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 Si tu ressuscites un grain de granit [A.]

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Nimüe Deldúwath
VEUVE NOIRE • sous mon masque de fer, des larmes qui lacèrent.
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♦ PSEUDONYME : Doomie d'amour.
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♦ CITATION : Le poison dont meurt une nature plus faible est un fortifiant pour le fort. - F.NIETZSCHE.
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MessageSujet: Si tu ressuscites un grain de granit [A.]   Dim 21 Mar - 15:18



Elle avait obtenu le précieux élixir. Ce nouveau poison lent et implacable venant directement du royaume des morts. L’obtenir avait été une des choses les plus aisés. Les simples soldats étaient décidément prêts à toutes les folies pour parvenir à séduire une dame de sa qualité dont la réputation sulfureuse approfondissait plus encore la fascination et l’attirance qu’ils pouvaient ressentir. Elle s’était contentée de sourire et de murmurer de telles folies dans leurs oreilles enfiévrées. Lochlyn n’avait eu qu’à les accompagner et récupérer le suc mortel de leurs mains décharnées. Et nulle promesse n’avait eu pour conséquence de se réaliser. Mais voilà que cela faisait deux semaines à peine qu’elle possédait l’objet convoité. Et jusqu’à présent, elle n’était arrivée à aucun résultat. Les nuits blanches qu’elle passait autrefois dans les bras de ses amants occasionnels étaient désormais consacrées à la recherche du contrepoison, celui qui lui permettrait d’asseoir son influence auprès de Darken Rahl. Le fait qu’elle devait la créer en administrant le poison au préalable ne l’inquiétait pas plus que ça. Administrer des poisons se révélait toujours la partie la plus facile des plans machiavélique qu’elle était capable de mettre en place. Trouver l’antidote par contre demandait réflexion et recherches, tentatives ratées et échec cuisant. L’attente, la recherche était par ailleurs la partie la plus intéressante également. Rahl était bien placé pour le savoir.

La Comtesse de Ciàlmy poussa un soupir lorsqu’elle sortit dans les jardins du Palais du Peuple, loin de la populace et des cris des marchands. L’endroit aurait pu être paisible et harmonieux si le ciel lourd et gris n’était couvert de nuages menaçants et habituels et si les montagnes noires ne se dressaient pas telles des ombres malveillantes. Voilà des mois que Rahl avait réussi là où son illustre père avait échoué. Il avait totalement soumis les Contrées du Milieu, malgré une Résistance toujours debout et vaillante mais dont les attaques se résumaient à des piqûres de moustique. La conquête de Terre d’Ouest avait été quelque peu ardue. Le peuple considéré ne s’était pas laissé séduire les par les belles paroles et la physionomie agréable du nouveau maître du monde. Toujours est-il que la colonisation avait débuté et ouvraient de belles promesses pour quiconque désirait aller à l’aventure. L’aventure n’était toutefois pas du goût de Nimüe. Un filet de sécurité, un plan bien amorcé. C’était le minimum vital pour cette dernière. Et ce plan lui incombait de rester dans les environs de Darken. Faire en sorte de toujours rester dans son champ de vision. Fidèle parmi les fidèles. Du moins en apparence …

Son regard se posa sur la silhouette imposante de ce dernier. Il se trouvait à quelques mètres devant elle. Il s’entretenait avec Caligula, son prophète. Entourés de ses Mord-Sith qui veillaient à sa protection. De quoi avait-il donc si peur dans son propre fief ? La paranoïa n’apportait en général rien de bon mais il n’avait peut être pas si tort. La seule erreur qu’il avait commise en ce domaine était le choix de ses protecteurs. Protectrices en l’occurrence. Si Nimüe détestait la magie et exécrait ses détenteurs, sa haine avait nulle autre égale que celle qu’elle éprouvait à l’encontre des silhouettes longilignes et ourlées de cuir des Mord-Sith. La réaction qu’elle avait en distinguant l’une d’entre elle au loin ou leur nom prononcé était inévitable. Un rictus discret de dégoût et de mépris mêlés. Elle n’aurait su dire quelle était la raison de ce sentiment négatif à leur égard. Elle ne pouvait lutter contre. Il était aussi présent que l’air dans ses poumons ou les battements de son cœur. Il existait des évidences qui n’avaient pas besoin de cause.

Elles avaient des points en commun pourtant et elles auraient sans doute pu trouver des terrains d’entente. Elles étaient orphelines, ayant perdu leur parent, les ayant mené à la mort. Elles n’avaient pas eu une enfance facile, enfermées dans des cachots sombres et malodorants, avec pour seule compagnie les rats adversaires de leur chair tendre d’enfant innocent. Elles avaient le goût du sang entre leurs lèvres charnues et ne vivaient que pour causer douleur et désespoir. Elles s’estimaient supérieures à tout être vivant. Et pourtant, Nimüe ne pouvait les souffrir. Elles représentaient un aspect de la figure féminine aussi désagréable que les frivolités des dames de la cour, que la figure maternelle et altruiste des Inquisitrice et que le mysticisme poussé à l’extrême des voyantes. Contrairement à la Comtesse, elle ne savait autrement se défendre qu’avec la magie alors même qu’elles se retrouvées immunisées contre cette dernière. Et en parlant du loup …

Parmi toutes les Mord-Sith attachées à Darken, il y en avait une précise que Nimüe ne supportait pas. Et la réciproque était par ailleurs vraie. Contrairement à la plupart de tous les habitants du Nouveau Monde connaissant leur existence et de tous ceux dotés d’un minimum de raison et de conscience, Nimüe ne la craignait pas et ne lui accordait pas le moindre respect malgré la présence dangereuse de l’Agiel. « C’est tout de même désolant votre manque total d’originalité et de créativité que possède votre ordre. » Elle se retourna totalement vers elle et la détailla de bas en haut, son regard s’arrêtant inexorablement sur l’Agiel. « Et compter sur la magie pour compter la magie est d’un pathétisme flagrant. » Elle poussa un profond soupir. « J’ai réellement hâte que le Seigneur Rhal ne dissoute enfin votre ordre. » ajouta-t-elle dans un sourire hypocrite.

