seulement ça ou davantage ? Le silence s’installa encore entre eux pour de très longues minutes. Malgré les efforts de la jeune femme, Tiernàn ne semblait pas vouloir faire un pas dans sa direction. Il sentait le ressentiment et la déception qui commençaient à émaner d’elle. Mais se rendait-elle compte de ce qu’elle lui avait fait subir ? De ce qu’il pouvait ressentir en cet instant précis ? La confusion dans laquelle il se trouvait l’empêchait de réagir convenablement.

« Tu n’es pas un monstre. » murmura-t-il aussi bas qu’un souffle au bout de ces longs et pénibles instants. Il prit une profonde inspiration et refusant de détacher son regard du feu, il poursuivit : « Tu n’as jamais été un monstre, Elerinna. Et même après avoir vu ce que tu as fait à ce hors-la-loi, je ne peux pas te voir comme un monstre. On ne peut pas traiter ainsi la personne dont on a été la plus proche à un moment de notre existence. » Il se décida enfin à se tourner vers elle et plongea son regard noir dans le sien avant de lui sourire doucement comme il le faisait si souvent auparavant. « Et même si tu as changé, même si j’ai changé, tu restes et resteras toujours mon premier amour. » Il se détourna et posa son regard alentours, observant les bois qui les entouraient, surveillant qu’aucune créature ne vienne troubler cet instant d’aveu. A nouveau une boule se forma dans sa gorge tandis que des larmes salées vinrent étreindre et brouiller sa vue. « Je hais la magie. Je hais cette Frontière et les créatures qui en émanent. Je hais les personnes qui se trouvent derrière elle parce que c’est à cause d’eux que Shiba est mort le mois dernier en repoussant un chien cœur. Je les hais pour nous faire risquer nos vies et celles de nos familles chaque jour. Je les hais parce qu’ils ont fait de nos vies un enfer, parce seul compte pour eux leur soif de vengeance et de pouvoir. Parce que ce qu’ils sont, ce n’est pas normal. Je hais la magie. Je hais ceux qui la possèdent. Mais je suis incapable de te haïr Elerinna. » il leva les yeux au ciel et observa le ciel rempli d’étoiles ne semblant scintiller que pour eux. Que pour ceux qui prennent le temps de rêver aux étoiles.

Il se retourna à nouveau vers elle et il se sentit perdre pied. Malgré tout ça, oui, il était incapable de la haïr. Il s’en rendait compte maintenant. Pour autant, il n’était pas capable de lui pardonner. Pas pour ce qu’elle était. Elle serait l’exception qui confirmerait la règle. Mais pour ce qu’elle lui avait fait. Ce qu’elle lui avait fait croire toutes ces années durant, tous ces instants passés en tête à tête. Tout n’était finalement que du vent. « Qui es-tu Elerinna ? » l’interrogea-t-il doucement, ne souhaitant pas réveiller son compagnon de voyage. Cet instant ne leur appartenait qu’à eux. « Elerinna est-il seulement ton vrai nom ? »

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MessageSujet: Re: Que le destin nous joue des tours [E.]   Mer 20 Jan - 15:52

