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 Running up that hill [Tiernan]

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Saga Cousland

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♦ PSEUDONYME : Hell♦Highway
♦ COPYRIGHT : myself
♦ HUMEUR : Avec des hauts et des bas.
♦ CITATION : "Mieux vaut être violent lorsque la violence rempli notre coeur, que de revêtir le manteau de la non violence, pour dissimuler notre impuissance." GANDHI
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MessageSujet: Running up that hill [Tiernan]   Sam 24 Avr - 15:20


WICKED SIGN ; MATA

    Voir l'auberge disparaître dans le lointain n'avait pas été aussi simple que la jeune femme l'avait cru de prime abord. Lancer son cheval au grand galop aurait à coup sûr attiré l'attention, aussi Saga avait-elle préféré s'engager sur la route à un pas régulier qui lui avait malheureusement laissé le temps de voir le bâtiment s'éloigner progressivement. Tout ça ressemblait beaucoup trop à une rupture totale avec son ancienne vie, elle en était consciente mais s'arrêter pour un ultime aurait été encore plus suspect que filer comme une voleuse. Elle avait pris son parti de ne pas se retourner mais il lui avait été impossible de s'y résoudre complètement. Pourtant lorsqu'elle avait enfin trouvé le courage de se retourner sur sa selle, l'hostellerie n'était déjà plus qu'un petit point dans le lointain. Alors, seulement alors, elle avait poussé Antarès à forcer l'allure pour rejoindre les axes plus fréquentés. Les routes étaient depuis peu fréquentées par un nombre grandissant de réfugiés qui transportaient leurs maigres ressources par tous les moyens possibles et imaginables. Combien de familles avaient été séparées durant le chaos d'après la rupture de la frontière? Qu'allait-il arriver à présent? Saga était fatiguée de se poser la question mais chaque fois que son regard heurtait le blason d'haran sur le plastron d'un soldat, cette interrogation ressurgissait avec d'autant plus de forces. Elle repensa au domaine familial, à la vallée dans laquelle on cultivait les céréales et aux flancs des montagnes où paissait le bétail. Ses frères et elle n'avaient eu une formation que parce qu'ils l'avaient réclamé. On en voyait pas l'utilité en Terre d'Ouest à l'époque. Les Gardes-Frontières veillaient à la sécurité des gens et la famille Cousland disposait de quelques hommes d'armes amplement capables d'assurer la défense de la maison familiale et plus largement du petit village qui s'étendait au pied du manoir. Aujourd'hui, Terre d'Ouest se retrouvait projetée dans un monde auquel aucun de ses habitants n'était préparé. On parlait de garns, de fantômes et même de dragons. Toute chose reléguée au rang de contes à dormir debout. Sans parler des Spina ad Rosae qui semblaient prendre un malin plaisir à se faire juge et bourreau. Le monde avait-il irrévocablement sombré dans la folie?

    Elle se réveilla en sursaut ce matin-là, quelques jours après le début de sa fuite pour découvrir le paysage commun d'Hartland. Elle avait planté son campement à quelques mètres d'un point d'eau dans une petite vallée en bordure de forêt et avait passé une nuit tranquille sûre que le grand destrier veillerait sur son sommeil. Il se trouvait d'ailleurs à peu de distance, sa grande silhouette noire dominant le paysage, sa tête s'abaissant par intermittence lorsqu'il désirait arracher quelques brins d'herbes de la prairie qui les entourait. C'était un paysage paisible et on s'y sentait bien. Enfin, jusqu'à ce qu'on réalise que la rosée s'était impitoyablement frayée un chemin à travers votre couchage... Saga bondit sur ses pieds à la sensation désagréable de la froide humidité sur son délicat postérieur. Décidément, dame Nature n'était pas toujours des plus aimables. Elle mangea rapidement un morceau, rassembla ses affaires et leva le camp. Son départ aurait du être rapide mais elle rencontra rapidement un premier problème. Antarès, visiblement de bonne humeur, s'était mis dans la tête de la faire courir un moment avant de se laisser attraper. Réussissant finalement à l'attraper, elle le sella tout en lui faisant la leçon. Ce qui somme toute ne parut pas perturber outre mesure la bête qui se contenta de s'ébrouer joyeusement. Au moins l'un d'entre eux gardait le moral... Submergée une nouvelle fois par un flot d'amertume et de mélancolie, elle resta quelques minutes appuyée contre son destrier, les mains perdues dans la grande crinière noire, essayant de puiser un peu de cette énergie formidable qui paraissait filtrer en permanence de tout son être.


