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 Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]

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Tiberias Daltaïr

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MessageSujet: Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]   Jeu 8 Oct - 15:25

[HRP: S'il y a des nouveaux espaces qui se font, ce topic sera à déplacer. Merci! ^^]

Quoi de mieux que de rentrer chez soi, après de longs mois passés loin du coin où l’on est né et où l’on a grandit ? C’était ce que se disait le jeune Tiberias, alors qu’il avait traversé l’artère principale de la ville pour se rendre au château du Roi. Un petit sourire furtif pointait sur le coin de ses lèvres, tandis qu’il passait l’enceinte de l’impressionnante construction de pierre, il était enfin de retour et en vie, c’était bien ça l’important. Car s'il avait du quitter le château quelques mois plus tôt, c'était pour une mission bien précise, il partait défendre le Royaume de Ruad contre les armées de Rahl, qui se faisaient toujours de plus en plus incisive, ils ne voulaient décidément pas lâcher le morceau et tout homme valide devait un jour ou l'autre s'y rendre.

Ca avait été un moyen pour le jeune guerrier de faire ses preuves, de montrer ses talents au combat et il ne manqua pas de se faire bien voir. Ses prouesses au combat étaient loin d'être des légendes et on pouvait le dire, il avait bien tout hérité de son père. Un grand combattant lui aussi, malheureusement, bien que le fils était rentré au pays, le patriarche lui, avait péri sur le champ de bataille. Ce fut un coup dur et une épreuve difficile à passer, mais en acceptant d'aller se battre, ils acceptaient aussi de prendre le risque de ne jamais revenir ou de voir mourir ceux qui nous étaient proche. Le deuil n'était pas terminé, mais Tiberias savait que c'était ainsi que son père aurait voulu mourir, de toutes les façons.

Il devait donc prendre sa suite, il savait qu'il avait fait bonne impression, il risquait donc de se voir monter en grade bientôt, il l'espérait! Son titre de chevalier n'était peut-être pas encore amplement mérité, mais il faisait confiance au Roi Erin, pour qu'il le récompense à sa juste valeur. De toute façon, la chose qui lui importait à l'instant, tandis qu'il marchait d'un pas sur dans les couloirs du palais, s'était de pouvoir croiser la fille aînée du souverain, croisant les doigts pour qu'elle soit, elle aussi dans la salle du trône – car depuis son retour, il n’avait pas eu le temps de la voir et les quelques messages qu’il lui avait adressé, n’avaient jamais eu de réponse-. Salle du trône donc, où il était convoqué, avec d'autres guerriers pour donner les dernières informations sur cette campagne qu'ils avaient menés.

Arrivés dans la fameuse salle, l'équipe salua Sa Majesté comme il se devait. Daltaïr, comme les autres, s'inclina profondément, une main sur la garde de son épée, l'autre détendue le long du corps, il se releva ensuite et son regard ne put que partir à la recherche de celle qui lui avait tant manqué. Ca ne dura que quelques secondes, puisque la jeune femme ne se trouvait pas si loin de cela de son père, depuis un moment, elle suivait avec intérêt ce qu'il faisait, puisqu'elle devrait prendre sa place un jour et il l'admirait encore plus pour cela.

Son sourire revint à nouveau furtivement, petit sourire qu'il n'adressa qu'à sa personne accompagné d'un léger signe de la tête pour la saluer, bien qu'il avait l'impression qu'elle ne semblait pas le voir. Le protocole ne leur permettait pas de faire autrement, mais voilà, il y avait des choses qui ne pouvaient pas toujours se contrôler et il reprit bien rapidement et comme il le put un masque de neutralité passive quand l'homme à la couronne prit la parole.
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Lilian Ruadháin
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MessageSujet: Re: Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]   Sam 24 Oct - 16:39

Lilian Ruadháin, fille d'Erin Ruadháin et héritière du trône de Ruad, était une très belle jeune femme et avait de quoi faire tourner des têtes. Ses demoiselles de compagnie s'agitant comme une fourmilière autour d'elle pour l'aider à s'habiller, à se coiffer et à se pomponner, en étaient témoins, tout comme elles savaient que peu d'hommes avaient en retour ébranlé son cœur de marbre. Tandis que Lilian se fixait dans le miroir sur pieds, c'est bien au seul homme qui avait jamais attiré son attention qu'elle pensait. Mais ses lèvres plissées et son regard distant témoignaient d'un trouble intérieur. Un trouble qui l'agitait depuis bien des semaines de cela, et dont les messages sans réponse entassés dans l'un de ses tiroirs était l'aveu coupable.