Le lit de braises crépitait, troublant le lourd silence qui s'était imposé entre eux. De temps en temps une grappe d'étincelles dorées jaillissait et courait a la surface du bois pour disparaître aussitôt sous quelques morceaux incandescents. Le feu semblait être l'unique point d'attache entre elle et Tiernàn, ils fixaient tout deux ce point rouge dans la sombre plaine, refusant de se regarder mutuellement, sans doute de peur de se sauter à la gorge. Il avait peur de sa magie, elle craignait de ne pas la maîtriser une fois une fois encore. C'est alors qu'à son tour, le garde frontière qui l'avait si mal traitée revint vers elle. A petits pas d'abord : un mot par là, un regard par ci. Puis à pas de géants : un sourire, des gestes ébauchés, des larmes, et de nouveau un semblant de conversation en des termes plutôt singuliers, il se confiait finalement à elle après tant d'années de souffrance. Son coeur se serra face au souvenir commun qui n'avait jamais vraiment quitté ses pensées, celui du premier amour, dont l'image restait intarissable au plus profond de son âme, on pouvait le renier, mais on ne pouvait l'oublier, jamais. Il restait toujours une trace indélébile, qui resurgissait de temps à autre, soulignant l'infinie tristesse de ces au revoir déchirants qui en principe n'auraient jamais dû exister. Elle avait fait de la vie de Tiernàn un enfer, comme lui même l'avait fait avec la sienne, l'amour n'était pas cette belle chose que l'on pouvait lire dans les livres, mais plutôt une passion destructrices, qui au final n'apportait que malheur. Dans le particulier, enfin, il lui découvrit ses sentiments ponctués de larmes qu'il tentait en vain de lui cacher, se perdant de nouveau dans la contemplation des flammes, mais elle n'était pas dupe. Une fois, elle s'asseya de nouveau à ses côtés, et elle osa avancer sa main vers le feu afin de se réchauffer, et il la retint; elle dégageait cette main assez vite et habillement pour qu'ils puissent l'un comme l'autre, douter qu'elle fût restée contre la sienne plus longtemps que nécessaire. Ainsi pouvait-elle feindre d'ignorer un geste que de son côté il feignit de ne pas avoir tenté. Le coeur battit bien fort contre sa poitrine pendant quelques minutes; elle se revoyait se blottissant contre lui à la recherche d'un certain réconfort que lui seul pouvait alors lui apporter, le visage humide; et l'humiliation qu'elle lui avait infligé en le laissant seul sans aucun mot, ni lettre lui fit redouter un éclat. Cependant, ce n'était pas tant cette partie là qui semblait le gêner mais plutôt le fondement même de sa personne, à savoir la magie, et elle ne pouvait le blâmer pour cela comme elle ne pouvait se l'ôter.

« Je hais la magie. Je hais cette Frontière et les créatures qui en émanent. Je hais les personnes qui se trouvent derrière elle parce que c’est à cause d’eux que Shiba est mort le mois dernier en repoussant un chien cœur. Je les hais pour nous faire risquer nos vies et celles de nos familles chaque jour. Je les hais parce qu’ils ont fait de nos vies un enfer, parce seul compte pour eux leur soif de vengeance et de pouvoir. Parce que ce qu’ils sont, ce n’est pas normal. Je hais la magie. Je hais ceux qui la possèdent. Mais je suis incapable de te haïr Elerinna. » Sa bouche resta sèche, tandis que les mots se bousculaient dans sa tête, que pouvait-elle dire ou même faire ? Elle n'était en rien responsable des anciennes querelles qui avaient pu ravager tout le pays, semant la terreur partout où la magie triomphait, elle n'était en somme qu'un vassal de cette magie, agissant pour le bien, où du moins elle tentait d'aller en ce sens, elle n'était après tout, pas parfaite. Elle aussi aurait pu la haïr, ses parent en avaient tant souffert et en avaient payé de leur vie afin de protéger leur unique enfant, mais elle avait choisit d'assumer pleinement ce qu'elle était, en se jurant de ne jamais oeuvrer pour le mal, et d'agir selon ses propres convictions. Elle n'avait pas choisit la fuite, ni la mort, c'était sans hésitation sinon sans tristesse qu'elle luttait pour libérer les peuples assouvis par Darken Rhal, pour un futur plus radieux, une bien belle utopie pour le moment.