    "Nous y allons?" demanda-t-elle, finalement.

    Un ronflement qui se voulait approbateur lui parvint et elle enfourcha sa monture. Voilà bien une chose dont elle ne se lasserait jamais. Chevaucher et voyager avec Antarès, cette montagne de muscles et de courage. Elle connaissait bien ses habitudes maintenant et savait que le matin, il avait besoin de se défouler après toute une nuit d'inaction aussi la jeune femme ne vit-elle aucun inconvénient à le laisser prendre le galop. Ils franchirent la crête pour s'enfoncer dans la forêt à une allure d'enfer, faisant fi de toute discrétion sûre de ne croiser personne avant un moment. Elle se trompait car après quelques minutes sa monture s'immobilisa brutalement dans une embardée qui faillit la projeter à terre. Son cheval se mit à gratter le sol furieusement tournant sa belle tête vers la personne que sa cavalière n'avait pas encore aperçu.


    "Hé ho, y a quelqu'un?"demanda-t-elle, tout en ayant le sentiment d'être parfaitement ridicule.

    Il y avait fort à parier que la chose qu'Antarès avait détecté n'avait sans doute rien à voir avec un être humain. Elle dégaina son épée par mesure de précaution et raffermit sa pression sur les rênes.
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Tiernàn Sirfalas
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MessageSujet: Re: Running up that hill [Tiernan]   Mer 28 Avr - 15:32

Il leva le regard vers le soleil qui dardait ses rayons à travers l’imposante voûte végétal qui s’étendait au dessus de son visage. On devinait qu’il faisait jour à travers les branchages feuillus et lourds mais l’ombre et l’obscurité étaient seuls maîtres ici bas. Et avec elle, les créatures les plus dangereuses et vicieuses qui soient se jouaient des illusions d’optiques et du mysticisme qui semblaient s’être emparés plus encore des lieux après la chute de la Frontière. En silence, Tiernàn émit un petit persiflement désapprobateur. Il détestait ce qu’était devenue sa terre. Il détestait respirer cette odeur suintante et répugnante de magie qui s’insinuait dans chacun des pores des êtres vivants, dans les moindres failles de l’écorce d’un chêne millénaire, dans le battement d’un cœur, dans les couleurs chatoyantes d’un papillon. Tout avait changé. Même si la différence, loin d’être notable, était imperceptible pour la plupart des westpaliens. Mais l’ancien Garde-Frontière en avait une conscience aigue et aiguisé. Il avait affronté en combat tant de fois cette magie, il avait lutté contre son entrée en ces lieux purs et vierges qu’il savait mieux que quiconque ce qu’elle avait changé.

Il posa sa main sur le tronc torturé d’un saule. Il caressa longuement la texture jusqu’à trouver la faille, l’endroit précis où la blessure avait été opérée et où la sève coulait inéxorablement, tentant de réparer ce que les hommes avaient causés. Une fois qu’il l’eut trouvé, il la recueillit méthodiquement. Elle leur était utile pour les préserver, pour continuer de surivre en se terrant telles des ombres. Tel les messagers de la mort comme ils se faisaient passé doéranavent. Il avait conscience de l’ambiguïté dans laquelle se trouvait aujourd’hui son ordre. Il n’ignorait pas la haine viscérale qu’éprouvait à leur rencontre les envahisseurs, ni la terreur abyssale des colons à leur égard. Plus délicate était la position des westpaliens à leur égard. Certains voyaient en eux les messies qui les délivreraient de la domination Dharane ; d’autres ne voyaient en eux plus que des barbares et des tortionnaires avides de sang et de vengeance. Comment les en blâmer ? Pour sa part Tiernàn se rangeait en toute conscience dans la seconde catégorie. C’était ce qu’on récoltait lorsqu’on tuait l’âme de quelqu’un.