Soupirant, elle congédia ses suivantes d'un geste de la main las. Tenant les pans de sa robe ouvragée du bout des doigts, elle s'assit devant son cabinet de toilette avec la grâce et la retenue attendue d'une personne de son rang. Saisissant une petite clé cachée sous ses nombreux colliers, elle déverrouilla l'un de ses tiroirs et en ressortit la dernière lettre de son amant. Son regard glissa jusqu'à sa signature. Tiberias. Elle n'était pas sans savoir qu'après ces longs mois de séparation, pendant lesquels il avait tant mis sa vie en jeu et perdu celle de son père, il lui revenait enfin, indemne et auréolé de ses prouesses au combat. Elle savait ses doutes et pensées actuelles injustes et cruelles dans ces conditions. Mais la vie à la Cour divergeait tant de celle des champs de bataille...

Refermant le tiroir sur ces missives qu'elle avait chéri bien malgré elle, et auxquelles elle s'était forcée de ne pas répondre, elle se fixa dans le miroir et se força à regagner un visage sans expression. Elle se leva et sortit de ses appartements. Aussitôt, ses dames de compagnie l'entourèrent et elles se dirigèrent vers la salle du trône où sa présence était requise pour assister aux rapports venants du front. Le regard fixé sur son père, elle y entra sans un coup d'oeil pour les chevaliers qui s'inclinèrent sur son passage, se forçant à ne pas vérifier si Tiberias était déjà ou non présent. Après s'être inclinée devant son père, elle gagna sa place et lui offrit un micro-sourire au passage. Elle n'avait pas vraiment la tête à tout cela, mais elle n'avait jamais été du genre à repousser ses responsabilités selon ses humeurs personnelles.

Du coin de l'œil, elle aperçut la haute et fière silhouette de Tiberias s'avancer et présenter ses respects au Roi. Elle détourna les yeux dès que son attention se tourna vers elle, mais pas assez tôt pour ne pas apercevoir le sourire qu'il lui adressa. Un sentiment chaleureux s'éleva dans sa poitrine et elle prit sur elle pour ignorer toutes ces distractions. Distraite, elle ne prêta qu'une oreille aux discussions qui s'engagèrent. Son cerveau procédait les informations en mode automatique mais le coeur n'y était pas. Elle manqua d'ailleurs sursauter lorsque, alors que la réunion était bien engagée, le Roi s'adressa à Tiberias et l'incorpora, elle, dans la conversation, demandant son avis :

« Nous avons beaucoup entendu parler de vos victoires Daltaïr. Votre père - paix à son âme - a transmis le flambeau avec succès. N'est-ce pas Lilian ? »
« Bien sûr. » approuva Lilian, se reprenant rapidement. « Le courage et le dévouement au Ruad coulent dans leurs veines. » rajouta-t-elle avec emphase, comme il était attendu de sa part. Recevoir des compliments de la part de la princesse Lilian était, d'après son père, très stimulant pour les jeunes chevaliers. Bien que cela ne la gênait pas d'ordinaire, elle aurait préféré que s'il s'abstienne en l'occurrence de la mêler à cette histoire.

Elle fut un brin plus attentive par la suite, et ne put s'empêcher d'observer Tiberias tandis qu'il recevait les félicitations du roi (cela aurait été impoli et inconvenant de sa part de l'ignorer). Il semblait en bonne forme. Ces derniers mois lui avaient même réussis : il se dégageait de lui la confiance de l'homme d'armes accompli. Et encore une fois, Lilian eut une pincée au coeur en mesurant le fossé qui les séparait. Inclinant la tête lorsque c'était attendu de sa part, Lilian assista au reste de l'assemblée, tendue comme un arc.

