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 The things she does to please [D.]

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Nimüe Deldúwath
VEUVE NOIRE • sous mon masque de fer, des larmes qui lacèrent.
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♦ PSEUDONYME : Doomie d'amour.
♦ HUMEUR : Irritante.
♦ CITATION : Le poison dont meurt une nature plus faible est un fortifiant pour le fort. - F.NIETZSCHE.
Date d'inscription : 24/09/2009
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MessageSujet: The things she does to please [D.]   Dim 15 Nov - 16:27



© DUSTINGHEAVEN ; ELEA24

« Before you start you are already beat.
She's going to play you for a fool,
Yes it's true. »


Un sourire. Un sourire n’était rien. Un sourire était le meilleur des subterfuges. Il pouvait dissimuler de sombres secrets inavouables derrière une apparence de sincérité déconcertante. De politesse, il recelait le mépris pour son interlocuteur. On l’utilisait comme parade aux propos ineptes et dénués de tout intérêt de la personne se trouvant en face de soi. Ou alors, il se révélait l’arme de séduction la plus sûre et précise qu’il soit. La proie ignorait juste qu’elle en était la cible et se persuadait d’être le chasseur. Oui, un sourire n’était qu’un monde de paraître et de superficialité dont personne ne cherchait à craquer le vernis. Le sourire que prodigua Nimüe au maréchal Tunder était celui de la victoire. Victoire qu’il allait remporter contre l’amant de sa femme. Victoire sur son ambition dévorante. Victoire sur les troupes de l’armée la plus puissante qu’elle mettait progressivement sous sa coupe entière. Bientôt, Darken Rahl le serait également. Elle n’en doutait pas le moins du monde. Lyle jeta un coup d’œil par la fenêtre de son salon privé. La silhouette noire et effrayante du diable l’observait avec délectation depuis le sommet de la montagne ouverte. Un sourire s’installa sur ses lèvres tandis qu’elle glissait hors des murs de ses appartements, suivant les longs couloirs sombres mais recouverts des velours les plus luxueux pour se diriger vers l’immense et impressionnante salle de réception. Quelle était la raison pour la noblesse de se retrouver cette nuit dans un florilège de stupre et de vin ? Tout le monde l’ignorait et à dire vrai, personne ne s’en souciait. Le plus important était de se détendre et de s’amuser. Elle saisit une des coupes de vin que lui tendait un des serviteurs et s’appuya sur la balustrade, faisant glisser sa main libre sur le bois sculpté qui dominait de sa hauteur la salle entière où se pressaient des centaines de courtisans. De nobles en disgrâce qui tentaient de retrouver les galons de leurs aïeux aux jeunes femmes légères qui visaient à faire un beau mariage d’intérêt, tous se mêlaient dans une symphonie de couleur et d’or. Tous sur le même pied d’égalité. Tous sauf elle.

Elle promena son regard sur la foule avant de porter l’élixir à ses lèvres, dissimulant son sourire amusé. Elle le sentait derrière elle. Il l’amusait au plus haut point. Elle le sentait hésiter. Elle le voyait lutter pour faire un pas en avant vers elle et oser lui adresser la parole alors que tout ce qu’il pouvait voir d’elle était ses longs cheveux bruns qui cascadaient jusque bas dans son dos tranchant avec le rouge sang de sa robe de taffetas. Elle devinait le tremblement de ses mains remplie de sueur et de nervosité. Les palpitations de son cœur cognaient dans sa poitrine de telle sorte qu’un observateur extérieur eut pensé à ce qu’il était sur le point de sortir de sa poitrine. Sa bouche devait être sèche et sa langue pâteuse, l’enfonçant dans sa peur de venir lui parler. Si elle avait été une âme charitable, elle se serait retournée vers lui et l’aurait aidé à aller au-delà de sa peur. Elle aurait fait le premier pas à sa place et l’aurait rassuré. Peu importait les mots qu’il allait lui adresser, elle était d’humeur guerrière aujourd’hui et un modeste sergent de son acabit avait toutes les chances de remporter le trophée cette nuit. Mais elle n’était pas une âme charitable, comme tout un chacun le savait. Elle retrouva la longue silhouette de Lochlyn dans la foule et attrapa son regard qu’il leva sur elle. Un même sourire identique se dessina sur leurs lèvres. Un sourire pouvait recéler tant de mal que c’était insupportable de constater que les autres ne le remarquaient pas. Il lui adressa un signe majestueux de la tête tandis qu’elle leva son verre à son encontre. Puis, il retourna à la séduction de la magnifique jeune fille blonde à ses côtés. Certaines choses ne changeaient jamais.

Relativement amusé des manières de son beau fils, elle secoua la tête avant de finalement décider de venir en aide au jeune sergent qu’elle sentait toujours lutter contre lui-même dans son dos. Elle savait qu’il était impressionné par son statut et son allure mais également par les rumeurs qui couraient sur son compte. Et pourtant, à l’image des papillons de nuit, il était attiré par la lumière, au risque de voir ses ailes s’évaporer en flammes douloureuses. Au moment même où elle se retournait, son regard accrocha une silhouette bien plus intéressante que celui du sergent. Un nouveau et large sourire se dessina sur ses traits et du coin de son iris noir, elle remarqua les yeux de Lochlyn observer la scène de loin. Un même esprit pervers dans deux corps distincts. « Général Telchar. Que nous vaut ce plaisir ? » l’aborda-t-elle joyeusement en se glissant à ses côtés. « Il est si rare de vous voir parmi nous. » Doux euphémisme qui renvoyait l’écho au regard et au visage du guerrier qui semblait souffrir le martyr en cherchant quelque chose ou quelqu’un peut être dans la foule qui se massait à leur pied. « Il vous manque assurément quelque chose pour rester parmi nous toutefois. » Elle l’observa de haut en bas, lui adressant une petite moue devant sa tenue d’apparat. Et attrapa une coupe de vin auprès du serviteur qui passait. Elle la tendit au général des armées de Darken et le lui tendit : « Comment trinquer ensemble sinon ? » Oui, un sourire pouvait dissimuler la véritable personnalité et le dessein de celui qui le portait. Même le plus vil.