Alors qu’il refermait la fiole, il se redressa en entendant un bourdonnement particulieret inévitablement un frisson parcourut son échine à l’idée de la douleur et la souffrance qui se profilait à l’horizon. Avant que l’essaim de mouches ne parvienne jusqu’à lui, il recula prudemment et vascilla entre les branchages pour ne pas éveiller de soupçons, conjurant pour qu’un autre gibier n’attire ces insectes venus tout droit de l’enfer démoniaque. Ce qui fut chose faite. Un cerf servit de victime à sa place et le Spina l’observa et l’écouta hennir de douleur avant de partir dans une course folle, droit dans la gueule du loup. Il aurait pu rebrousser chemin et le laisser se faire massacré par la créature ailée. Seulement … seulement, un garn tait hautement dangereux et même s’il était seul et vraisembablement pas de taille à l’affronter, il se devait de le faire.

Se mettant en chasse et restant à une distance raisonnable, il ne prêta pas attention au chemin dangereux qu’il empruntait. Il connaissait cette forêt comme sa poche. Elle était son lieu de travail, elle était sa maison, son foyer désormais. Déboulant sur le chemin emprunté par les voyageurs de passage, il ne prêta guère d’attention au cavalier dont il avait coupé le chemin, comme l’avait fait le cerf et les mouches quelques instants avant. A peine lui accorda-t-il une fraction de seconde de son attention, vérifiant par la son potenciel de dangerosité. Le constatant seul, il lui grommela un vague : « Filez tant qu’il est temps. » avant de sortir son épée et de continuer sa course. Il n’eut pas à aller bien loin puisque le Garn à queue longue – fort heureusement – surgit peu après. Tiernàn se figea et déglutit. Mais résolu, il fit un pas en avant qui attira toute l’attention du redoutable prédateur. « Voyons voir ce que tu donnes avec un adversaire à ta hauteur. » lui adressa-t-il poliment avant de fondre sur ce dernier.

Il parvenait à éviter les crocs de l’animal mais les morsures des mouches, malgré sa large cape brune reconnaissable, étaient au-delà du supportable. Elles lui brouillaient la vue. Elles l’empêchaient progressivement de penser. Et rapidemment, ses sens et son cerveau eurent du mal à suivre le rythme effréné du combat qu’il avait lui-même engagé. Il viendrait à bout de l’animal démoniaque mais à quel prix. Soudain, les choses se facilitèrent sans qu’il en comprenne la raison. Les mouches étaient moins présentes, les attaques du Garn s’amenenuisaient. Ce n’est qu’en voyant la silhouette gracile d’un guerrier à ses côtés qu’il comprit. Se secouant et reprenant du poil de la bête, il reprit le combat avec acharnement.

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MessageSujet: Re: Running up that hill [Tiernan]   Dim 2 Mai - 10:36

Le silence répondit à la bravade de la jeune femme et elle resta quelques minutes plantée en plein milieu du chemin, l'épée au clair. Elle fixa le clair-obscur de la forêt un long moment avant de décider qu'elle n'avait rien à craindre et qu'elle pouvait ranger son arme en toute tranquillité. Posant les rênes sur l'avant de la selle, elle s'apprêtait à remettre la lame au fourreau lorsque Antarès fit une embardée qui manqua de la projeter à terre. Elle crut d'abord à un écart mais réalisa que quelque chose venait de les percuter et eut la surprise de voir un cerf caracolant en plein milieu de la voie. Elle crut d'abord à une démonstration de force de l'animal avant d'apercevoir un éclat d'angoisse et de souffrance dans les yeux de la bête qui repartir de plus belle dans la futaie. Saga en resta pétrifiée quelques minutes se demandant ce qui allait encore lui arriver. Depuis la chute de la Frontière, sa petite vie tranquille était sans arrêt remise en question. Que ce soit par les d'Harans ou par les horreurs qui dévoraient maintenant les gens.