Le Roi donna finalement congé et Lilian n'attendit pas plus longtemps pour prendre congé, arguant d'un certain inconfort pour s'excuser de sa promptitude. Ses dames de compagnies s'égaillèrent comme une volée de moineaux autour d'elle, surprises de sa célérité. Un instant, Lilian espéra pouvoir gagner ses appartements afin de pouvoir y réfléchir en paix, mais du coin de l'oeil elle aperçut une silhouette familière. Comment Tiberias avait bien pu réussir à la devancer lui était mystérieux, mais elle ne s'étonnait plus des capacités de cet homme. D'un mouvement de la main, elle congédia ses suivantes, qui s'arrêtèrent alors sur place et s'inclinèrent avant de faire demi-tour. Si elles avaient aperçu le chevalier, elles n'en laissèrent rien paraître. Lilian, pour sa part, ne ralentit pas son pas et ne changea pas d'expression, laissant au soin de Tiberias de la rattraper et d'engager la conversation s'il y tenait tant... bien qu'il soit considéré impoli d'adresser la parole à l'héritière du trône sans y avoir été invité, ils avaient dépassés ce genre de considération depuis bien longtemps, du moins, en privé.
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Tiberias Daltaïr

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MessageSujet: Re: Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]   Mer 28 Oct - 10:12

Le jeune guerrier avait bien vu que la princesse avait très rapidement détourné le regard, alors qu’ils s’étaient croisés quelques instants. Il comprenait parfaitement qu’avec son rang, elle ne pouvait rien faire pour lui rendre n’importe quel salut, pourtant, il avait cru voir autre chose… il la connaissait bien, trop bien même d’ailleurs, -vu que leur amitié datait depuis bien quelques années maintenant, puisqu’ils se connaissaient depuis l’enfance-, pour qu’il ne puisse pas voir que quelque chose clochait chez elle. Tiberias avait eu, depuis ces nombreuses années passées à ses côtés, tout le loisir de l’observer et d’apprendre à connaître ses différentes mimiques, à savoir sans qu’elle ne dise rien quand ça allait et quand ce n’était pas le cas. Et depuis quelques temps, il savait encore mieux décrypter ces signes. Peut-être parce que justement, ils avaient passés le simple cap de l’amitié.

Il dût pourtant passer au-dessus de son pressentiment et reporter toute son attention sur son Roi. Après tout, rien ne devait laisser supposer qu’il ait un quelconque lien avec la jeune femme, même si certains étaient bien au courant que les deux jeunes gens avaient une relation d’amitié profonde, c’était déjà trop. De plus, ça aurait été des plus déplacé de sa part, s’il n’avait pas donné toute son attention à son souverain, surtout que celui-ci finit par s’intéresser personnellement de son cas. Rien ne pouvait être plus honorable pour un jeune combattant de se faire ainsi flatter par son chef hiérarchique, qui ne manqua pas d’ailleurs, d’intégrer sa fille dans la conversation.

Ce qui permit au jeune homme de se rendre compte un peu mieux du trouble qui semblait avoir prit son amie. Bien qu’elle ne manqua pas à ses devoirs en confirmant tout ce qu’avait déjà dit son père, Daltaïr voyait parfaitement que quelque chose n’allait pas, ce qui ne pouvait qu’inquiéter notre ami, mais pour l’instant, il se devait de faire bonne figure et s’inclina devant les têtes couronnées après qu’ils aient parlé.


- Je vous remercie, Sire. C’est un grand honneur de pouvoir mettre mon épée à votre service, Majestés.

Sa vie aussi d’ailleurs, il avait été élevé comme cela, prêt à perdre la vie s’il le fallait, pour que le royaume de Ruad reste toujours aussi libre du joug de Rahl. Son optimisme lui faisait croire qu’ils tiendraient éternellement face à l’ennemi… il se rendrait compte par la suite que ce n’était jamais aussi simple que cela et que malgré toute la bonne volonté du monde, on pouvait perdre une guerre.

Pour l’instant, il ne pouvait être à ses considérations et resta des plus attentifs jusqu’à la fin, l’orgueil et la fierté quelque peu grossis des félicitations qu’il avait reçu de son souverain. Rien de mieux pour gonfler au maximum sa motivation pour la prochaine campagne. Malgré son attention, il n’avait pu s’empêcher de jeter quelques fois, des petits coups d’œil du côté de son amie et n’avait pu que remarquer son mal être. Etait-ce sa faute à lui ? Des questions dont il espérait trouver les réponses quand ils auraient un moment d’intimité tous les deux et il était prêt à forcer les choses pour cela !

Quand le Roi leur donna finalement congé, le guerrier s’inclina profondément, comme les autres, avant de prendre congé et de sortir de la salle du trône. Il n’avait pas attendu pour filer à l’anglaise, afin de retrouver sa belle. Elle était partie précipitamment à la fin des discussions, sans un regard pour sa personne et il avait comprit que, décidément, elle avait un problème.