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Je ne suis qu'une forme aux contours incertains
Avec un regard morne un tantinet hautain.
À force de malentendus, je suis mal-entendant
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Denetor H. Telchar
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MessageSujet: Re: The things she does to please [D.]   Dim 15 Nov - 20:35

    Tout dans ce lieu sinistre n'était qu'apparences futiles. Une galerie diabolique où s'exposaient sans détour ceux qui aimaient tant se montrer. C'était un monde cruel, impitoyable, un monde dans lequel Denetor ne se sentait pas à sa place. Les règles du jeu étaient trop vastes et floues, chacun s'amusait à sa propre manière. Les rires sonnaient faux. Les corps se frôlaient dans un incessant ballet parfaitement calculé. Il n'y avait rien de vrai, et le général trouvait ça trop injuste qu'on méprise la guerre alors que les flatteries insensées de la cour étaient bien pires, plus viles encore. Il trouvait cette hypocrisie bien plus écœurante encore que les flots de sang qu'il faisait couler sur les champs de bataille.

    Rien ici n'aurait su le mettre à l'aise. Le simple fait de ne pas avoir son armure le rendait vulnérable, sur les nerfs et cet habit de civil qu'on lui avait sommé de porter était trop ample. Il se sentait un autre là dedans, un pantin qui avait gentiment accepté l'invitation de Rahl à sa petite sauterie. Son avilissement le dégoutait au plus haut point mais il savait que la moindre faute pouvait être fatale. Après tout, son supérieur était connu pour être assez susceptible. Heureusement, la présence familière de sa dague qu'il portait à la ceinture le rassurait un peu, bien que son épée lui manquait. Ses doigts s'affolaient et il avait le besoin de tenir quelque chose pour se recentrer. Les rênes de son cheval, le pommeau de sa lame. Il se sentait oisif et inutile ici, il aurait tant préféré être avec ses hommes, dehors. Car cette pièce bondée n'était pas pour le rendre plus décontracté. Il ne supportait pas cette foule pressante et trop colorée. Il ne supportait pas plus leurs voix qui lui parvenaient de bien loin, mais semblaient pourtant l'encercler. Les gens se taisaient sur son passage, baissaient la tête en signe de respect mais Denetor ne leur adressait pas une once d'intérêt. Tout en eux lui inspirait le dégoût et il savait bien que leurs courbettes n'était dues qu'à son grade et sa réputation. Ils respectaient l'uniforme, pas l'homme qui se cachait dessous et cette attitude était des plus déplorables.

    Les femmes au palais étaient sans doute encore plus dangereuses. Et bien que Denetor se méfiaient d'elles en tant ordinaire, il redoublait encore plus de vigilance lors des fêtes et grandes occasions organisées par Darken. C'était alors qu'elles déployaient tous leurs charmes, vêtues de leurs plus beaux apparats. Elles portaient de prodigieux corsets qui faisaient ressortir leurs poitrines, tentation suprême et s'enveloppaient de parfums délicieux, sans doute même parfois avaient-elles dans leurs bas quelques filtres d'amour. Leurs révérences et leurs regards sur Denetor paraissaient chastes et pur, mais le général savait lire dans leurs yeux toute leur ambition et leur désir. Et ça n'était pas tant pour son physique - agréable, certes - que pour ce qu'il représentait. Après tout, se glisser dans les draps du commandant des armes de Rahl, elles trouvaient ça intéressant. Mais si elles savaient combien le "maître" n'en avait que faire de lui et de ses amantes. Dans cette vaste demeure, il se savait à la merci du regard des espions de Rahl, il sentait leurs regards se poser sur lui à l'affut d'une faute quelconque. Il ne devait sa survie qu'à sa persévérance et son incroyable aptitude à savoir diriger des troupes. Le moindre faux pas, et ce serait la potence. Il fallait qu'il chasse ces idées noires.

    Il chercha des yeux un visage amical, peut-être Hector, un colonel qui méprisait tout autant que lui les mondanités. Malheureusement pour lui, une silhouette vint se glisser à ses côtés et engagea la conversation. Il se maudit intérieurement d'avoir croisé pareil chemin. Nimüe Deldúwath était loin d'être une étrangère et sa réputation la précédait. C'était une veuve noire, une espèce des plus dangereuses que Denetor s'efforçait d'éviter le plus possible. Pourtant, il s'était de nombreuses fois englué dans une de ses conversations et s'en était toujours sorti de justesse. Et voilà qu'une fois encore, elle l'assaillait. Il soupira un instinct pour éviter d'être rude et désagréable et n'écouta pas la moitié de ce que la jeune femme lui dit. Il se réveilla vraiment lorsqu'elle lui tendit une coupe de vin et par pure prudence, se méfia instinctivement de son contenu. Il savait que ce n'était certainement pas du poison, à voir son comportement, elle avait besoin de lui, il le savait. Mais peut-être un filtre étrange qui lui ferait perdre la tête et commettre une bavure. Aussi claqua-t'il des doigts pour faire revenir le serviteur, déposant sa coupe pour en choisir une autre.

      - Nimüe, me croyez-vous stupide au point d'avaler ce que vous me proposez? Ce serait me sous-estimer.

    Il fit alors claquer son verre contre celui de la jeune femme, prenant bien garde à ne pas mélanger les deux contenus. Il se méfiait bien trop d'elle pour commettre pareille erreur.

      - A votre effroyable ambition, madame.

    Il but alors lentement, mais d'une seule traite le liquide délicieux et la chaleur du vin lui réchauffa quelque peu le gosier. Au moins, il avait quelque chose dans les mains maintenant.

      - Vous savez, il y a quelque chose chez vous qui m'intrigue beaucoup.

    Il laissa la curiosité emplir ses yeux. Il avait l'intention de ménager un petit suspens avant de partir vers d'autres horizons et la laisser sur sa fin. Honnêtement, il n'était pas d'humeur.

      - C'est cette incroyable capacité que vous avez à déployer vos charmes tout en étant aussi naïve. Car comment pouvez-vous croire, d'une part que vous m'intéressez et d'autre part, que je puisse vous être d'une quelconque utilité dans votre infinie quête de pouvoir?