Il sembla surgir de la forêt même comme si il avait appartenu à ce monde végétal où les jeux d'ombres et de lumières destabilisait le visiteur novice. Drapé dans une cape dont le tissu protecteur le dissimulait au regard, il traversa devant Antarès, provoquant un petit mouvement de panique inhabituel chez le grand destrier. Se cramponnant aux rênes et tentant de rester maîtresse de la situation, elle entendit distinctement l'étranger s'adresser à elle. Elle ne comprit pas tout de suite ce qu'il avait voulu lui dire, occupée qu'elle était à rassurer son cheval et à calmer sa nervosité manifeste puis une embardée de sa monture lui fit comprendre qu'il y avait autre chose. Ce n'était pas le guerrier, sans doute un ancien Garde Frontière qui s'était reconverti en chasseur de monstres qui avait inquiété Antarès mais une créature bien plus terrible. Un hennissement de douleur l'avertit que quelques chose s'attaquait à sa monture. Essayant de comprendre ce qui se passait elle mit pied à terre d'un mouvement souple. Observant l'animal, elle ne vit au premier abord rien qui put constituer un danger immédiat avant de ressentir une piqûre excessivement douloureuse sur la main. Étouffant un cri, elle tenta de se débarasser de ce qui l'agressait et frappa sur la blessure. La souffrance cessa immédiatement et lorsque Saga osa un regard, elle découvrit que son assaillant n'était rien de plus qu'une ridicule mouche à sang. Elle ne présageait malheureusement rien de bon...

La jeune femme avait entendu des histoires à propos de ces créatures qui avaient franchi la Frontière en même temps que les d'Harans. On racontait d'ailleurs qu'elles étaient une arme de plus dans leur oeuvre de destruction et que bientôt on ne compterait plus les massacres perpétrés par ses monstruosités. Et la personne qu'elle avait vu la dépasser fonçait droit sur l'une d'entre elles tout seul. Cette attitude était tout bonnement suicidaire mais elle était en définitive la seule valable qu'on ait laissé aux habitants de Terre d'Ouest. Saga sortit sa propre épée et regardant son cheval, décida qu'il se débrouillerait tout seul pour se débarasser de la mouche à sang. Si le Garn ne rencontrait pas un trépas prématuré, cet insecte serait bientôt le cadet de leur soucis. Donnant une tape d'encouragement à Antarès, elle s'enfonça dans les bois à la suite de l'étranger.

Le trouver ne fut pas bien difficile. Le nombre de mouches augmentait à mesure que les bruits du combat se faisaient entendre plus nettement. Bientôt progresser fut une gageure et la jeune femme remercia sa longue chevelure qui mettait sa nuque relativement à l'abri des attaques des insectes. Le garn, une créature musculeuse et proprement terrifiante. Mais elle n'avait pas encore remarqué la présence de Saga, occupée qu'elle était à assaillir l'homme. La jeune femme prit une grande inspiration et raffermit sa main sur la poignée de son épée courbe. Et entra dans la danse. Ne sachant pas où frapper la créature et n'étant même pas sûre que cette dernière ait un point faible, elle se contenta de grands moulinets dont elle savait qu'ils avaient au moins le mérite de chasser les mouches et de distraire leur ennemi. À côté d'elle, le guerrier sembla reprendre du courage et elle remarqua que la bête perdait du terrain pied à pied. Ainsi donc, les garns craignaient la mort eux aussi. Dominant le bourdonnement des mouches, elle hurla à l'adresse de son compagnon d'infortune "Je vous suggère qu'on en finisse vite!" et plongea en avant en direction du garn pour le pousser à la faute. Elle espéra qu'elle ne trébucherait pas et que la créature ne les prendrait pas de vitesse. Et lança sa lame devant elle presque en aveugle.
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Tiernàn Sirfalas
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MessageSujet: Re: Running up that hill [Tiernan]   Sam 12 Juin - 22:15