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MessageSujet: Re: Si tu ressuscites un grain de granit [A.]   Mar 23 Mar - 11:05

Alandrëa l’avait vu s’avancer de loin. Telle la vipère se faufilant au milieu de l’herbe haute, le Serpent de la Cour D’Harane se faufilait au milieu des fidèles sujets qui suivaient le Seigneur Rahl partout dans le Palais du Peuple, lorsque ce dernier était en promenade. Ainsi donc, Alandrëa ne fut nullement surprise lorsque Nimüe atteignit enfin le premier rang des spectateurs venus admirer le Grand Maître Rahl qui s’entretenait présentement avec Caligula, le prophète de la Cour.

Qu’espéraient-ils donc, tous autant qu’ils étaient, réunis tel un troupeau de chiens attendant le gentil nonos que leur Maître serait disposé – ou non – à leur donner ? C’était d’un pathétique. Et quoi de plus pathétique que cette femme, si hautaine dans sa robe d’un goût fort critiquable.

Ne l’ayant que rapidement observé du coin de l’œil – non par envie, mais par obligation, des fois qu’elle soit une menace –, Alandrëa avait retenu un haut-le-corps en la voyant approcher. Cette femme avait de quoi donner la nausée. Elle se prenait largement pour une Mord-Sith, pourtant, elle était loin de posséder toutes les qualités pour appartenir à cette grande famille que formaient les Sœurs de l’Agiel.

C’était d’ailleurs, à son avis, la raison de la rancœur qu’éprouvait la jeune femme à l’égard des Sœurs de l’Agiel. Après tout, cela sautait aux yeux que la jeune femme se donnait du mal pour plaire au Maître Rahl, alors que les Mord-Sith n'avaient rien à faire pour rejoindre la couche de leur Seigneur. Le désir de Nimüe avait peut-être échappé aux yeux des autres, mais pas à ceux d’Alandrëa. Et un tel comportement de la part de Nimüe ne faisait qu’augmenter le pathétisme de cette pauvre orpheline.

Ayant décidé que la distance séparant le Seigneur Rahl de la vipère était raisonnable, Alandrëa ne se donna pas la peine de s’encombrer l’esprit plus que nécessaire de pensées concernant cette femme. Moins elle pensait à elle, plus elle avait le plaisir de remplir sa mission de garde-du-corps, en recherchant une éventuelle réelle menace. Mais au coeur même du Palais du Peuple, une telle menace ne pouvait exister. Ou du moins, ne devrait pas exister.

Hélas, Nimüe ne semblait pas en avoir décidé ainsi. Plus près de la Mord-Sith que du Seigneur Rahl, Alandrëa n’avait pas pensé une seule seconde que la vipère en viendrait à s’adresser à elle. Et que le Créateur lui vienne en aide, Nimüe était d’humeur volubile aujourd’hui. Ce n'était pas le Seigneur Rahl qui était en danger, mais la santé mentale de sa pauvre garde-du-corps.

Faisant claquer sa langue venimeuse, la jeune femme fit remarquer à Alandrëa que c’était tout de même désolant le manque cruel d’originalité et de créativité dont faisait preuve les Sœurs de l’Agiel.

Se gardant de sourire ou de témoigner à Nimüe la moindre attention, Alandrëa lui répondit dans sa tête :

« Pourquoi donc ? Est-ce la tenue qui vous dérange ? Le Maître Rahl trouve que le cuir rouge nous sied à ravir. Il ne cesse de nous en faire la remarque chaque fois que nous venons le border, ou que nous venons réchauffer les couvertures de son lit. Oh, mais j’oubliais, vous n’êtes jamais parvenue à passer les portes de sa chambre. Comme c’est dommage. »

Mais gardant le silence, Alandrëa ne partagea pas sa cinglante réplique avec la vipère. Après tout, sa mère lui avait souvent fait la remarque étant jeune. Ne joue pas avec les serpents, de peur qu’ils ne te mordent. A l’époque, Alandrëa avait suivi ce conseil à la lettre, en bonne fifille à sa mémère qu’elle était. Mais à présent, elle n’avait de compte à rendre à personne, hormis au Seigneur Rahl. Mais ce dernier ne lui avait jamais clairement ordonné de ne pas s’approcher de Dame Deldùwath – alors qu’il avait expressément demandé aux Mord-Sith de ne pas s’en prendre aux gardes, à moins que cela ne soit nécessaire.

Il n’en avait donc que faire de cette femme qui le suivait comme son ombre. D’ailleurs, avait-il seulement remarqué cette femme, au milieu de tout ce ramassis de quémandeurs qui frétillaient tous de la queue, en quête d’un signe de la part de leur Maître ? Alandrëa ne pouvait répondre à cette question. Idéalisant le Petit Père Rahl, elle supposait que oui. Et dans ce cas, elle admirait l’intelligence du Maître Rahl de ne pas laisser une telle femme s’approcher plus près de lui.

Ramenée à la réalité par la vipère qui persiflait toujours à mi-voix – pour que seule Alandrëa puisse l’entendre –, la Mord-Sith entendit la jeune femme dire que compter sur la magie pour contrer la magie était d’un pathétisme flagrant. Poussant un profond soupir imité à la perfection, elle ajouta vivement qu’elle avait hâte de voir l’ordre des Sœurs de l’Agiel dissous.

N’y tenant plus, Alandrëa roula des yeux vers son interlocutrice, son mystérieux sourire – mi-sadique, mi-amusé – sur les lèvres. Plongeant son regard noir dans les yeux avides du Seigneur Rahl de Nimüe, Alandrëa laissa passer quelques secondes avant de répondre :

- Ma très chère Dame Deldùwath, si vous espérez toujours vous attirer les grâces de mon bien-aimé Seigneur, il faudrait peut-être que vous envisagiez de revoir vos classiques. Les Mord-Sith ne sont nullement la magie qui affronte la magie. Seul le Petit Père Rahl occupe cette fonction. Au même titre que les valeureux guerriers D’Harans, nous sommes l’acier qui affronte l’acier.