    Alors il laissa un sourire se dessiner sur son visage. Sa cicatrice lui fit légèrement mal.
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Nimüe Deldúwath
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MessageSujet: Re: The things she does to please [D.]   Lun 16 Nov - 22:28

Elle avait parfaitement conscience de ce qui émanait d’elle, des rumeurs qui couraient sur son compte. Après tout, elle était parfois à leur source. Elle ne les niait jamais. L’imaginaire effroyable des autres se chargeaient de faire le reste et de lui apporter cette aura de menace latente et de mystère qui valait toute la magie de D’Hara et des Contrées du Milieu réunis. Seule les Mord Sith, à leur manière, effrayaient davantage que les propos qu’on tenait sur la veuve dans son dos. Et encore, ces dernières avaient l’excuse de leur éducation. Elle n’avait vécu que quelques années dans un cachot, pas davantage. Elle n’avait pas d’excuse. Aussi, elle ne fut guère surprise devant la réaction du farouche commandant des armées. C’était dans la majeure partie des cas ce qu’elle provoquait à l’encontre de chaque personne qu’elle rencontrait. Surtout si cette personne avait déjà entendu parler d’elle auparavant. Son sourire s’accentua tandis qu’elle l’observait reposer le verre de vin qu’elle venait de lui offrir et l’échanger contre un autre. Ses yeux brillèrent d’un feu relativement amusé tandis qu’elle trinquait avec Denetor, faisant attention à ne pas mélanger leurs boissons, histoire de le rassurer.

« Je ne pensais pas qu’un homme tel que vous puisse avoir peur d’une faible créature comme je représente le sexe … Comment vous nous nommez déjà ? Ah, ça me revient, le sexe faible. »

Elle lui prodigua une légère moue juste avant de boire une nouvelle gorgée longue et savoureuse du vin qui chatouilla son palais de ses notes fruitées. Elle prit une profonde inspiration en observant le guerrier engloutir le délicat breuvage et la défier du regard puis des mots. Secouant négativement la tête, on pouvait dans son regard une certaine exaspération amusée. Les choses ne changeaient pas. Les guerriers, les soldats, les gens du peuple ne savaient toujours pas apprécier les bonnes choses avec modération. Il leur fallait tout, tout de suite et sans limite. Il était navrant de constater qu’une personne aussi haut gradée dans la hiérarchie militaire puisse être si rustre. Pas étonnant que la résistance continue de perdurer face à de telles bassesses de l’être humain. Elle pouvait comprendre que les soldats se nourrissaient de vin et le descendaient à la bouteille après ou avant des batailles. Ca leur donnait une force ou les consolait des pertes antérieures, du manque du pays, de la famille et des êtres aimés. Et étant donné la piètre qualité de vin dont ils devaient bénéficier, il n’y avait rien d’étonnant à ce qu’il fasse en sorte de se débarrasser du goût amer et bas de gamme dans leur bouche. Mais cet élixir servi au Palais méritait qu’on s’y attarde, qu’on le savoure et qu’on se laisse emporter par ses notes chantantes et étourdissantes.

Une fois qu’elle se fut imprégnée du délicieux vin, elle reporta son attention sur son interlocuteur et sans la moindre gêne le détailla de bas en haut tandis que son oreille attentive captait non seulement la moindre de ses paroles mais également ses inflexions et les accents dissimulés dans celles-ci. Il fallait l’avouer : Denetor était un très bel homme. Dans le genre guerrier brusque et brutal. Sa peau tannée par le soleil était bien loin de la pâleur des gens de cour qu’elle devait approcher tous les jours. Ses traits étaient plus marqués et déjà bien vieillies par toutes ces batailles sanglantes qu’il avait dû mener pour la gloire de Rahl. Ses mains étaient fortes et dures à force de manier une lourde épée et de trancher des gorges ennemies. Son regard se faisait fuyant et lointain, sincère également. Elle avait entendu son surnom. Elle savait la réputation qu’on lui donnait. Mais tout comme elle construisait lentement et avec application la sienne, elle savait mieux que quiconque qu’il ne fallait pas toujours croire ce que l’on raconte. Que parfois, les rumeurs étaient encore par trop loin de la vérité.

Si elle fut surprise de ses propos, si elle en fut légèrement vexée, elle n’en montra rien. Elle avait tellement pris l’habitude avec le peu d’esprit qui l’entourait à la cour et elle avait tant sous estimé les guerriers qu’elle avait sans doute oublié que Telchar n’était pas commandant des armées pour son regard bleu et ses mauvaises manières. Il y avait toujours une raison à tout. Son sourire qui ne l’avait pas quitté depuis qu’elle s’en était parée ne bougea pas d’un millimètre. Elle se contenta de mordiller sa lèvre et de pencher légèrement la tête sur le côté, observant plus profondément la silhouette de Denetor qui souhaitait se dérober à ses charmes futiles mais qui était pourtant incapable d’aller plus loin.

« Pour les mêmes raisons qui me poussent à croire que sans oxygène, vous viendriez à mourir dans la minute qui suit. L’homme est ainsi fait, mon cher général. La nature humaine ne se satisfait jamais de ce qu’elle a. » Elle se tourna vers la salle qu’ils surplombaient de leur supériorité et son regard se posa sur le trône de Darken Rahl, vide ce soir. Elle désigna l’assemblée d’un geste de la main qui tenait sa coupe de vin avant de revenir à son interlocuteur. « Elle désire toujours plus, toujours davantage. » Darken Rahl ne s’était pas satisfait de régner sur D’Hara. Il avait éprouvé le besoin viscéral de dominer les Contrées et nul n’ignorait que ses ambitions conduisaient son regard vers l’ouest. « Et ces cicatrices que je vois sur votre visage ne font que confirmer mes dires et infirmer votre position. » Elle approcha sa main droite, celle qui portait toujours cette longue bague qui se terminait par un dard empoisonné, du visage de Denetor et le vit réagir avec délice avant de caresser lentement la longue cicatrice qui donnait tout son acractère à son visage de son index nu. « Ce que vous cherchez dans la bataille est la même chose que je m’évertue à obtenir ici dans une toute autre lutte. » Elle retira sa main de son visage et porta son verre à nouveau à ses lèvres tout en se retournant vers la salle en dessous. La musique avait débuté et les couples se formaient, prêt à danser quelque volte ou autre. Jouant avec le contenu de son verre, elle poursuivit sans lui adresser le moindre regard : « Il est donc vrai que vous craignez le toucher des femmes. Ou devrais-je plutôt dire que vous vous en méfiez. » Elle poussa un profond soupir. « C’est bien dommage pour elle. Un tel gâchis. »

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MessageSujet: Re: The things she does to please [D.]   Jeu 19 Nov - 0:37

    Denetor aurait prêt à se couper une oreille plutôt que d'endurer la conversation à venir. Il savait combien tout cela allait être pénible, les convenances et les politesses lui étaient plutôt étrangères depuis qu'il passait son temps à se battre et à commander aux autres de le faire. Il était habitué à la rudesse, la bravoure et le franc-parler. Pas à tous ces subterfuges linguistiques qui n'avaient pour seul but d'embobiner l'interlocuteur. Aussi n'était-il pas la personne rêvée pour avoir une discussion au plais du peuple, car il refusait bel et bien de se perdre dans les méandres de l'hypocrisie. Ce qu'il fit une nouvelle fois lorsqu'elle se hasarda à parler des femmes. En voilà une qui mettait les deux pieds dans les plats, sans fioritures. Ca ne le gênait pas spécialement, ça l'amusait tout au plus.