Cela faisait un petit bout de temps que Tiernàn n’était entré en contact avec une créature démoniaque. Ces derniers temps, les adversaires qui tâtaient de son épée étaient plus souvent des êtres humains ou des animaux. Mais il était devenu plus rare pour l’ancien Garde-Frontière de lutter ce contre quoi il avait subi un entraînement difficile et sans retour possible. Il n’aurait su dire si le léger frémissement qu’il sentait dans son cœur s’apparentait à une de ces émotions humaines sur laquelle il avait porté son deuil depuis la Chute du pays. Mais une chose était sûre : cela titillait quelque chose très loin dans sa mémoire et les mécanismes rouillés reprenaient peu à peu leur place. Trop lentement toutefois, vu la situation inconfortable dans laquelle il se trouvait. Il n’aurait peut être pas dû s’immiscer dedans et laisser la créature s’attaquer à un de ces nouveaux colons dont la simple évocation lui apportait une nausée sans nom. Un simple furtif coup d’œil sur le cerf qui en profitait pour prendre la poudre d’escampette lui confirma ce qu’il pensait : autant pour les remerciements. Il poussa un profond soupir et se concentra à nouveau dans la lutte qu’il se sentait en train de perdre. Etrangement, cela ne le touchait pas davantage de savoir sa mort proche. On ne craignait pas la mort quand on l’appelait de tous ses vœux.

Toutefois, les mouches autour de lui commencèrent à s’éloigner à son plus grand étonnement. Il comprit quelques instants plus tard qu’elles se répartissaient sur une autre cible, un malheureux qui était venu lui prêter main forte. Il supposa que c’était l’individu qu’il avait croisé en chemin, soulagé que ce ne soit un soldat de Rahl selon ses souvenirs confus d’alors. Il perçut sa voix par-dessus le torrent des ailes et vacilla légèrement en reconnaissant un ton plus aigu pour être celui d’un homme. Il ne lui répondit pas, se contentant d’asséner des coups plus forts au garn tandis que les mouches, sentant l’issue inéluctable, redoublaient leurs attaques d’intensité douloureuse. Finalement et au prix d’une grande souffrance physique qui lui avait presque anesthésié son esprit, le garn expira son dernier souffle. Dans le même mouvement, toutes les mouches tombèrent comme frappées par une mort aussi fulgurante qu’inattendu, tel le tonnerre une chaude soirée d’été.

Il se secoua et épousseta sa cape recouverte de cadavres de mouches, grimaçant furieusement en posant ses doigts sur les blessures profondes de son visage. Finalement, il posa son regard sur le nouvel arrivant en lui adressant un sourire avant de murmurer un « merci » froid. En détaillant la silhouette, il eut la confirmation de sa première pensée : il s’agit bien d’une femme. Et au vu de son accoutrement ainsi que de sa façon de se battre, elle faisait partie des Guerriers. L’entente n’avait jamais été maximale entre ce groupe et celui des Gardes-Frontières. On aurait pu penser avec la chute de la Frontière, cela aurait apaisé les tensions entre ces deux catégories. Mais les habitudes avaient la vie dure, d’autant plus que les Spina avaient sombré de l’autre côté. Un côté pratiquement plus sombre que l’envahisseur. Ce n’était pas pour améliorer les relations.