Marquant une pause, Alandrëa ajouta – son regard s’écartant de son interlocutrice pour marquer le fait qu’elle lui faisait simplement part, de façon mesquine certes, d’une opinion personnelle :

- Une femme de votre acabit devrait savoir de telles choses. Même les enfants qui vivent au Palais du Peuple savent ces choses-ci. Et d’ailleurs, précisa Alandrëa en croisant à nouveau le regard de Nimüe, le Seigneur Rahl n’oublie jamais de féliciter un enfant qui sait exactement quelle place occupe chaque personne vivant dans ce palais. Je suis persuadée que si vous questionniez un enfant sur la place qu’occupe une vipère à la Cour, il vous répondrait que votre place se trouve aux cachots.

Elargissant son sourire, Alandrëa quitta des yeux Nimüe pour balayer la foule du regard, comme elle était supposée le faire en bonne garde-du-corps qu’elle était.
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MessageSujet: Re: Si tu ressuscites un grain de granit [A.]   Dim 4 Avr - 17:06

Elles n’avaient beau n’être que des poupées désarticulées se ressemblant toutes plus les unes que les autres, Alandrëa était clairement celle qui insupportait le plus Nimüe. La raison était vague et inconnue mais la jeune femme avait toujours su qu’il existait des éléments chimiques qui empêchaient deux personnes de supporter la présence de l’autre sans ne ressentir de violentes pulsions. En l’occurrence, se retrouver en sa présence l’agaçait toujours au plus haut point, la démangeant de ne verser dans son eau un quelconque poison douloureux ou de ne verser une poudre dont elle seule avait le secret dans la surface lisse et brillante de cuir rouge de son uniforme. Elle s’en était toujours abstenue par un miracle dont elle ignorait l’origine. Et elle avait le délicat pressentiment que les émotions que la Mord-Sith développait à son égard se retrouvaient du même acabit. Elle émit un léger rire face aux remarques de cette dernière. Imaginer le seigneur Rahl se faire border par celles que tous les habitants de D’Hara craignaient était vraisemblablement plutôt amusant à imaginer. Un peu contre nature et bien loin de la réalité, elle ne le savait que trop bien. Ce qui se passait dans la chambre de Rahl entre lui et ses gardes du corps ne sortaient de la chambre qu’à travers des rumeurs murmurées à l’ombre de la confession. Il aimait les femmes de poigne et de pouvoir. Si on pouvait nommer encore de femmes ces créatures dures et sans une once d’humanité. Même Nimüe en avait plus qu’elles, c’était dire.

« Et comme toujours, Mord-Sith, vous ne vous accordez que trop d’importance. » soupira Nimüe tandis que sa main dérivait vers les ronces des roses des ténèbres qui ornaient les jardins du Palais. Elle ne s’abaissait pas à prononcer son nom, quant bien même le connaissait-elle que trop bien. Elle était un soldat sans visage et sans nom, un numéro de plus comme tous les autres quoi qu’elle puisse en penser. Toutefois, elle se tourna pour se retrouver face à elle et la détailla avec toute sa hauteur et son mépris de Comtesse. Elle lui était supérieure et elle le lui faisait savoir. Non seulement au rang de l’étiquette de la Cour dont elle ne se formalisait pas elle-même mais également au niveau de la part sombre qu’elle avait en elle et du parfum sulfureux de mort qui l’entourait. C’était relativement divertissant de constater qu’Alandrëa, à défaut de ne pas l’avoir remarqué dans le sillage de Darken comme la plupart des courtisans trop occupés à s’observer le nombril, était toutefois tombé dans le panneau de la veuve aspirant à conduire le seigneur suprême dans ses draps de soie. L’idée ne lui aurait pas déplu certes mais elle n’ignorait pas, contrairement à toutes les maîtresses de Darken, qu’une fois que la femme avait ouvert les cuisses, l’intérêt s’estompait. Conquérir, n’était pas se rendre.

« L’acier, contre l’acier … » répéta-t-elle dans un murmure pensif. Elle pencha légèrement la tête avant de poser son regard sur l’Agiel et de lui procure rune petite moue dubitative avant de hocher négativement la tête. « L’acier contre l’acier ne fonctionne qu’à armes égales, Mord-Sith. Comment pouvez-vous mentir aussi effrontément ? Les guerriers et les résistants luttent acier contre acier. Les magiciens luttent magie contre magie. Les Mord-Sith, quant à elles … s’attaquent à plus faibles qu’elles, Agiel contre main nue. » Elle poussa un profond soupir et observa un papillon venir se poster près de la rose avec laquelle elle était en train de jouer. Il s’approcha du cœur de cette dernière et entreprit sans doute de la butiner. Il était rare que de si délicats insectes s’aventurent en ces lieux. Elle l’observa sortir sa longue trompe et retirer le suc de la fleur. Il battit furieusement des ailes avant de s’effondrer au sol. Et pour cause. Ne jamais se fier à l’apparence. « Je pourrai saluer la performance, si elle n’était pas aussi peu subtile. » Après tout, elle aussi n’attaquait pas à armes égales. Du moins, c’est ce qu’on pourrait le lui reprocher derrière le manteau. Mais la vérité était qu’elle agissait de manière égale. La nature contre la nature. Aucune magie, aucun complexe d’alchimie.

Alandrëa aurait pu la déstabiliser. Elle n’avait pas eu la chance d’avoir une enfance heureuse et normale contrairement à l’ensemble des personnes qu’elle fréquentait. Elle n’en avait pas eu du tout. Elle avait connu les cachots plus tôt que n’importe quelle Mord-Sith juvénile et malgré son manque d’éducation, elle avait comblé les trous. « Une magie qui annihile la magie demeure de la magie. Vous devriez le savoir pourtant. Vous le saurez quand vous rencontrerez cette enfant dont on parle. Celle à l’égard de laquelle la magie ne fonctionne pas. Du moins c’est ce que dit la légende. Votre mère ne vous la racontait-elle pas en vous bordant ? » Elle s’arrêta en plein milieu de sa phrase avant de se rendre compte de sa bêtise en plaquant sa main sur ses lèvres d’un air désolé. « Oh, j’avais oublié que vous l’aviez perdu il y a de cela bien longtemps. » Elle passa la main sur les plis de sa robe soyeuse et précieuse avant de poursuivre d’un ton badin : « A-t-elle été tuée au début de votre entraînement par vos sœurs ? Ou bien par vous-mêmes afin de le parachever ? » Elle haussa les épaules. Oui, elle aurait pu la déstabiliser. Mais ce n’était pas le cas. Les cachots ne lui faisaient pas peur. Les cachots étaient un peu sa maison d’enfance. Oui, la Comtesse était une figure singulière au sein de la Cour, et pourtant, elle était semblable à la plupart de ceux qui s’y trouvaient.