      - Comme vous vous perdez dans les clichés, Nimüe. Cela me surprend. Car il n'y a bien que les imbéciles pour penser que votre sexe est si faible.

    Il ne disait cela ni pour la flatter ou encore la contredire. Mais c'était la stricte vérité. Denetor avait toujours considéré que les femmes avaient une force insoupçonnée et bien plus étonnante que les hommes. Elles ne se battaient pas avec des armes, mais leurs mots étaient parfois bien plus douloureux qu'un coup de dague en plein flanc. Et par dessous tout, elles avaient hérité de leurs aïeules une perspicacité à tout épreuve. Comme il semblait facile pour elle de frapper là où ça faisait vraiment mal. Il détestait ça.

      - Ils n'ont que cet argument là pour vous faire ployer dans une domestique servitude. Reconnaître votre puissance serait du suicide, car vous en viendrez toutes à détrôner vos mâles. Alors ils utilisent l'amour, qu'ils croient être votre plus grande faiblesse alors qu'il s'agit de la leur. Et votre intelligence réside dans le fait de savoir si bien faire semblant de céder à leurs charmes. Ne croyez donc pas, Nimüe, que je n'ai pas une grande estime pour vous et vos consœurs.

    Il attrapa au passage un autre verre de vin qu'il s'appliqua à laisser entre ses doigts sans le porter à ses lèvres cette fois-ci. Il ne souhaitait pas dire des choses qu'il aurait pu regretter, et encore moins laisser voir à son interlocutrice qu'il était mal à l'aise en sa présence. Il n'avait hélas qu'une envie: fuir très loin d'ici, rejoindre son pauvre destrier coincé dans les écuries et galoper jusqu'à ses hommes. Là-bas, dans le froid, il se serait sans doute senti plus en sécurité.

    En tout cas, il aurait préféré cette situation au fait de devoir se soumettre au regard de la veuve noire en face de lui. Il savait qu'elle écoutait la moindre de ses paroles, c'était évident. Les femmes savaient faire plusieurs choses à la fois. Tout en même, elle laissait ses sombres prunelles glisser sur lui comme sur un pauvre quartier de viande, chose à laquelle il était pourtant habitué depuis le temps. Malgré tout, il ne supportait pas d'avoir à endurer ce comportement mais se laissa aisément faire. Peut-être éprouvait-elle un quelconque plaisir à le détailler ainsi, comme la majorité des femmes qui lui disaient combien il était bel homme. Dans son genre, elle n'était pas mal non plus. Malheureusement pour elle, il s'interdisait toutes sortes de pensées un tant soit peu impures avec des créatures dans son genre. Trop venimeuses.

    Une fois qu'il eut terminé son laïus, il s'amusa légèrement de sa réaction. Il se doutait bien qu'il avait touché une corde sensible mais malgré tout, elle restait une excellente comédienne et dissimulait sa vexation à la perfection. Sa petite moue qui se voulait séductrice n'eut néanmoins aucun impact sur lui, qui s'efforçait de rester impassible face à tous les efforts qu'elle pourrait déployer. Et quand elle commença elle-même un monologue, il ne la coupa pas mais s'apprêtait à réfuter un à un ses arguments. Il ne cherchait rien d'autre qu'à survivre, elle voulait uniquement monter en grade et bien se faire voir dans cette société pourrie jusqu'au trognon. Ils n'avaient rien en commun.

    Pourtant, il n'eut pas le temps de pouvoir sortir un seul mot quand il la vit se rapprocher dangereusement. Son instinct lui dicter de reculer d'un pas mais sa fierté lui imposait de ne pas bouger d'un pouce. Ce qu'il fit jusqu'à sentir le contact de sa main contre sa peau, et il ne put alors réprimander un certain frisson. Son sourire disparut instantanément. L'index de Nimüe contre sa cicatrice ne lui faisait pas mal, bien au contraire, la fraicheur était agréable. C'était bien cela qui lui faisait peur. Il ne put alors soutenir son regard et voulut à nouveau s'enfuir à toutes jambes. Nimüe s'amusait, il pouvait le lire dans sa voix, ses intonations et il refusait d'être un jouet entre ses mains.

      - Ne jouez pas à ça avec moi, Madame. Il me semble que vous avez déjà Lochlyn pour ça.

    Sa voix trahissait une légère colère. Il refusait d'être l'instrument de sa soif de pouvoir. Sa jeunesse et sa beauté l'attiraient sans conteste, mais il ne pouvait se laisser aller avec aucune femme de D'Hara. Seules les résistantes pouvaient obtenir ses faveurs, parce qu'avec elle, il n'était question que de sexe, de pulsions à assouvir et rien de plus. Ici, il y avait tellement plus, les intentions étaient trop perverses, même pour un homme comme lui. Il s'approcha alors d'elle, histoire de reprendre le dessus, la faisant légèrement reculer jusqu'à presque sentir son vêtement frôler le sien. Il était parvenu à recouvrer son calme.

      - Il est peut-être dommage pour vous que je refuse vos avances. Il est vrai que vous n'êtes certainement pas habituée à ce qu'on se refuse à vous. Vous pensez être... irrésistible, n'est-ce pas? La splendide Nimüe, envoûteuse professionnelle aux multiples amants. Sachez que je ne serais nullement l'un de vos trophées de chasse et même encore... pensez-vous que cela vous rapprocherez de Rahl? Pensez-vous seulement qu'il a quelque chose à faire des femmes sur lesquelles je m'allonge?

    Il se détourna alors d'elle et alla s'accouder contre la barrière, surplombant la salle où la galerie des paraître était à son apogée. Tous dansaient et riaient avec une fausseté à peine dissimulée. Tout cela l'écœurait.