Mais des querelles de supériorité et d’enseignements, Tiernàn n’avait cure. Il s’approcha de la jeune femme et retira son gant afin de lui serrer la main en guise de salut : « Tiernàn. » Peut être était-elle une de ces Guerriers acquis à la cause de Darken pour garder sa position, futilement. Ou peut être pas. Il s’en fichait. Il se fichait de jeter à la face du monde son appartenance au terrible ordre des Spina. Il se fichait de tout. « Il est rare de vous voir sans vos acolytes. » Contrairement aux Gardes-Frontières, les Guerriers n’étaient pas solitaires. D’une certaine manière, ils avaient raison : l’union faisait la force et le garn venait de le démontrer. Seul, Tiernàn n’en serait certainement pas venu à bout.

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MessageSujet: Re: Running up that hill [Tiernan]   Dim 13 Juin - 0:18

Elle cria en plongeant vers le monstre pour inciter l'homme à attaquer à son tour et distraire le garn. Elle cria lorsqu'elle perdit l'équilibre et qu'elle effectua un magnifique roulé boulé au pied de leur adversaire. La chose eut le mérite de le distraire, pour sûr et Saga sut qu'elle avait son attention pleine et entière à la minute où elle vit une griffe passer à quelques millimètres de son visage. Se dépêtrant tant bien que mal de sa cape, elle dégagea son épée sur le côté et assénant un coup de pied dans le "genou" de la créature, se recula précipitamment. Les mouches se ruèrent de plus belle et les plaies qui s'étaient ouvertes sur son visage, se transformèrent en brûlûres quasiment intenables. Pourtant il fallait tenir. Elle et l'inconnu se trouvaient face à une bête affamée qui ne leur laisserait pas le moindre répit. À lui seul, un garn valait bien un bataillon d'harans. L'envie de prendre ses jambes à son cou ne la quittait plus désormais. Elle se resaissit et attrapant son épée, donna un coup de tranchant sur la main qui se tendait vers elle avide de l'égorger. Elle se redressa finalement. Elle avait trop fui ses derniers jours et de guerrière elle était en train de se changer en proie. Chose qu'il fallait à tout prix éviter. Elle espéra qu'Antarès saurait la retrouver ou qu'il n'était pas parti trop loin. Les mouches étaient si nombreuses autour d'elle qu'un mouvement de son épée arrivait à en tuer certaines. De son côté, l'homme semblait avoir trouvé le point faible dans la garde du prédateur et d'un mouvement souple mit fin à sa vie de meurtres. Le garn s'écroula avec un gargouillis ignoble, son sang noir se répandant autour de lui. Devant une telle horreur, la jeune femme s'attendait presque à voir l'herbe se mettre à fumer et à mourir. Mais rien ne vint. La créature n'était rien de plus qu'un animal. Peu importait son apparente puissante, elle n'avait rien de magique. On lui avait raconté trop d'histoires à propos des bêtes qui vivaient près de la frontière. Elle respira un grand coup, réalisant que les insectes avaient accompagné leur maître dans la mort. Jamais sans doute, elle n'apprécierait autant de retrouver le silence de la forêt.

L'inconnu se débarassa des cadavres de mouches à sang qui encombraient sa cape et vérifia à son tour les dégâts infligés. Saga pensa à ce à quoi devait ressembler son propre visage et ne put s'empêcher de frissonner en rivant les yeux sur ses mains ensanglantées. Encore avait-elle moins souffert que lui... Il finit par murmurer un merci d'un ton égal, comme si lui parler le répugnait profondément. Ou peut-être le simple fait de parler était-il douloureux. Saga n'en savait rien et n'avait pas envie de se livrer à des conjectures. Passant une main dans ses cheveux, elle eut la désagréable suprise d'y trouver un certain nombre de parasites piégés... Charmant. Cela dit, ce n'était ni l'heure, ni le lieu pour jouer les demoiselles aussi s'abstint de montrer une quelconque révulsion. L'homme finit par s'avancer pour se présenter et la guerrière ne se fit pas prier pour serrer cette main tendue. La première depuis un moment. Il lui fit une remarque sur le fait qu'elle se baladait seule. Sans ses acolytes. Certain qu'avec son accoutrement il n'était pas difficile de comprendre qu'elle avait appartenu à l'armée des Contrées du Milieu.