« Un petit conseil toutefois, Mord-sith. Sachez que personne ne peut enfermer une vipère. Elle connaît chacun des recoins sombres et des passages secrets. Elle réapparaît toujours et se faufile dans les endroits les plus inimaginables. Dans les étagères des cuisines. Tapie aux creux de ses rosiers. Entre les plis d’un drap de soie. Ne jamais sous estimer ces fascinants animaux. » Elle la salua d’une révérence en se détournant du chemin emprunté par Darken, descendant près des grottes. Et pourtant, elle restait toujours dans son champ de vision. La raison sous jacente ? Nul ne saurait le dire. Et elle sentit le regard lourd et méfiant de la Mord-Sith. Etait-ce une provocation de sa part de se mettre à l’écart des gens de Cour ?

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MessageSujet: Re: Si tu ressuscites un grain de granit [A.]   Lun 26 Avr - 14:40

Résignée à servir le Maître de D’Hara sans jamais remettre en question ses choix et ses recommandations, Alandrëa n’avait pu se soustraire à la parade à laquelle elle avait été contrainte de se joindre. Accompagnée de cinq de ses Sœurs de l’Agiel, la Mord-Sith était chargée de veiller sur la sécurité du Petit Père Rahl. Après tout, ce n’était pas parce qu’ils se trouvaient en D’Hara, dans le Palais du Peuple, qu’il fallait négliger la sécurité du Seigneur Rahl.

Disposées en cercle autour de l’homme le plus important de D’Hara, les six Sœurs de l’Agiel montaient la garde avec fierté et noblesse, leur regard vif et perspicace prêt à débusquer les ennuis bien avant qu’ils ne surviennent. Ainsi, dès qu’Alandrëa l’a vit s’approcher, la Mord-Sith comprit que les minutes qui suivraient ne seraient pas une partie de plaisir.

Et pour cause, Dame Deldùwath était la femme qui faisait naître chez Alandrëa un profond sentiment de malaise. Dès que ses yeux se posaient sur la dame de la Cour, la Mord-Sith pressentait un grand danger. Elle était loin de pouvoir accorder sa confiance à cette femme mystérieuse et pleine de secrets. Et la voir tourner encore et toujours autour du Seigneur Rahl avait de quoi faire naître chez sa plus fidèle garde du corps une appréhension à nulle autre pareille.

Sur ses gardes, Alandrëa avait accueilli Nimüe de la façon qu’elle jugea la plus adéquate : la froide ignorance. Après tout, à quoi bon perdre son temps en vaines paroles ? Alandrëa était loin d’appartenir à la Cour. A vrai dire, plus elle s’en tenait éloignée, mieux cela valait pour elle. Les Mord-Sith n’avaient que faire des idioties dont pouvaient débattre les membres de la Cour. Elle avait franchement mieux à faire. Et bien que le Seigneur Rahl prenait plaisir à se tenir informer de ces ragots sans queue ni tête, Alandrëa n’estimait pas nécessaire de perdre son temps de la sorte.

Et la journée d’aujourd’hui était loin de faire exception à la règle. Alandrëa n’avait pas la tête à perdre son temps à échanger des propos vains et complètement inutiles avec Nimüe. Elle le savait pertinemment, la dame de la Cour ne daignait s’adresser à elle qu’à cause du fait que la Mord-Sith était le dernier rempart entre le Seigneur Rahl et elle. Si la Mord-Sith l’avait croisé dans les couloirs, loin de la présence du Seigneur Rahl, les deux femmes n’auraient même pas détourné le regard pour esquisser un vague salut.

A la Cour de D’Hara, tout n’était que mensonges, manipulations et manigances. Alandrëa n’avait que faire de ce genre de futilités. Elle était une Mord-Sith, par les Esprits. Sa mission était de veiller à la sécurité du Seigneur Rahl et à satisfaire le moindre de ses désirs. Supporter les discussions vides des membres de la Cour ne faisait pas parti de ses prérogatives, et loin de là même.

Ignorant donc purement et simplement Nimüe, Alandrëa s’était contentée de garder son attention focalisée sur sa mission. Néanmoins, elle avait quand même tendu une oreille en direction de Nimüe. La Mord-Sith avait appris par le passé qu’il ne fallait jamais tourner le dos à ennemi. Bien que Nimüe n’entre pas ouvertement dans cette catégorie, la méfiance qu’Alandrëa ressentait pour cette femme était néanmoins suffisante pour que la Mord-Sith la considère comme telle.

Comme elle s’y était attendue, Alandrëa eut la malchance d’avoir à écouter Nimüe prononcer des paroles vides qui n’étaient formulées que dans le but de l’agacer au plus haut point. Et il fallait au moins lui reconnaître ça, elle excellait dans ce domaine. Néanmoins, Alandrëa n’était pas d’humeur à jouer aujourd’hui. Ainsi donc, que Nimüe puisse trouver désolant le manque total d’originalité et de créativité dont pouvait faire preuve les Mord-Sith lui passait largement au-dessus de la tête. Et la Mord-Sith aurait continué à ignorer encore longtemps la vipère de la Cour si celle-ci ne s’était pas mise à la dévisager de haut en bas.

S’il y avait bien une chose qu’Alandrëa détestait, c’était qu’on ne lui témoigne pas le respect qui sied à une Mord-Sith. Qu’importe que Nimüe ne la craigne pas, contrairement à tous les autres habitants de D’Hara, la vipère de la Cour se devait au moins de témoigner à Alandrëa le respect qu’une moins que rien devait témoigner à une Mord-Sith. Qu’importe qu’elle soit de la Cour, Nimüe n’était qu’une femme sans importance. Une parmi tant d’autres. Qu’elle désire ardemment s’élever au-dessus des autres, c’était son droit. Mais aucune femme ne pouvait espérer siéger plus haut qu’une Mord-Sith. Jamais !