      - Il est vrai, belle veuve, que je crains le toucher de certaines femmes. Autant que vous craignez l'abandon, le refus, l'anonymat. Vous les fuyez avec ferveur, acceptez donc que je fasse de même avec vos caresses. Après tout, ne sommes-nous pas les seuls êtres lucides dans cette assemblée dégénérée?
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MessageSujet: Re: The things she does to please [D.]   Lun 23 Nov - 22:08

Combien de fois avait-elle dû faire face à des remarques déplacées à son égard sous le simple prétexte qu’elle portait une robe ? Combien de fois l’avait-on sous estimé et relégué de côté ? Même son époux avait cru qu’entre les deux, le plus malin et le plus dangereux était celui qui portait le pantalon. Il existait bien peu d’hommes en ce monde qui pouvaient imaginer qu’une femme lui soit supérieure, que cette dernière puisse remporter la bataille dans n’importe quelle demande. Evidemment, ils savaient tous ce dont les Mord Sith étaient capables et les craignaient. La preuve était les regards fuyants des courtisans face à ces dernières qui traversaient la salle pour se rendre chez Darken. Mais celles-ci étaient davantage considérées comme une sorte de troisième sexe, ou asexuées sans doute. Tandis que les autres femmes, elles, étaient reléguées au rang de potiches et de toile de fond, avec un peu de chance. Ils ignoraient tous que celles qui tiraient les ficelles de leurs membres désarticulées étaient ces mêmes femmes. Elles agissaient dans l’ombre, avec plus d’intelligence et au final tellement plus de succès. La plupart des représentants de la masculinité que Nimüe avait rencontrée ne reconnaissait pas la valeur des femmes. La sienne peut être parce qu’à l’image des Mord Sith, ils la craignaient, elle et son image sulfureuse. Elle était la fille du diable, il était donc normal de la craindre. Mais pour le reste. Toujours est-il que les seuls hommes qui avaient su reconnaître la supériorité des femmes étaient généralement plus intelligents et rusés que la moyenne. Plus fin d’esprit également. Aussi était-elle légèrement surprise des propos du général. Il était loin de ce qu’on racontait sur lui. Et peut être davantage encore.

La jeune veuve ne put s’empêcher de sourire délicatement tout en continuant d’observer du coin de l’œil le guerrier. Voilà qu’il se mettait à parler d’amour. Il n’avait pas tort sur ce point. La plupart des femmes ici présentes se laissaient aveuglées par ce dernier. Elles l’avaient rencontré dans le regard de ce paysan à qui, folles de naïveté, elles avaient donné leur bien le plus précieux dans le marchandage des mariages. Leur honneur partait avec l’extase éphémère par définition. Elle pensait le déceler dans les bras de l’époux qu’on leur désignait mais qui les laissaient glacées jusqu’à l’os lorsque l’époux tant aimé allait visiter d’autres couches. Et les seules à connaître la vérité sur l’amour étaient celles qui avaient enfin ouvert les yeux mais dont le corps flétri n’attirait plus aucun homme. Sans doute, Nimüe devait remercier son père de l’avoir envoyer en prison de par son acte. Après tout, si elle avait grandi dehors dans l’innocence douce d’une enfance heureuse, elle ne serait sans doute jamais devenue ce qu’elle était aujourd’hui. Comme les autres, elle se serait laissée bernée et aurait dû épouser un modeste boulanger pour sauver les bribes de son honneur. Mais tel n’avait pas était son destin. Comment rêver d’amour lorsqu’on ignore même le mot ? Et comment croire un seul instant que le mariage soit un acte de dévouement et d’abnégation alors qu’il ne représente qu’un contrat à vos yeux intéressés ? Quand on part de si bas, n’importe quel moyen est utilisé pour monter les échelons. N’importe quel prix, même le sang. Elle posa son regard sur Denetor et l’observa se saisir d’une coupe de vin, l’observant le regard vague. Et lentement, son sourire s’élargie, venimeux.

« Une grande estime ? Ce n’est peut être pas le mot qui définit tout à fait ce que vous ressentez à l’égard des personnes de mon sexe, et de moi-même plus encore, si je ne m’abuse. » Elle s’humecta les lèvres, toujours aussi amusée avant de reporter son regard sur la piste de danse. « Et je ne m’abuse jamais. » ajouta-t-elle dans un murmure. Elle abusait, non l’inverse. Mais contrairement au général, elle était nécessairement au courant que le sexe faible était une description parfaite pour certaines femmes de son entourage, des lâches sans nul doute qui se complaisait dans une vie paisible de bourgeoise provinciale. Ces femmes dont le seul et unique but était de trouver un mari, de faire un beau mariage et de porter ses enfants pour être veillée, le jour de sa mort, par de nombreux petits enfants. Bien peu de femmes avaient de l’ambition. Bien peu de femmes avaient assez d’intelligence pour se rendre compte du potentiel qu’elles avaient en elle et qui les entourait. Un vrai supplice. Et dans le même temps un délice pour Nimüe. Elle qui aimait tant dominer s’en donnait à cœur joie.

La réaction qu’il eut lorsqu’elle le toucha ne fit qu’accentuer le sentiment qu’elle conservait au fond d’elle et l’impression qu’il lui avait laissée tant dans ses gestes que dans ses propos. Et cette évidence qui se révélait au grand jour causa tant de joie qu’elle ne put s’empêcher d’éclater de rire. Les conversations cessèrent autour d’eux et les visages des plus proches se tournèrent vers eux. Il n’était guère rare d’entendre la comtesse rire mais à chaque fois qu’elle le faisait, tel un trou noir, elle attirait l’ensemble des attentions. Il était cristallin et si pur qu’on se demandait toujours si la source était réellement cet être noir et venimeux dont on murmurait le nom avec crainte. C’était pourtant le cas. Elle leva les yeux au ciel et se mordilla la lèvre inférieure avant de promener à nouveau son regard sur la foule en contrebas, accrochant les yeux azur de Lochlyn, le principal intéressé de cette remarque. Elle devina qu’il fronçait légèrement les sourcils. Il était trop loin pour avoir entendu son rire mais le silence du premier étage laissait présager ce qu’il s’était passé. Progressivement les conversations reprirent et Nimüe prit le même chemin en s’adressant au général avec aplomb : « Vous parlez ainsi de mon beau fils ? Ce ne sont pas des manières, Général. » Evidemment, tout le monde était au courant. Dès lors qu’ils se trouvaient dans la même pièce, c’était une telle évidence qu’il aurait été difficile de ne pas le voir. La cour en faisait même ses gorges chaudes régulièrement. Et dans leur voix se mêlaient désapprobation et admiration. Et elle n’ignorait pas qu’en dehors de la cour, le reste des habitants de D’Hara était au courant. Mais c’était tellement amusant de nier avec un regard énonçant le contraire de ce que la bouche laissait entendre. « Qui plus est, je ne vous imaginais prêter la moindre attention aux rumeurs de palais. Quelle déception. »