"Je suis Saga. Quant à mes acolytes, je présume qu'ils se trouvent à six pieds sous terre, au moment où nous parlons. J'ai pris la fuite quand la Frontière a cédé. J'ai eu un petit différent avec des d'Harans et j'ai décidé de visiter notre beau pays."

Et ce qui avait suivi l'invasion lui avait prouvé qu'elle avait eu raison. Les rumeurs des massacres avaient fait long feu. Peu importait la façon dont il la jugerait pour avoir déserté et être partie sans regret. Elle était en vie et capable d'agir. Ce qui n'était pas le cas de bataillons entiers d'hommes et de femmes de valeur qui n'avaient pas eu l'intelligence de reconnaître que face à une armée de magiciens et de soldats de formation, ils n'avaient aucune chance. Il était probable que le dénommé Tiernàn apprécie moyennement d'avoir affaire à une fuyarde mais avant l'incident de l'auberge, elle avait déjà eu affaire à des gens qui n'avaient pas supporté d'entendre la vérité. Les crachats et les jets de pierre, elle pouvait les supporter. Tout ce qu'elle espérait c'était ne pas prendre une lame dans le dos. Elle entendit un hennissement fort semblable à une trompette venir des fourrés et vit bientôt apparaître son cheval. Se tournant vers son interlocuteur, certaine qu'elle aurait bientôt la réponse à son interrogation.

"Et vous, Tiernàn? Qu'est-ce qui vous amène dans le coin? Une petite envie de manger du gibier? De prendre l'air? Dans un cas comme dans l'autre, je crains que notre ami ici présent ait ruiné vos projets."


Elle effleura du pied la charogne puante en se disant que l'odeur de la mort commençait à envahir l'endroit mais qu'il était probable qu'aucun animal ne se risque à prendre une bouchée de cette viande-là...
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Tiernàn Sirfalas
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MessageSujet: Re: Running up that hill [Tiernan]   Dim 20 Juin - 16:23

Tiernàn ne put réprimer un léger sourire lorsque la jeune femme lui répondit. Ainsi, ce qu’ils avaient entendu dans les villages environnants était vrai. Les guerriers avaient également payé leur lourd tribut à l’envahisseur en respectant leur devoir. S’il n’était pas déjà mort et incapable d’émotion à l’intérieur de lui, il en aurait été sans doute heureux. Il aurait dû l’être en constatant que tout le monde ne s’était pas soumis aux armées D’haran. Bien sûr, il y avait sans eu des traîtres, comme il existait aujourd’hui des collaborateurs et des délateurs. Mais à l’instar des anciens Garde-Frontière, les guerriers avaient lutté. Il fut néanmoins soulagé de ne pas avoir à tuer celle qui venait de lui venir en aide. Evidemment, elle ne possédait pas une once de magie en elle mais si par malheur, elle avait été sympathisante de l’envahisseur, il n’aurait pas hésité à l’occire, aussi précieuse eut été son aide et aussi douloureux était son corps après cette lutte sans merci.

« Vous m’en voyez navré pour vos compagnons. » répondit-il d’un ton égal, laissant supposer qu’il n’y accordait en réalité pas la moindre importance. C’était vrai d’une certaine manière en ce que son corps avait également beaucoup perdu de ses membres les plus habiles. C’était faux en ce que constater une défaite aussi cuisante non seulement des Garde-Frontière mais également de l’ensemble du peuple de Terre d’Ouest était douloureux. « On ne vous a pas dit que les routes étaient dangereuses ? » Il posa à nouveau son regard sur elle et l’évalua. Elle était grande et semblait musclée sous une silhouette fluide et gracile. Bien loin de l’idée qu’il pouvait avoir des guerriers. Sa poigne était cependant ferme et de ce qu’il avait pu remarquer dans le flou de la bataille qu’ils avaient mené côte à côte, ses coups étaient précis. Elle devait être une bonne guerrière, d’autant plus si ses compagnons d’armes étaient tombés. A moins qu’elle n’ait fui.