« Je sais. » Elle laissa échapper un long soupire, et se tourna enfin vers lui, s'obligeant à soutenir son regard qu'elle redoutait en lui offrant des yeux clairs où la volonté de bien faire l'emportait sur l'émotion. « La magie n'est pas uniquement source de mauvaises choses, ce sont les hommes cupides qui la transforment. Penses-tu que je sois mauvaise ? » Il ne lui répondit pas, et elle comprenait, l'usage de son pouvoir plus tôt dans la matinée était tout sauf rassurant, même si elle avait tenté de le sauver, il ne l'avait pas perçu de cette façon là. Mais pourquoi cette peur ? Pourquoi cette peur là ? Ne savait-il pas au fond de lui qui était-elle vraiment ? Après tant d'amour, et après tant de jours, il ne restait plus rien, hormis deux étrangers; tout était brisé. Cette frayeur qu'il témoignait à son contact ne pouvait être répulsion mais désir essentiel comme celui qu'elle ressentait à son égard. Ils étaient à présent si proches qu'elle pouvait l'entendre parler tout bas. Son souffle frôlait le visage enflammé par cette proximité plus que par la fumée qui émanaient du campement. « Qui es-tu Elerinna ? Elerinna est-il seulement ton vrai nom ? »

Il lui fallut plusieurs minutes et un violent effort sur elle même afin de ne pas s'énerver tant ces questions lui paraissaient stupides. « J'affirme... » Répondit-elle avec l'obstination qui était une de ses forces. « Oui, j'affirme que je suis bien Elerinna Voronwë, dernière mère inquisitrice. » Elle rencontra le regard sombre qui la fixait, une appréhension évidente s'y lisait. Sans qu'il eût à exprimer un mot, tout ce qu'il ressentait s'exprimait dans cet échange silencieux, et elle sût qu'elle devait continuer. « On m'a amené en terre d'Ouest quand j'étais enfant pour me protéger du mage noir qui sévit sur nos terres, à mon retour tout était saccagé, tout ceux que j'aimais ont péris par sa faute car ils ne voulaient pas se plier à ses désirs. Ma mère étant inquisitrice, je n'ai eu d'autres choix que de prendre sa suite, de toute façon la magie coulait déjà en moi. Je suis normalement chargée de faire dire la vérité aux gens par le biais de mon pouvoir, pour cela il me suffit uniquement de les toucher, c'est un peu plus compliqué que cela mes les détails t'importent peu. Seulement je siège également au grand conseil, lequel, je dois arbitrer, mais l'étendue de mes activités ont augmenté, j'agis pleinement au sein de la résistance désormais. Je suis venue ici pour prévenir ton peuple, que Darken Rhal approche et que la dernière frontière tombera bientôt. » Elle s'arrêta aussitôt, consciente d'en avoir sans doute trop dit ou peut être pas assez, mais cela devait suffire pour apaiser les démons de Tiernàn l'espace d'un instant. Elle ne pouvait de toute façon pas mentir, il devait sans doute l'avoir compris, elle était, comme s'amusait parfois à l'appeler son magicien, la bouche de la vérité. Si seulement celle-ci ne pouvait avoir que des conséquences bienfaitrices cela aurait été beaucoup plus simple à porter sur ses épaules, hélas ce n'était pas le cas. Elle n'osa faire le moindre geste, et se contentait d'observer avec détresse l'homme qu'elle avait d'un seul coup dépouillé de toutes ses croyances. Jamais elle ne s'était rendue compte de sa propre responsabilité, de son écrasante culpabilité, elle aurait voulu que la terre se fendît pour l'engloutir. « Tout ce que nous avons pu vivre était bien réel Tiernàn, j'aurais aimé t'offrir plus, mais je ne pouvais pas. »

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MessageSujet: Re: Que le destin nous joue des tours [E.]   Dim 21 Fév - 17:21