Les femmes avec qui elle discutait de temps à autre l’interrogeaient toujours. Pourquoi prenait-elle toujours ses amants chez les guerriers ? Ces hommes rustres ne connaissaient rien à la délicatesse de la séduction, la douceur des caresses, le velouté des baisers. Ces mêmes femmes auraient certainement compris l’intérêt non dissimulé de la veuve pour les soldats si elles s’étaient retrouvées à la place de Nimüe lorsque Denetor s’approcha légèrement d’elle, irradiant de colère contenue. Il n’était nul étonnant qu’il ait gagné son surnom sur le champ de bataille. Elle ne bougea pas d’un cil et sentit la chaleur du corps qu’elle devinait marqué par les cicatrices des combats irradier contre le sien. Elle planta son regard noir dans celui franc et clair de Denetor et pencha légèrement la tête sur le côté, l’observant avec attention, décelant les sentiments, les émotions qu’il ne disait pas, qu’il dissimulait derrière des propos froid. Elle garda le silence quelques instants avant de s’approcher une fois de plus, leurs vêtements faisant plus que se frôler cette fois-ci. Mais cette fois-ci, c’était le visage de la jeune femme, ses lèvres qui caressèrent très légèrement sa joue tandis qu’elle les approchait de son oreille pour lui susurrer : « Pensez vous seulement que vous puissiez me faire allonger aussi facilement ? » Immédiatement, elle fit un pas en arrière, rompant la chaleur ardente qui était en train de s’installer entre eux comme entre deux corps humains aux réactions chimiques inévitables. Comme deux corps d’humains somptueux comme ils étaient.

Elle l’écouta avec attention une dernière fois puis l’observa venir s’accouder sur la balustrade, promenant son regard sur la foule. Nimüe ne remua pas pendant une poignée de secondes, se contentant d’inspecter la silhouette diablement séduisante de ce guerrier qui niait l’évidence, tout comme elle faisait de même. Elle n’avait pas prévu de s’allonger avec lui pour en obtenir ce qu’elle désirait. Elle ne partageait plus les nuits avec ceux qu’elle estimait en mesure de pouvoir l’aider à s’élever. Le vertical était toujours plus durable que l’horizontal mais il avait éveillé sa curiosité. Peut être même un désir qui pointait le bout de son museau. Elle termina pensivement son verre de vin avant de le poser sur un serviteur qui s’était avancé immédiatement au moment où il l’avait vu faire. Puis elle se rapprocha de Dénétor, se maintenant droite à ses côtés, les mains posées sur la balustrade. « J’ai bien peur que vous vous trompiez. Ne vous fiez jamais aux apparences. Elles pourraient vous surprendre. » Mieux que quiconque, elle était au courant de tout dans ces murs. Du naïf qui dissimulait son ambition pour endormir la méfiance de ses nombreux ennemis. L’arrogance de celui qui se cachait derrière pour éviter d’avoir à affronter l’horrible vérité. La dévotion de celui qui prépare son ultime trahison. Elle savait tout. Elle savait tout mais ne dirait rien. « Il me reste juste à craquer le vernis que vous avez installé sur la vôtre. »

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Denetor H. Telchar
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MessageSujet: Re: The things she does to please [D.]   Mar 2 Fév - 2:13

    Une fois de plus, Nimüe s'amusait ouvertement à aller plus loin encore dans l'intrusion. Elle prenait un plaisir non dissimulé à appuyer chacune des phrases du général, à le pousser à parler plus encore. Elle ne pouvait s'empêchait de le contredire, peut-être espérait-elle alors qu'il allait sortir de ses gonds et lui déballait ce qu'il avait sur le coeur, telle une confidence sur l'oreiller? Si tel était le cas, elle se trompait, pour la bonne et simple raison que la méfiance avait eu raison de Denetor et qu'il était désormais incapable de se confier à qui que ce soit. Il avait été élevé pour être un guerrier, il savait que l'ennemi pouvait être n'importe où, qu'on ne pouvait tourner le dos à personne sans craindre un coup porté en traître. Alors les paroles, il n'en était pas très friand. Il n'avait pas un vocabulaire des plus raffinés, sa franchise pouvait même en désarçonner certains. Si les mots avaient un prix, Denetor serait d'ailleurs sans doute passer pour un être extrêmement avare. Alors il ne s'amusait pas à jouer avec, pas comme Nimüe pouvait le faire en parlant de l'estime. Qu'espérait-elle? Qu'il se complaise en excuses et qu'il décline toutes sortes d'adjectifs plus adaptés? Il haussa un sourcil lassé avant d'ignorer totalement cette réflexion. Après tout, s'embourber dans cette conversation futile ne rimait à rien et il tentait de revenir à sa réflexion première: fuir le plus vite possible.

    Puis il y eut ce rire. Ce son incroyable qu'il ne pouvait imaginer émaner d'une telle personne. Il en fut le premier surpris et la regarda avec étonnement, constatant avec horreur qu'elle avait réussi à faire taire les gens alentours. Les regards se tournèrent vers eux et il n'en fut pas des plus ravis. C'était qu'il détestait tout particulièrement être au centre des attentions, plus encore avec une compagnie aussi infâme. Il croisa même le regard farouche du concerné, ce Lochlyn aux yeux vicieux qui semblait bien agacé de voir sa "belle-mère" en pleine conversation avec ... lui. Etonnant de constater qu'il pouvait éveiller des jalousies alors que son plus grand désir était de partir à des lieues de cette femme. Il reporta de nouveau son attention sur elle, et sur son mensonge effronté. Elle avait l'air d'adorer ça. Ca n'était pas comme si c'était un secret d'état que cette liaison entre eux deux. C'était malsain, presque trop ignoble pour un être comme Denetor - c'est dire.

      - Oh, je vous déçois? Pour ça, il faudrait que vous ayez placé de grandes espérances sur mes épaules, n'est-ce pas? Après tout, ce n'est pas comme si nous étions amis, pas vrai?