De ce fait, Alandrëa prit la peine de répondre à son interlocutrice, lui faisant remarquer que les Mord-Sith étaient, elles aussi, l’acier qui affronte l’acier. Seul le Seigneur Rahl était apte à être la magie qui affronte la magie. Il en était ainsi depuis des siècles, cela ne changerait pas à cause de la vision étriquée d’une pauvre femme de la Cour. C’était impensable. Néanmoins Nimüe n’en démordit pas et campa fermement sur ses positions. Selon elle, l’acier contre l’acier ne fonctionnait qu’à armes égales ; et une Mord-Sith n’était bonne qu’à attaquer plus faible qu’elle, l’Agiel luttant contre les mains désarmés de la pauvre victime.

Un sourire amusé se dessinant au coin des lèvres d’Alandrëa, celle-ci rétorqua du tac-o-tac :

- Si cela pouvait être vrai. Il y a belle lurette que je serai débarrassée de votre charmante, et ô combien agréable, compagnie.

Continuant sur sa lancée sans prendre la peine de relever la remarque d’Alandrëa, Nimüe ajouta qu’une magie qui annihilait une autre magie demeurait au final de la magie. Selon elle, Alandrëa aurait dû le savoir. Mais qu’est-ce qu’elle en avait à faire dans le fond ? Alandrëa détestait la magie sous toutes ses formes. Une part d’elle-même éprouvait du dégoût et de la crainte de savoir que le pouvoir de l’Agiel était entretenu par une forme de magie. Pourtant, la Mord-Sith ne pouvait vivre son Agiel, car c’était tout ce qu’elle possédait. L’Agiel était l’unique lien qui la maintenait en vie, lui rappelant que malgré les horreurs qu’elle avait subi et qu’elle commettait, elle était bel et bien vivante et non plongée dans un cauchemar sans fin. Alors qu’importe qu’il soit emprunt d’une certaine forme de magie, il n’en restait pas moins qu’une Mord-Sith restait l’acier qui affronte l’acier, qu’importe qu’elle n’use pas réellement d’acier pour parvenir à ses fins. C’était l’idée qui comptait. Pas les faits.

Nimüe fit alors une allusion à l’enfant dont tout le monde parlait. Celle en présence de qui la magie perdait son pouvoir. Les contes et les légendes la nommait Celle-qui-n’a-le-don. Et justement, seuls les contes et les légendes la nommaient ainsi. Quel intérêt Nimüe avait-elle de la citer dans la conversation. Encore une preuve que les paroles de cette vipère sonnaient creuses. Quoique…

Alandrëa découvrit bien assez tôt la raison de cette citation. Celle-ci n’avait de raison d’être que parce que la vipère de la Cour demanda à son interlocutrice si sa mère ne lui racontait pas cette histoire en la bordant. Ainsi donc, telle était son but ? Parvenir à agacer la Mord-Sith au point que celle-ci décide de passer à l’offensive et d’en venir aux mains.

Esquissant un large sourire en voyant enfin clair dans le jeu de Nimüe, Alandrëa ne prit même pas la peine de répondre à cette attaque ouverte et directe. Son sourire ne se fana pas lorsque la vipère de la Cour fit mine d’être désolée en se rendant soudain compte qu’elle s’était engagée dans une voie sans issue, la mère d’Alandrëa étant décédée depuis de nombreuses années. Le sachant pertinemment, Nimüe avait commis cette bavure consciemment, dans le but d’agacer un peu plus la Mord-Sith, celle-ci en était persuadée. Peine perdue malheureusement, car la vipère ne parvint à récolter qu’un sourire amusé, plutôt qu’une explosion de colère.

Quand bien même elle s’acharna, en demandant à Alandrëa si la mère de celle-ci avait perdu la vie au cours de son entraînement, ou alors si elle l’avait elle-même tué pour parachever sa formation, Alandrëa continua à faire fi de ces attaques à peine voilées. Elle savait où Nimüe voulait en venir et elle n’était pas décidée à lui faire cette faveur. Elle n’était pas prête à offrir à Dame Deldùwath la compagnie du Seigneur Rahl, qui ne manquerait pas de venir s’excuser pour le comportement inacceptable de sa garde du corps. Quoique, si Alandrëa s’y prenait bien, le Seigneur Rahl n’aurait à s’excuser auprès de personne si par malheur elle perdait patience.

Voyant que la Mord-Sith avait décidé que la partie était finie, Nimüe abattit néanmoins sa dernière carte, histoire d’avoir le dernier mot. Alandrëa l’ayant ouvertement comparée à une vipère venimeuse, Nimüe la mit en garde sur le fait que personne ne pouvait dompter ou enfermer une vipère. Elle alla jusqu’à mettre Alandrëa en garde, en lui conseillant de ne jamais sous-estimer ces soit disant fascinants animaux.

A cette remarque, Alandrëa détourna la tête pour fusiller Nimüe du regard. Par le passé, les deux femmes avaient déjà échangé des propos plus virulents que ceux dont elles s’étaient contentées aujourd’hui. Néanmoins, il s’agissait avant tout de menaces voilées, de sous-entendus plus ou moins éloquents. Or, aujourd’hui, Nimüe avait clairement conseillé à Alandrëa de rester sur ses gardes. La partie venait de prendre un tout autre tournant. Loin d’être terminée, elle venait de passer à la vitesse supérieure.

Sur cette nouvelle donne, Nimüe fit une révérence et faussa compagnie à Alandrëa. Ne la quittant pas des yeux une seule seconde, la Mord-Sith la regarda fendre la foule à contre-courant. Elle qui faisait généralement son mieux pour être le plus en vue du Seigneur Rahl, Alandrëa resta sur ses gardes en voyant la vipère se diriger à l’opposé de la direction que prenaient le Seigneur Rahl et son Prophète. Méfiante, Alandrëa sentait le mauvais coup se préparer. Etait-elle la cible de cette manigance ? Après la déclaration de Nimüe, rien n’en était moins sûr.