La douleur était insoutenable. La sentir aussi proche de lui le renvoyait directement à leur histoire. C’était douloureux. Mais dans le même temps, il avait l’impression de respirer pour la première fois depuis que les années avaient passé. Il se sentait à nouveau libre et apaisé. Et c’était bien ce sentiment de plénitude douloureuse qui était le pire. Il aurait dû la haïr pour ce qu’elle lui avait fait des années auparavant. Il aurait dû l’exécrer pour ce qu’elle était, parfaite incarnation de tout ce qu’il abhorrait. Il devrait nourrir à son encontre des sentiments funestes plutôt que cette attirance qu’il tentait de dissimuler sous son indifférence latente. Mais le visage de sa douce et tendre épouse s’effaçait lentement alors qu’il était aux côtés de celle qui était et représenterait toujours d’une certaine manière son grand amour. Celui qu’on idéalise, celui qu’on ne parvient pas à oublier, celui qui vous nourrit de souvenirs doux-amer. « La magie n'est pas uniquement source de mauvaises choses, ce sont les hommes cupides qui la transforment. Penses-tu que je sois mauvaise ? » Il releva son regard sur elle, un sourcil levé. Avait-il besoin d’exprimer ce qu’elle avait fait tout à l’heure à ce brigand ? Non, elle le lisait dans ses yeux. La méfiance. La peur également qu’elle ne lui fasse subir le même sort pour un geste de travers. Bien sûr, il lui aurait sans doute fait subir la même chose mais uniquement après un combat à la loyal et juste qu’il remporterait facilement eu égard à son statut supérieur. Mais pas comme elle l’avait fait. Il baissa à nouveau son regard sur le feu qui crépitait encore alors que le ciel s’éclaircissait légèrement. Le matin allait-il bientôt poindre le bout de son museau. Ils avaient passé toute la nuit à parler mais rien ne serait régler.

« J'affirme... Oui, j'affirme que je suis bien Elerinna Voronwë, dernière mère inquisitrice. On m'a amené en terre d'Ouest quand j'étais enfant pour me protéger du mage noir qui sévit sur nos terres, à mon retour tout était saccagé, tout ceux que j'aimais ont péris par sa faute car ils ne voulaient pas se plier à ses désirs. Ma mère étant inquisitrice, je n'ai eu d'autres choix que de prendre sa suite, de toute façon la magie coulait déjà en moi. Je suis normalement chargée de faire dire la vérité aux gens par le biais de mon pouvoir, pour cela il me suffit uniquement de les toucher, c'est un peu plus compliqué que cela mes les détails t'importent peu. Seulement je siège également au grand conseil, lequel, je dois arbitrer, mais l'étendue de mes activités ont augmenté, j'agis pleinement au sein de la résistance désormais. Je suis venue ici pour prévenir ton peuple, que Darken Rhal approche et que la dernière frontière tombera bientôt. »

Il était estomaqué par son discours. Ce n’était pas tant la majesté et la prestance qu’elle dégageait et qui à un autre temps, un autre lieu lui aurait imposé de poser ses lèvres contre les siennes avec passion. Mais c’était le sens même des mots qu’elle venait de prononcer qui le laissait pantois, son univers semblant sur le point de s’écrouler. Il avait l’impression de n’être qu’un géant au pied d’argile que le vent viendrait à faire déchoir de sa hauteur. Le vent, ou plutôt la tempête qui s’annonçait comme elle le prétendait. Il hocha négativement et vigoureusement la tête. La stupeur passée, elle faisait place à la volonté farouche de détromper les propos de la sorcière, ou de la mère inquisitrice comme elle se faisait appeler. « Jamais je ne laisserai la Frontière tomber. » murmura-t-il dans un souffle où l’on sentait poindre la menace et la gravité. « Jamais, Darken Rahl ne posera les pieds en Terre d’Ouest. » Il était sincère dans ses propos, d’une sincérité mortelle. « Je mourrai avant que cela n’arrive. » Il croyait dur comme fer à ses affirmations. Il combattrait jusqu’à son dernier souffle l’invasion et le joug de ses concitoyens. Peu importait que ces derniers le craignent. Peu importait que des hors-la-loi ne viennent le défier et ne tentent de ridiculiser les membres de sa guilde. Il combattrait pour eux jusqu’à la mort. Pour qu’ils vivent libres et heureux. Pour qu’elle ait un avenir radieux, fut-il sans lui. « Nous ne laisserons pas ça arriver. »