    Des amis, il n'en avait pas, n'en avait jamais eu et il mourrait sans doute sans jamais avoir pu faire confiance à quelqu'un. Il n'essayait même pas de se faire violence, de tenter de faire quelques efforts. ca ne l'intéressait tout simplement pas. Les relations humaines étaient vaines et fausses, toujours incroyablement compliquées. Preuve en était, la seule personne qu'il connaissait et qui ressemblait le plus à un ami était... son pire ennemi, Rauros. Un ami, c'est quelqu'un qui vous connait après tout, non? Et bien Denetor et Rauros se connaissaient par cœur ou presque, à tel point qu'ils savaient anticiper les réactions de l'autre. Leur combat était sans issue, leurs affrontements toujours épuisants et finissant sur un forfait mutuel, à cause de l'épuisement ou d'un contre-temps. Alors Denetor était très loin de pouvoir faire confiance à quelqu'un, au vu de la situation actuelle.

      - Mais si cela peut vous rassure, je n'y prête pas attention mais il faudrait être à la fois sourd et aveugle pour ne pas comprendre. D'ailleurs, je doute que votre cher beau-fils apprécie de me voir à vos côtés. C'est qu'il n'a pas l'air d'aimer la concurrence, le bougre.

    La suite des événements le laissa totalement perplexe. Tandis qu'il pensait reprendre un peu le contrôle de la situation en s'approchant d'elle, en ayant l'ascendant sur cette personnalité noire et impressionnante, elle poussa la provocation jusqu'à le coller complétement, à tel point qu'il sentit la chaleur de sa peau se fondre contre la sienne. La faute à ce fichu vêtement trop fin. Il comprit alors qu'il s'était pris au jeu et qu'il aurait mieux fait de se tenir à sa ligne de conduite première, à savoir la méfiance et la poudre d'escampette immédiate. Au lieu de ça, il avait fait le malin et voilà qu'elle se tenait si près qu'elle le touchait quasiment. Il sentait sa poitrine contre son torse, sensation qui éveilla en lui quelque chose qu'il se força à ignorer. Il préférait axer son esprit sur tout autre chose, n'importe quoi pourvu que ça n'ait aucun rapport avec les femmes, le sexe ou quoi que ce soit. Car malgré tout, il restait un homme et cette fiévreuse proximité le rendrait dingue, il se connaissait. Il voulait reculer, mais ne savait pas, ne savait plus. Le danger était proche, il le savait mais se sentait absolument impuissant. C'était bien la première fois, et il eut vraiment très peur.

    Pire encore, il sentait son souffle caresser sa joue et réveiller en lui des souvenirs à la fois très agréables et trop douloureux. Les résistantes ne jouaient pas comme ça avec lui, on ne l'avait pas habitué à ça sauf peut-être lorsque... cela importait peu. Il devait filer, il le savait mais il se surprit à fermer les yeux quelques secondes tandis qu'elle le provoquait plus encore avant de reculer. Il fut totalement sorti de ses pensées et la fixa d'un regard brûlant. Qu'essayait-elle de lui dire? Etait-ce un défi, raison pour laquelle elle s'amusait à souffler le chaud et le froid. Ce qui lui paraissait un abomination quelques minutes auparavant commençait de plus en plus à l'attirer et il plongea machinalement ses lèvres dans la coupe qu'il tenait encore dans ses mains. Le vin n'eut pas l'effet escompté et cette pointe de folie persista. Il tenta de reprendre ses esprits, mais il s'entendit dire quelque chose d'insensé.

      - Vous êtes peut-être une adepte de la provocation, mais je suis hélas adepte pour ma part des défis que certains n'osent relever. Et la défaite n'est pas dans mes habitudes.

    Qu'est-ce qu'il racontait. Il ne se reconnaissait pas là. Alors, dans un éclat de lucidité peut-être, il s'éloigna et s'accouda à cette balustrade, déclarant qu'il se substituait volontiers à ses caresses. Ca n'était pourtant pas ce qu'il venait de sous-entendre, et la folie semblait revenir au galop. Elle lui soufflait de continuer, de faire pareil qu'elle. Jouer, la battre sur son propre terrain, quitte à... A quoi d'ailleurs? Il préférait ne pas y penser.

    Et voilà qu'elle lui parlait d'apparence. Si seulement elle savait deviner ce qui passait dans sa tête à cet instant même! C'était tellement confus qu'il ne parvenait pas lui-même à mettre de l'ordre dans ses idées. Ce n'était pourtant pas le vin, il était trop costaud pour que deux lichées de breuvage alcoolisé le rende halluciné. Peut-être que la légende disait vrai. Peut-être que les charmes de Lady Deldúwath étaient trop attractifs pour qu'on puisse s'en détourner. Il ne savait plus rien à l'instant précis. Il la fixa alors, son regard brun laissant poindre un éclat étrange.

      - Et si vous craquiez ce vernis, madame? Si vous y parveniez, que croyez-vous qu'il se passerait? L'homme que je suis n'a rien de bon, il a commis les pires horreurs, à tel point que vos petits crimes et autres affaires étranges de la cour ne sont rien à côté. Il est un serviteur du mal, adepte du sang et de la souffrance.

    Avant de laisser une pause s'installer, un moment de silence durant lequel ils se dévisagèrent longuement.


      - Mais peut-être est-ce la réponse. Peut-être que vous pensez que vous adoreriez ça. Mais je vous arrête tout de suite. Vous auriez trop peur pour pouvoir y prendre du plaisir.
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Nimüe Deldúwath
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MessageSujet: Re: The things she does to please [D.]   Sam 6 Mar - 18:05

Au fur et à mesure que les secondes s’égrenaient, Nimüe gagnait en assurance. Elle était désormais persuadée qu’elle remporterait, d’une manière ou d’une autre, la bataille avec le général des armées de Darken. Il n’était pas habitué à ce genre de lutte et elle était experte en la matière. Si elle avait pu avoir encore quelques doutes sur la volonté acharnée de son adversaire de la battre à plat de couture, ses maigres soupçons se seraient envolés face au regard trouble et quasi animal qu’il posait sur son visage tandis que leurs corps s’irradiaient de chaleur et de désir commun. Et le doute se réduisit totalement au néant lorsqu’il lui assura avoir à cœur de relever les défis, de ne pas perdre. La comtesse ne put s’empêcher d’émettre un petit rire discret et presque inaudible en détournant son corps et son attention du séduisant soldat. La bataille était remportée par la vénale veuve mais au final, ne serait-il pas gagnant par la même occasion ? Sa peau sous sa robe de grenat était parsemée de frissons, délicats baisers de glace qui la picotait sous la tenture pourtant lourde et totale de ses vêtements et de ses cheveux lâches. Ce qu’elle n’avait jusqu’à présent jamais imaginé, ce que son esprit n’avait pas même frôlé l’espace d’un instant, commençait à devenir un désir impérieux. Cela la surprenait par ailleurs et bien peu de chose en ce bas monde ne parvenait pourtant à l’étonner. Mais elle avait viscéralement besoin de combler le désir qu’il avait fait naître en elle. Est-ce que cela contrarierait ses plans ou les renforcerait, elle n’en avait pas la moindre idée. Mais dans les deux cas, il fallait faire quelque chose.