Voyant une Sœur de l’Agiel traverser son champ de vision, Alandrëa l’interpella et lui ordonna de prendre sa place quelques instants.

- Si le Seigneur Rahl me demande, dit-lui que je serai de retour dans quelques instants.
- Oui, Maîtresse Dréa.

S’éloignant de Maîtresse Briana, Alandrëa fendit la foule dans la direction qu’avait prise Nimüe. Avisant que celle-ci se trouvait à l’entrée des grottes, Alandrëa s’apprêta à lui emboîter le pas. Néanmoins, un détail pour le moins insolite retint son attention : Nimüe la dévisageait sans ciller. Plus que de la provocation, c’était bel et bien une invitation. Comme Alandrëa l’avait supposé quelques instants plus tôt, la partie venait de passer à la vitesse supérieure.

Une main posée sur son Agiel qui reposait tranquillement dans son fourreau, le long de la cuisse de la Mord-Sith, Alandrëa s’avança vers Nimüe et la sombre caverne. L’heure de régler ses comptes n’était pas loin de sonner, Alandrëa le sentait. Que les Esprits aient pitié de cette pauvre vipère.

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HJ : Désolé, pas fameux :s Mais je dois reconnaître que tu m'as cloué littéralement le bec. J'ai bataillé sévère pour essayer de faire quelque chose d'intéressant. Sans succès, tu m'en vois navré :s Les discussions de la Cour dépassent largement les Mord-Sith. On n'est bonnes qu'à taper et tuer, à mon avis ^^
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MessageSujet: Re: Si tu ressuscites un grain de granit [A.]   Dim 6 Juin - 16:26

[ c'est toi qui m'a cloué le bec là Laughing Désolée, c'est pas tip-top. Faut que je me remette dans le bain]

De ses années d’enfance enfermée dans des cachots sombres et malodorants, Nimüe aurait pu conserver une certaine appréhension à l’encontre du noir. Tout individu normalement constitué aurait développé une claustrophobie et une peur panique d’être enfermé entre quatre murs, piégé dans des souterrains dont on ignorait la sortie. Il n’en était rien pour la demoiselle. Au contraire pouvait-elle aller jusqu’à affirmer. Elle se plaisait autant à l’air libre, le vent remuant légèrement sa longue chevelure d’ébène qu’enfermé dans des catacombes à l’atmosphère étouffante et chaude, malsaine même. Pour dire la vérité, il y avait peu de chose qu’elle ne craignait en ce bas monde. Contrairement à nombre de ses concitoyens, elle ne craignait pas la magie. Pis, elle ne lui accordait pas le moindre crédit, raison pour laquelle elle agissait avec autant de désinvolture à l’encontre des Mord-Sith que tout un chacun craignait jusque dans les tréfonds de son âme. Mais s’agissant de la Comtesse, elle ne les craignait pas davantage que les créatures maléfiques qui hantaient les cauchemars des enfants et les journées des soldats de l’armée du grand Darken Rahl. La seule chose qu’elle redoutait était précisément ce dont se passaient nombre de D’harans : l’attention et l’égard. Elle craignait de tomber dans l’oubli, de ne pas être au centre de l’attention et de finir aussi misérable que sa mère avait terminé. Très peu pour elle. Elle se savait amenée à faire de grandes choses et elle les exécuterait, quoi qu’il puisse lui en coûter ou coûter aux autres.

Ses yeux ne mirent que quelques secondes avant de s’acclimater à l’obscurité environnante, une réminiscence de plus de son passé d’enfant, un outil bien utile en toute circonstance. Elle savait pertinemment qu’Alandrëa l’avait suivi, incapable de laisser passer une telle occasion de se venger ou de lui démontrer que des deux, c’était bien elle qui conservait les rênes de la toute puissance. Ce n’était pas idée d’origine. Elle désirait simplement s’éloigner du bourdonnement des courtisans et du regard froid des gardes du corps du maître des lieux. Mais en y réfléchissant à deux fois, ce n’était pas plus mal. Quelle que soit l’issue de l’affrontement qui se présentait, elle serait gagnante. Elle poussa un soupir et s’enfonça dans les souterrains attendant patiemment l’arrivée de sa meilleure ennemie.

Elle avait pourtant de nombreux ennemis qui se dissimulaient derrière un sourire charmeur, un signe de tête respectueux ou un baise main respectueux. Entre les héritiers légitimes des maris encombrants pour leur ambitieuse épouse, les conquêtes de Lochlyn, les aristocrates trompées et menacées par leur époux, les commandants dédaignant ses manières alambiqués, les courtisans voyant en elle une sérieuse concurrence, mais jamais elle n’avait connu une adversaire plus acharnée que la Mord-Sith et à dire vrai, ses combats verbaux avec cette dernière étaient les plus distrayants qu’elle pourrait jamais avoir. A force de se détester, Nimüe avait fini par développer une certaine tendresse et affection pour la demoiselle. Si cette dernière passait à trépas dans le cadre de sa fonction, il n’était toutefois pas certain qu’elle en porterait le deuil. Mais une chose était certaine : elle serait attristée pour au moins quelques jours de sa précieuse ennemie.

« Juste par curiosité, pour quelle raison m’avez-vous emboité le pas ? »

Evidemment, elle en connaissait parfaitement la raison. Mais elle voulait l’entendre la prononcer à voix haute en plantant son regard dans le sien. Raison pour laquelle elle s’éloignait de la cavité dans laquelle elle avait laissé parcourir sa main avant de venir se planter au milieu de la caverne. Les mains jointes, elle attendit patiemment qu’elle réagisse et fasse le premier pas. Cela ne viendrait certainement pas d’elle. Et elle le savait. Si la meilleure défense était l’attaque comme le disait le dicton auprès de l’armée de Darken, ce n’était absolument pas le cas en société. Celui qui avait tort était toujours celui qui attaquait. Et on euthanasier le chien qui mordait son maître, peu important que le maître en question le batte en privé.