Il jeta un regard alentours mais la forêt reprenait peu à peu vie, comme si les animaux s’étaient enfuis et n’étaient revenus qu’une fois assurés que le danger était passé. Le jeune homme remit en place sa capuche brune et lui adressa un léger sourire avant de s’éloigner de la carcasse fumante et ragoûtante de la créature démoniaque. « Vous pourriez tomber sur un escadron de l’envahisseur ou des collaborateurs. Il y en a beaucoup dans cette région. » Et pour cause ! Darken Rahl n’appréciait que modérément la résistance des Contrées du Milieu mais ne semblait pas la craindre ou leur en vouloir. Après tout, il comprenait sûrement leur comportement. Par contre, Tiernàn avait ouï dire par des sympathisants qu’il n’appréciait tout simplement pas du tout les agissements des Capes Brunes comme on surnommait les Spina au-delà de ce qu’il restait de la Frontière. La réciproque était vraie.

Il se tourna vers les bruits produits dans les fourrées et c’est avec une relative indifférence qu’il vit arriver le cheval de la jeune femme. Il l’observa sans mot dire s’approcher de sa maîtresse et entreprit de fouiller dans son propre sac pour trouver d’éventuels onguents capables de guérir ses purulentes blessures avant qu’elles ne s’infectent. Il ricana légèrement face aux propositions que posa Saga sur sa présence dans les environs. Avait-elle vécu dans une grotte depuis l’invasion pour ignorer qu’il s’agissait du territoire de rayonnement des Spina ? Mais plutôt que de parfaire sa culture post-invasion, Tiernàn prit le parti de laconisme : « Mon boulot. » C’était la plus simple et pure vérité d’une certaine manière. Mais ce n’était plus un travail comme garder la Frontière avait pu l’être, c’était une manière d’expier ses fautes, une vocation de punir ceux qui le méritait et surtout un moyen plus rapide de retourner en enfer, enfer qu’il avait entraperçu à l’issue de la bataille.

Las, il constata que son pot d’onguent était vide. Il jeta un nouveau coup d’œil dans les environs pour le poser sur une plante grasse qui poussait en nombre conséquent sur le côté droit de la clairière. Ca fera l’affaire. Il s’en approcha et en arracha les feuilles sans grande pitié. Il en profita également pour attraper quelques morceaux de bois afin de construire un foyer. La nuit allait tomber trop vite pour qu’il puisse rejoindre la grotte ou la cabane d’Eyöll, sympathisant des Spina et médecin à ses heures perdues. « Si vous continuez le chemin sur lequel vous étiez, vous arriverez à un village. Les habitants sont des westpaliens mais méfiez vous de l’auberge. Elle est tenue par un collaborateur. » Il frappa ses deux pierres de feu afin de donner l’impulsion au foyer. « Vous n’y arriverez toutefois pas avant demain matin. Je vous conseille de rester ici. La nuit ne va pas tarder et vu l’odeur pestilentielle que dégage notre défunt ami, c’est l’endroit le plus sûr de la forêt. »

Il lui adressa un nouveau sourire et récupéra de quoi faire de nouveau de l’onguent qu’il entreprit. « D’où venez-vous ? » Il était curieux de savoir ce qu’était devenu le pays depuis l’invasion. Contrairement à ses camarades, il évitait tant que possible les villes et villages, incapable de faire face à nouveaux aux civils. Il avait failli à sa mission. Pis, eux étaient en vie quand Anuun ne l’était plus.

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