Heureusement, il détourna l’attention des visions qu’elle avait de l’imbrication sordide de leurs corps luisant de sueurs l’un contre l’autre. Un serviteur du mal, elle le craindrait sûrement. Elle secoua négativement la tête, se renvoyant à ses multiples conversations avec l’apôtre du Mal à l’état pur, son seul et unique maître, le seul devant qui sa volonté se soumettait. Il se pensait dangereux. Il croyait fermement que la bestialité des conséquences que la guerre pouvait engendrer sur un être avait la moindre chance d’impressionner la jeune femme. Elle qui avait vécu ses premières années d’innocence dans les murs souillés et putrides des cachots du Palais du peuple. Elle qui avait pactisé avec le Diable et l’avait choisi comme père de substitution. Elle qui avait engendré tant de morts que cette dernière l’estimait à sa juste valeur. Elle qui ne voyait que chairs et sang dans tous les êtres vivants dans cette pièce. Elle qui avait vu tant d’horreurs et s’en était détachée. Elle sur qui plus rien de bas, d’immonde, de vil ou de révulsant ne causait aucun effet, pas même un soupir.

Elle garda le silence quelques instants, son sourire s’évaporant progressivement et ses yeux d’obsidiennes se faisant davantage pensifs tandis que Dénétor poursuivait sa réflexion à voix haute. Finalement alors qu’un ange passait, elle finit par reprendre la parole, faisant croire au farouche guerrier qu’il avait gagné. « Mon époux … paix à son âme … commandait le bataillon favori de Panis Rahl. Vous le saviez ? » Elle l’interrogeait mais son regard restait résolument fixé sur le trône vide à l’autre bout de la pièce. « Et vous connaissez sans doute la réputation du père de votre maître. » Elle fronça légèrement les sourcils tandis qu’elle semblait revivre en pensée des moments pénibles. « Le bataillon le plus sanguinaire dans une armée composée entièrement de brigands, voleurs, tortionnaires et suppôts du mal. Je vous laisse imaginer ses prédispositions. » Elle prit une profonde inspiration. « Mon époux était un loup, général. Un loup, grand, fort, noir et affamé qui ne se repaîtrait que de sang, de violence et de tortures dans chaque instant de son existence. » Elle semblait frissonner désormais, emmurée dans un passé que peut être elle regrettait. « C’était un loup, Général. » Elle se figea et se tourna vers son interlocuteur, tout sourire. « Et j’en ai fait le plus docile des agneaux. »

Non, la peur était un sentiment qu’elle n’avait jamais ressenti. Pas plus que la crainte. Elle était bien trop sûre d’elle. Elle avait parfaitement conscience de sa supériorité écrasante à l’égard du genre humain. Les démons les plus vils des enfers l’entouraient de leur protection. Gare à quiconque tentait quoi que ce soit à son égard. « L’amour me direz vous pouvait causer de grandes folies. L’amour peut être, je vous le concède. Mais toujours est-il que la peur est mon royaume, je ne peux donc être un de ses sujets. » Elle observa quelques instants la masse dansante des nobles sous leurs pieds. Dans la foule des danseurs, elle remarqua immédiatement la silhouette haute et distinguée de Lochlyn qui se détachait du lot, irradiant de grâce et de noblesse auprès de sa séduisante et divine partenaire. Son regard se déroula le long des chatoiements des costumes jusqu’à un groupe de nobles à l’allure sinistre et conspiratrice. Son sourire s’accentua avant qu’elle ne s’en détourne.

Elle se tourna vers Dénétor et joignit ses mains dans un joyeux claquement les faisant reposer sur sa bouche tandis que ses yeux sombres irradiaient de malice. « Venez avec moi, Général. J’ai quelque chose à vous montrer. » Elle lui sourit et sortit de la salle, persuadée qu’il la suivrait. S’il ne le faisait pas, le jeune soldat qui avait voulu l’aborder quelques instants plus tôt et les mangeaient d’un regard envieux le ferait sans doute. Elle monta un escalier et marcha d’un pas mesuré et lent pour éviter de perdre le guerrier dans les dédales du Palais aux murs sombres. Finalement, ils parvinrent dans une des tours qui offrait une vue dégagée et magnifique de D’Hara. Elle se positionna à l’une des fenêtres et l’ouvrit, laissant le froid glacial nocturne s’engouffrait dans ses cheveux et les plis chatoyants de sa robe.

« Regardez. » Elle montra d’un doigt pâle un ensemble de petites lueurs éloignées d’une centaine de kilomètres. Elles étaient plusieurs centaines, peut être même un millier. « Regardez les horreurs en attente d’être commise. La soif de pouvoir de Darken est sans limite. Il s’apprête à lancer une offensive sur Terre d’Ouest et ces lueurs sont autant de camps de soldats où le mauvais vin et les femmes coulent à flot. Un peu de plaisir et d’ivresse du mirage de l’amour avant de celui de la bataille. Je ne pense pas que ces habitants vous accueillent comme vous le fûtes par les Contrées. On comprend d’autant mieux le désespoir enivrant qu’ont ces soldats. » Elle posa son regard sur Dénétor qui s’était approché de la fenêtre pour observer la vue qu’elle proposait, le reflet argenté de la lune durcissant ses traits de la manière la plus séduisante qui soit. « Qu’en dites vous Général ? Le désespoir vous inondera-t-il devant la redoutable Frontière d’ici quelques mois ? La peur sera-t-elle à vos côtés ou contre vous lorsque les êtres de l’enfer attraperont chacun de vos hommes et leur infligeront milles souffrances sous votre regard impuissant ? Ou sera-t-elle présente dès demain lorsque le seigneur Rahl vous convoquera et vous informera de la prochaine offensive ? »

Elle s’éloigna de la fenêtre pour la lui laisser. Leurs vêtements se frôlèrent à nouveau. « Ou peut être est-elle déjà présente alors que je vous murmure des secrets de polichinelle dans votre oreille … »

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