« Il ne me semblait pas vous avoir invité. »

Elle lui lança un sourire condescendant avant de lui tourner le dos et de s’éloigner plus en profondeur dans les souterrains. Elle les connaissait par cœur, comme certainement la Mord-Sith. Elle savait donc parfaitement vers quel endroit elle se dirigeait en apparente toute quiétude. Le clapotis de l’eau leur parvint aux oreilles de plus en plus bruyamment et la chaleur lourde et odorante se teinta d’une senteur de souffre tandis qu’elle arrivait dans la source interne des souterrains. C’était un endroit réputé pour quiconque prêtait encore foi à l’ancienne religion. Le lieu était tombé en désuétude mais quelques D’harans venaient de temps à autres se reposer et profiter de l’eau claire et lumineuse de ses souterrains sur laquelle des rayons malicieux du soleil parvenaient à percer les roches et offrir milles joyaux à qui savait les observait.

Nimüe promena son regard sur la surface agitée de l’étang souterrain avant de se diriger vers la droite de ce dernier où poussaient de larges plantes rampantes dont les feuilles taciturnes dissimulaient le blanc le plus pur et le plus dangereux qui soit. Avaler une de ses feuilles revenait à mourir dans d’atroces souffrances. Nimüe les utilisait peu dans ses décoctions, étant parfaitement connues et reconnaissables pour le premier guérisseur venu. Mais le poison pouvant être l’antidote, elle continuait ses recherches.

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MessageSujet: Re: Si tu ressuscites un grain de granit [A.]   Mer 7 Juil - 13:36

Dréa venait d’ordonner à une de ses consœurs – Maîtresse Briana – de prendre son tour de garde pendant qu’elle s’absentait un instant. Généralement, les Mord-Sith ne se risquaient jamais à quitter leur poste lorsqu’elles étaient de garde. Après tout, il ne suffisait que d’une seule et unique seconde pour qu’un malheur s’abatte sur le Seigneur Rahl, aussi puissant puisse-t-il être. Et rien que cette possibilité suffisait à calmer les ardeurs d’une Mord-Sith tentée de quitter son poste.

Car s’il y avait bien une chose qui comptait plus que tout aux yeux d’une Mord-Sith, c’était la protection du Seigneur Rahl. Si une Mord-Sith échouait dans sa mission visant à assurer la protection du Seigneur Rahl – et cela même si par un heureux miracle le Petit Père Rahl s’en sortait indemne –, elle était la première à réclamer que justice soit rendue, même si cela conduisait inéluctablement à sa propre mort.

Froide et en apparence sans cœur, les Mord-Sith jouissait en contrepartie d’une loyauté à toute épreuve. Stimulées par des années et des années de conditionnement, où terreur et souffrance se succédaient à la peine et à l’horreur, les Mord-Sith finissaient par devenir les guerrières les plus loyales et les plus fidèles du Seigneur Rahl. Cette loyauté et cette fidélité aveugle permettaient à leurs Agiels de répandre la souffrance et la mort partout en D’Hara et dans les Contrées du Milieu. Sans ce « lien » magique unissant les loyales Mord-Sith à leur Seigneur bien-aimé, la magie de l’Agiel ne pourrait exister, faisant de leur arme favorite un vulgaire morceau de cuir complètement anodin.

De ce fait, une Mord-Sith de ce nom, qui ne craignait ni la torture ni la mort, préférait – et de loin – mourir au combat ou de la main de son Seigneur, plutôt que mourir dans son lit, toute vieille et édentée.

Néanmoins, Dréa ne ressemblait pas trait pour trait à ses Sœurs de l’Agiel. Bien plus arrogante et téméraire que ces dernières, la Mord-Sith n’hésitait pas à abandonner son poste – en prenant bien sûr au préalable le soin de confier la tâche à une personne digne de confiance – pour aller explorer une piste qui la mènerait à une éventuelle menace. Pour elle, la sécurité du Seigneur passait au-dessus de tout, comme pour toutes les autres Mord-Sith. Néanmoins, Dréa avait une vision des choses moins étriquées. Quitte à chercher le mal partout, elle préférait le dénicher avant qu’il ne passe le premier à l’attaque.

Et justement, il émanait en ce moment même de Dame Deldùwath une telle aura de suspicion, que la Mord-Sith n’avait pu céder à l’appel de la vigilance. La confiance n’avait guère sa place dans les rapports qu’entretenaient les deux femmes. Mais cette fois-ci, cette absence de confiance était telle, que la Mord-Sith pressentait un mauvais coup de la part de la Dame de la Cour. Pourquoi ce pressentiment ? Elle l’ignorait. Une chose était néanmoins certaine, elle n’était pas prête à laisser le temps à la vipère de mordre la première.

Traversant la foule agglutinée dans les couloirs du Palais du Peuple, Dréa retrouva vite la trace de Nimüe. Celle-ci tentait discrètement de rejoindre les souterrains du Palais du Peuple. Que diable cherchait-elle à faire ?

L’espace d’un instant, il traversa l’esprit de la Mord-Sith que la jeune femme désirait simplement se changer les idées, au calme, loin du raffut qui résonnait quasi en continue dans les couloirs du Palais du Peuple et ce, qu’il fasse jour ou nuit. Cependant, une petite voix dans la tête de Dréa lui soufflait de rester prudente et sur ses gardes. Nimüe cherchait la plupart du temps à attirer l’attention du Seigneur Rahl. Et justement, le jour où elle aurait pu tenter sa chance, elle préférait rejoindre une partie généralement déserte du Palais du Peuple. Elle mijotait quelque chose, Dréa en aurait mis sa main à couper.

Lui emboîtant le pas, Dréa traversa le couloir sans prendre la peine de contourner et d’éviter les groupes de voyageurs qui visitaient le gigantesque fief des Rahl – plus qu’un palais, ce dernier était une véritable mégalopole, s’étendant sur des centaines et des centaines de kilomètres carrés, peut-être même des milliers. Erigé des millénaires auparavant, durant les Grandes Guerres, le Palais du Peuple avait perduré par delà les siècles. Depuis, il ne se passait pas un jour sans que les entrailles du fief des Rahl ne soit arpenté par des dizaines et des dizaines de milliers de pieds.