Se retrouvant sans aucun problème dans les différents couloirs du château, il avait réussi à dépasser la jeune femme, afin de se retrouver dans son chemin, alors qu’elle retournait à ses appartements et bien qu’elle fit disparaître ses suivantes en l’apercevant, elle continua sa marche, sans un regard pour lui, comme s’il n’existait pas.

Tiberias partit alors à sa suite, marchant d’un pas leste et rapide, il arriva à sa hauteur en quelques pas et sans attendre, posa doucement une main sur son bras pour la faire s’arrêter, afin qu’elle lui fasse face. Ses sourcils légèrement froncé montraient déjà une incompréhension de l’attitude qu’avait Lilian à son égard.


- Voilà tout ce que tu m’offres comme accueil, après ces nombreux mois de séparation ?

Oui, il mettait directement les pieds dans le plat, mais il n’avait jamais eu d’éducation poussée en ce qui concernait la galanterie. De plus, il n’avait jamais été du genre à mâcher ses mots, même en sa présence, ce n’était pas maintenant qu’il allait commencer.
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Lilian Ruadháin
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MessageSujet: Re: Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]   Mer 4 Nov - 17:13

Les lourds pans de ses robes donnaient constamment à Lilian l'impression d'étouffer lorsque de fortes émotions la prenait. Elle en avait même fini par apprécier la lourdeur de l'armure spécialement conçue pour elle, le contact du métal froid l'aidant bien plus facilement à rester maîtresse d'elle-même. Elle se détestait pour ces preuves de faiblesse qu'étaient ses humeurs changeantes. En tant que future reine, elle prenait pourtant sur elle pour égaler le souverain constant et confiant qu'était son père, mais là où il avait des décennies d'expérience derrière lui, elle n'avait que les conflits intérieurs de la jeunesse. Et Dieu sait qu'elle était gâtée en ce moment. Elle n'avait cessé de se répéter qu'au plus tôt elle aurait mis les choses au clair avec Tiberias, et au plus tôt elle pourrait retrouver un semblant de contrôle sur sa vie. Ces belles pensées s'effondraient avec la vision de l'être aimé comme un échafaudage balayé par le vent. Elle était belle la résolution royale.

Il la rattrapa rapidement, bien entendu, mais elle n'avait pas prévu qu'il la touche, et elle réagit vivement à ce contact. Elle s'arrêta instantanément, certes, mais elle dégagea aussitôt son bras d'un mouvement vif, faisant voltiger ses longues manches autour d'elle. Elle lui décocha un regard d'avertissement pour le dissuader de tenter toute nouvelle approche. Un œil attentif ayant assez de recul et d'attention pour observer la scène aurait probablement remarqué le léger frémissement qui l'avait saisi à ce contact, ainsi que l'expression indéchiffrable et éphémère qui avait traversé son visage. Mais ce dernier c'était refermé et le masque était retombé en place avec la rapidité de l'habitude.

« Et qu'attendiez-vous, monsieur, de l'héritière du trône, si ce n'est ses félicitations et son respect pour vos réussites au combat, et ses condoléances pour la perte de votre père ? » répondit-elle d'une voix tendue mais relativement neutre. Elle resta ainsi à le fixer sans un mot, tentant de lui convoyer en silence l'ordre de ne pas piper un mot, pour l'instant.

Lorsqu'elle fut satisfaite, elle reprit son chemin, à un pas plus mesuré mais les yeux toujours fermement fixés devant elle. Ses appartements étaient un couloir plus loin, et elle en poussa vivement les portes, les laissant ouvertes pour Tiberias. Il était évident qu'elle ne s'en tirait pas sans une conversation digne de ce nom, et bien que cela ne la remplissait pas de joie elle devait reconnaître lui devoir au moins cela. Bien heureusement, aucune domestique ne s'était attardée et ils furent finalement seuls, à l'abri des oreilles indiscrètes. Lilian marcha jusqu'à la fenêtre pour se donner le temps de se reprendre. Elle porta son regard par delà les carreaux assemblés sur la campagne alentour et parla sans se retourner :

« J'apprécierais que nous évitions les scènes publiques Tiberias. » remarqua d'une voix beaucoup plus posée. Elle déglutit, prenant sur elle pour prononcer la suite : « Je suis désolée... mais vous avez été bien trop longtemps éloigné des politiques de la Cour. »