Il imaginait déjà la réaction de Diarmud quand il lui annoncerait la nouvelle. Ils n’allaient pas se laisser faire, non. Ils lutteraient jusqu’à leur dernier souffle. Ils avaient été entraînés pour ça. Leur destin était de mourir au combat. Aucun Garde-Frontière n’était mort de vieillesse ou de maladie. Tous avaient connu des destins funestes et guerriers. Aucun d’entre eux ne ferait exception. « Tout ce que nous avons pu vivre était bien réel Tiernàn, j'aurais aimé t'offrir plus, mais je ne pouvais pas. » Il se redressa et porta à nouveau son attention sur la jeune femme à ses côtés dont il sentait la chaleur irradier de son corps à son encontre. Il fut surpris de constater qu’il ne lui en voulait plus, comme si cette part de son passé avait été enterré. Façon de parler évidemment puisqu’à l’image de l’eau sous la glace, elle demeurait bien présente, bien ancrée dans son cœur et il craignait que nulle ne pourrait jamais l’en déloger. Pas même la mort ? Contre toute attente et surtout la sienne, il lui adressa un sourire. « Peut être. » commença-t-il dans un murmure avant de terminer, fataliste. « Peut être était-ce le seul chemin qui s’offrait à nous. » Il ne regrettait pas de l’avoir emprunter. Il aurait toutefois aimé savoir vers quoi celui-ci l’amènerait à la prochaine étape.

Un mouvement face à lui le prit au dépourvu. Depuis combien de temps le compagnon d’Elerinna était-il réveillé et les écoutait-il ? Tiernàn se racla la gorge avant de s’éloigner de son premier et grand amour. Qui était-il d’ailleurs ? Son protecteur ? Son ami ? Son amant ? Et lui qui était-il désormais pour elle ? Sa plus grande erreur ou celui qu’elle craignait ? Il posa son regard sur l’aube qui se levait par delà les arbres. Il se leva et jeta le reste de son eau sur le feu afin de l’éteindre. « Partons tant que les dangers dorment encore. » Ils avaient encore un long chemin à parcourir et au bout duquel se trouverait l’adieu.

Quelques heures plus tard, ils arrivaient au bout de ce long chemin. Au-delà des collines, on voyait les fumées des cheminées de Hartland laissaient présager un repas chaud et délicieux qui causait des grommellements d’extase de la part de l’estomac du Garde-frontière. Mais l’heure n’était pas au déjeuner. Il s’arrêta en plein milieu du chemin, juste au sortir de la forêt. Là s’arrêtait son voyage. Là divergeaient leurs chemins. Il attendit qu’Elerinna et son compagnon remarque son arrêt et donna un signe de tête vers le village en contrebas. « Par delà ces collines vous trouverez Hartland. Sans me tromper, je pense pouvoir affirmer que vous y arriverez sans encombre. Le chemin est sûr et la destination proche. Je me rends de ce côté. » Il donna un nouveau signe de tête sur sa gauche, là où se trouvait sa maison à quelques miles de là. Il avait hâte de la retrouver, et surtout sa douce épouse. Mais la séparation était difficile. « Monsieur. » salua-t-il le compagnon d’Elerinna qui lui répondit aussi froidement. Puis il se tourna vers la jeune femme et son regard s’adoucit. « Il me semble que c’est un adieu, une fois de plus. Retourne bien dans ton pays après avoir fait ici ce que tu devais faire. » Son regard se fit lointain, ne sachant sur quel pie danser avec elle. « Sans vouloir être rustre, j’espère que nos chemins ne se croiseront plus. » Une part de lui même désirait encore la revoir. Mais une autre souhaitait plus que tout autre que Terre d’Ouest et les pays magiques restent séparés à jamais. « Adieu. » Il la salua avant de se retourner et de partir vers la maison, loin du regard brûlant de celle qu’il n’avait pu et ne pourra jamais oublier.

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I can't escape this hell, so many times i've tried. But i'm still caged inside. Somebody get me through this nightmare. I can't control myself. So what if you can see the darkest side of me? - THREE DAY GRACE
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