Mais toute cette concentration de gens – qu’ils soient de simples visiteurs ou des soldats en patrouille – ne posait aucun problème à la Mord-Sith. Son Ordre étant connu même dans les villages les plus reculés de D’Hara, les gens reconnaissait en un clin d’œil la tenue en cuir rouge et la natte blonde qu’arboraient les Mord-Sith. Les craignant presque autant que les Sorciers et que le Seigneur Rahl, les gens s’écartaient devant la Mord-Sith, lui ouvrant une voie quasi-royale.

Dréa ne mit par conséquent guère plus de quelques secondes à rattraper Nimüe. La suivant au-delà d’un portail donnant sur un tunnel qui serpentait plus en profondeur dans les entrailles de la terre, Dréa déboucha dans une première grotte où elle retrouva la Dame de la Cour occupée à faire courir sa main le long d’un mur. Perplexe, Dréa mit ce geste anodin sur le compte de la folie. Seule une folle pouvait prendre plaisir à toucher un vulgaire mur de pierre avec une telle expression béate sur le visage.

Campée à l’entrée de la salle, Dréa joignit les mains dans son dos, se tenant droite et fière, comme si sa mission était de défendre l’accès au tunnel. Son regard, quant à lui vif et perspicace, ne quittait pas la Dame de la Cour un seul instant. Ayant au préalable balayé la salle du regard, Dréa s’était assurée que Nimüe et elle étaient seules. La Mord-Sith ne se laissait jamais prendre au dépourvu. Elle faisait toujours en sorte de s’assurer d’avoir un coup d’avance sur ses ennemis.

De longues secondes de silence s’étaient succédées. Voyant que Dréa n’était pas décidée à parler, Nimüe se chargea de reprendre la discussion là où elle s’était achevée quelques minutes plus tôt. Elle désirait savoir pour quelle raison Dréa lui avait emboité le pas. Selon elle, la Mord-Sith n’avait pas été invitée. Alors pourquoi s’était-elle acharnée à la suivre jusqu’ici.

Jaugeant Nimüe du regard, Dréa lui fit clairement comprendre qu’elle se tâtait à se justifier devant une femme d’une telle insignifiance. Bien entendu, ce n’était que faux-semblant. Dréa savait pertinemment ce qu’elle allait répondre à son interlocutrice. Elle voulait juste que celle-ci se sente vexée d’être considérée avec si peu d’estime.

Finalement, avec une voix quasi dédaigneuse, Dréa répondit :

- Je n’ai pas souvenir que vous ayez récemment pris possession du fief des Rahl. Je n’ai donc pas à attendre une invitation de votre part pour me rendre là où je le désire. Tout comme je n’ai pas d’invitation à recevoir lorsqu’il est question de veiller sur une vipère venimeuse prête à tout pour s’attirer les faveurs de mon Seigneur.

Dréa n’y était pas allé par quatre chemins. Allant droit au but, elle avait sorti ce qu’elle avait sur le cœur. Inutile de tourner en rond, elle tenait à régler cette histoire au plus vite. Le Seigneur Rahl s’était sûrement d’ores et déjà aperçu de la disparition de sa garde du corps. Si elle tardait à revenir à son poste, la punition pourrait être proportionnelle à la durée de son absence. Mais Dréa ne craignant ni la douleur ni la mort, ce n’était pas la torture qui hâtait son désir de retourner auprès de son Maître. Ce qui la poussait à agir vite, c’était qu’elle n’appréciait pas ne plus avoir son Maître à porter de regard. Mais d’une certaine façon, elle se rassurait en se disant qu’en étant ici-même, elle assurait aussi la sécurité de son Seigneur.

A la remarque qu’elle venait de prononcer, Nimüe lança un sourire condescendant à la Mord-Sith. A croire qu’elle essayait de pousser la Mord-Sith à bout. Mais malheureusement pour elle, Dréa avait encore une bonne réserve de patience pour le moment. Certes, cette réserve s’épuisait très vite. Mais il y avait encore de la marge pour le moment.

Voyant Nimüe se remettre en marche, Dréa lui emboîta à nouveau le pas, en prenant néanmoins soin de garder ses distances. Telle une ombre, elle marchait en silence derrière Nimüe, sans quitter cette dernière du regard. Lorsqu’elles débouchèrent finalement dans la Salle de la Source, Dréa quitta un instant Nimüe du regard, juste pour s’assurer que la vipère ne l’entraînait pas dans un piège.

Mais repérant dans un coin quelques soldats qui profitaient de leur permission pour se détendre et se rafraîchir dans la source, Dréa se rassura sur la tournure que pourraient prendre les événements. Que Nimüe tente de l’entraîner dans un piège ou non, la présence de ces soldats l’obligerait à ne pas pousser sa chance. S’en prendre à une Mord-Sith était déjà suicidaire. Mais le faire quand une demi-douzaine de soldats d’Haran se trouvait à porter d’appel, c’était au-delà du suicide – si une telle chose était possible.

N’accordant pas plus d’intérêt que ça aux soldats d’Haran qui pataugeaient dans l’eau en tenue d’Adam, Dréa reporta son attention sur Nimüe qui s’éloignait dans la direction opposée à celle où se trouvaient les soldats. Une sage décision que Dréa approuvait. Si les choses devaient mal tourner, elle préférait ne pas avoir de témoins sous la main. Les soldats seraient quoiqu’il arrive à porter de voix, mais si les choses s’envenimaient, Dréa savait d’ores et déjà que Nimüe ne pourrait pas crier. Lorsqu’il s’agissait d’un serpent venimeux, mieux valait lui couper la tête d’entrée, plutôt que de s’amuser avant avec lui, au risque de se faire mordre.

Parvenant dans une espèce de jardin où poussaient de larges plantes rampantes au feuillage d’un blanc immaculé, Dréa consentit à briser le silence qui régnait depuis trop longtemps à son goût.

- Bien Dame Deldùwath, dit-elle d’un ton détaché montrant qu’elle commençait à se lasser de cette promenade silencieuse, si vous me disiez maintenant pourquoi vous m’avez entraînée jusqu’ici ? Non pas que cette petite promenade m’ait ennuyé, mais c’est que je n’ai pas que ça à faire, moi.

Fusillant la Dame de la Cour du regard, Dréa attendit que cette dernière s’explique…
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