Elle ne pouvait pas le tutoyer... Elle n'y arrivait pas, elle ne pouvait pas se le permettre. C'était sa seule option pour préserver une certaine distance entre eux. Une distance dont elle aurait besoin s'ils devaient vraiment poursuivre cette conversation jusqu'au bout.
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MessageSujet: Re: Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]   Ven 6 Nov - 12:48

Tiberias n’avait pas oublié qu’ils étaient en plein milieu du couloir, mais il n’avait pas remarqué une ombre dans le coin, qui n’auraient pas du les voir ainsi et c’est pourquoi il s’était permis de la toucher. Il n’avait pas pensé un instant qu’elle serait si prompt à s’éloigner. Après tout, avant qu’il ne parte au combat, ça avait aussi été un jeu que de se toucher à la dérobée, parfois devant diverses paires d’yeux.

Là, ça lui semblait quand même légèrement exagéré comme attitude, jamais elle n’avait été comme cela avant et cet air de neutralité apparente ne lui plaisait guère. Il réfléchissait encore à ce qu’il avait pu faire pour se faire traiter ainsi, mais elle ne lui laissait pas le temps de la réflexion, qu’elle le remettait en place, propre en ordre, comme une future Reine l’aurait fait avec n’importe lequel de ses sujets.

Le jeune homme ne put s’empêcher un haussement de sourcil surpris et un air des plus étonné fixé sur le visage à ses paroles. Comme si elle ne savait pas ce qu’il aurait pu attendre de sa part ? Certes, elle ne pouvait pas lui donner ce qu’il attendait en présence des autres, mais même un léger sourire rapide, ça aurait été trop demandé ? A quoi jouait-elle ? Pourquoi se montrait-elle si éloignée tout d’un coup ? La mâchoire lui en tombait presque, et s’ils avaient été dans un cartoon, elle aurait assurément touchée terre, non là, les lèvres étaient quelque peu desserrées, comme prêtes à laisser passer les mots qu’il s’apprêtait à lui dire. La princesse lui envoya alors un regard, qu’il comprit sans plus de parole et il resta silencieux, obéissant à son ordre silencieux, tout en faisant une légère moue d’incompréhension. Il espérait sincèrement qu’elle s’explique bien rapidement sur son comportement !

Daltaïr suivit alors sa future reine dans ses appartements et ferma la porte derrière lui, ils seraient ainsi au vrai calme et ils pourraient parler sans craindre d’être entendu par des oreilles indiscrètes. Et si le guerrier avait été surpris par ce qu’il s’était passé dans le couloir quelques instants plus tôt, ça n’était rien comparé à ce qui suivait. Car bien qu’ils soient dans leur intimité, sans gêne extérieur, la jeune femme continua son vousoiement, chose qu’elle n’avait jamais fait auparavant, qu’ils ne faisaient jamais quand ils se parlaient, et s’éloigna de lui, alors qu’il avait assurément espérer le contraire.


- Excuse-moi, je pensais que je pouvais encore t’adresser la parole sans avoir besoin de passer par tout le protocole… je ne voulais pas commencer de scène, je suis juste… surpris.

Ce qui était loin d’être un euphémisme. Voilà qu’elle continuait pourtant et il fronça les sourcils d’incompréhension. Que devait-il comprendre à ces paroles ? Que voulait-elle dire par là ? Sans attendre quoi que ce soit, il avait comblé l’espace qui les séparait et s’était installé lui aussi près de la vitre, mais c’était elle qu’il regardait, sans pouvoir s’empêcher de se laisser à l’admirer quelques instants, à la dérobée, la voir ainsi, lui faisait se rendre compte à quel point elle lui avait manquée et combien ces retrouvailles ne se passaient absolument pas comment il avait pu se l’imaginer lors de ses jours passés sur le champ de bataille.

- Et alors ? En quoi est-ce que cela influence ce que nous vivons ensemble ? Fût un temps aussi, où la future monarque semblait moins se préoccuper de la Cour, ou en tous les cas, était prête à concilier leur histoire et son trône. Il marqua alors un temps, juste pour réfléchir à la situation, avant de continuer, tout en s’approchant toujours un peu plus de Lilian, tentant tant bien que mal de capter son regard. Que dois-je comprendre ? Qu’un prétendant à obtenu ta main pendant mon absence ? Fit-il un peu plus sombrement.

La jalousie, un mauvais défaut.


- Lilian, regardes-moi s’il te plaît… lâcha-t-il alors d’un ton doux, tout en déposant deux doigts sur sa joue, comme pour obtenir ce qu’il lui demandait, car il ne doutait pas que ça la ferait réagir.
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Lilian Ruadháin
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MessageSujet: Re: Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]   Sam 21 Nov - 21:07

A vivre derrière des conventions et des codes de conduite, selon une destinée bien réglée et réglementée par d’autres qu’elle-même, Lilian avait perdu la spontanéité qui l’avait autrefois caractérisée. Sa relation avec Tiberias avait été une échappée dans cette vie bien cadrée. Elle avait fait réapparaître sa candeur et son désir de simplicité. Et il avait suffi que l’homme qui lui avait fait connaître tant de joies s’éloigne pour que tout cela s’efface. Le carcan du devoir s’était refermé sur Lilian, effaçant ses précédentes illusions. Elle avait longuement réfléchi à tout cela. Ses sentiments pour Tiberias n’avaient pas disparu et une petite voix lui rappelait régulièrement ce fait. Mais si eux n’avaient pas changé, et lui non plus, elle n’était plus la même. Elle se savait incapable d’offrir à son amant la même attention et la même dévotion qu’à son départ. Et son caractère franc refusait de faire miroiter à son amant des espoirs vains.

Elle hocha distraitement la tête aux excuses de Tiberias, y prêtant peu d’attention, son esprit occupé bien ailleurs. A vrai dire, le protocole et les apparences elle s’en fichait un peu. Ce n’était que des excuses pour se cacher derrière un masque. Elle se plaçait toujours au-dessus des rumeurs et qu’en-dira-t-on. Néanmoins, elle tenait quand même à éviter que tout un chacun se mêle de sa vie privée et il était inutile de tenter le diable. Elle se tendit malgré elle lorsqu’il s’approcha, craignant que son corps ne réagisse à une présence qu’elle ne cessait pas de désirer. Sa déduction lui coupa le sifflet, et elle tiqua lorsqu’il parla de prétendant. Cet homme était bien trop intelligent. Ce qui était l’une des raisons pour laquelle il l’avait tant séduit, il ne fallait pas l’oublier. Sa langue se décolla soudainement de son palais, et elle lâcha tout de go :

« Pas encore. »

Ces eux mots parlaient autant qu'un long discours, et tombaient comme un couperet sur le pauvre Tiberias. Malheureusement, Lilian avait toujours manqué de tact et était peu douée pour tout ce qui requérait un minimum de délicatesse. A tenter d'y aller avec douceur, elle se serait probablement emmêlée les pinceaux et aurait fini par céder aux belles paroles de son amant. Mais elle se devait d’être sincère, de couper leurs liens et de le laisser faire sa propre route, sans elle. Cela leur crèverait le cœur à tous deux, mais elle ne pouvait lui demander de vivre dans l’ombre, d’accepter une relation en demi-tons. Elle avait eu bien des jours pour en arriver à cette conclusion et elle ne pouvait se permettre de vaciller le moment venu. Elle cilla lorsqu'il la toucha doucement, mais elle ne put résister à sa demande. Elle lui devait probablement au moins ça. Tenter de l'ignorer plus longtemps serait bien lâche de sa part. Mais dans les yeux de Lilian, il y avait autant de tristesse - regrets et remods se battant en duel - que de détermination implacable. Rien qui ne puisse rassurer Tiberias. Et si elle ne se déroba pas au toucher de son amoureux, elle ne se permit pas de s'y abandonner non plus.

« Un mariage avec le prince de Chelford renforcerait nos forces contre Darken Rhal. » expliqua-t-elle, d'une voix qu'elle voulait neutre et professionnelle, mais qui était bien trop faiblarde à son goût. Elle se tut rapidement, craignant que sa voix ne l'abandonne au pire moment.
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MessageSujet: Re: Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]   Jeu 26 Nov - 21:40

Tiberias bouillonnait intérieurement de vivre cette situation. Lui qui se réjouissait de pouvoir rentrer, de pouvoir voir à nouveau l'être aimé, voilà que cette dernière, venait de planter une barrière, un mur infranchissable entre eux. Pourquoi n'arrivait-il pas à la toucher? Pourquoi est-ce qu'elle l'ignorait à ce point? Qu'est-ce qu'il avait fait pour mériter un tel mépris? Car c'est bien ce qu'il ressentait vis-à-vis de l'attitude qu'elle avait à son égard.

La réponse ne se fit pas attendre et elle fut plus rude que n'importe quel coup d'épée qu'on aurait pu lui donner. Il en aurait chancelé s'il marchait. Il l'avait trouvé rude, maintenant, il pouvait y mettre le mot cruel. Elle tenait tant que cela à le voir disparaître de sa vie? Si subitement? Le jeune guerrier lâcha un soupire mêlant agacement, frustration et tristesse, tout en observant la jeune femme à ses côtés.


- Pourquoi tu me fais ça?

La question était franche, abrupte, mais il espérait qu'elle lui réponde en toute honnêteté, comme ils l'avaient toujours été l'un pour l'autre. Même s'il avait la nette impression que les choses avaient changées depuis son dernier séjour au château et de manière radicale en plus de cela. Son cœur ne manqua pas de se serrer quand Lilian posa enfin son regard sur lui et qu'il put y lire tout ce qu'il avait besoin de savoir. Inconsciemment, il avala quelque peu sa salive, car bien qu'il y avait la même pointe de tristesse que la sienne, il y avait aussi parfaitement vu la détermination qu'elle mettrait dans la fin de cette relation. Que lui refusait, bien évidement.

Sa main s'éloigna alors automatiquement de la joue de la princesse, son bras revint le long de son corps, le poing se ferma sans un bruit, sa mâchoire se crispa quelque peu, tandis qu'elle lui donnait l'excuse du siècle pour son futur mariage. Mais qu'est-ce qu'il en avait à faire de tout cela? Il s'en moquait, ça ne voulait pas obligatoirement dire qu'ils devaient arrêter! Ce n'était pas la première fois qu'un monarque avait plusieurs amant(e)s, pourquoi se priverait-elle de cela? Plus égoïstement, pourquoi le privait-elle de sa présence, il en avait besoin, peut-être pas comme de l'air qu'il respirait, mais c'était bien tout comme.


- Et? Ou est l'empêchement de se voir? Je suis prêt à être l'amant le plus discret qu'il te sera donné de connaître... je ne demande pas à t'avoir pour moi seul. Même si c'est bien ce que je veux, mais ne me demande pas de t'oublier. Je ne le pourrais pas. Ne me demande pas une telle chose, s'il te plaît. Dans un élan, il lui attrapa alors les deux mains, posa un genou à terre et planta son regard dans le sien, s'y noyant complètement. Et si... on partait. Laisse-moi t'enlever, t'emmener loin d'ici, de toutes responsabilités, de tous ces problèmes. Allons construire notre propre royaume ailleurs et laissons-les à leurs histoires...

Il aurait bien voulu dire qui ne les concernait pas, mais c'était bien trop loin de la vérité. De plus, Daltaïr le savait parfaitement, sa proposition des plus romanesques ne trouverait jamais écho chez sa belle, jamais elle ne le suivrait et jamais elle n'accepterait une telle proposition. Le jeune homme connaissait trop bien son amie pour savoir qu'elle ne pourrait se défaire de ses obligations, qu'elle n'abandonnerait pas son père pour lui... alors pourquoi l'avait-il fait? Pour tenter, pour voir, peut-être qu'il se trompait, peut-être avait-il un espoir.

Son ton avait été passionné, enflammé, il y croyait, il fallait qu'il y croit, un instant même, pour ne pas virer fou tout de suite. Ca se lisait dans ses yeux, il ne suffisait que d'un mot de sa part et ils disparaîtraient pour toujours du pays de Ruad, pour vivre pleinement ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre, sans contrainte, sans frontière, sans protocole ni convention aucune. Juste eux deux, la liberté. Ce n'était pas la première fois que Tiberias en faisait mention, mais à cet instant, il était on ne peut plus sérieux. Il ne concevait pas la vie sans elle et le pire… le guerrier se doutait que sa future Reine, pourrait ne pas apprécier ses paroles.
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Lilian Ruadháin
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MessageSujet: Re: Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]   Ven 18 Déc - 23:22

La coiffure surchargée de Lilian lui pesait, symbole parlant de la chape de plomb qui semblait s'être posée sur ses épaules. La jeune princesse perdait force et volonté de minute en minute, et elle ne devait qu'à son entêtement de garder le port altier qui était attendu d'elle. Elle n'avait qu'une envie : se recroqueviller dans son lit et oublier tout ces fardeaux et cet instant pénible où elle mettait fin à une relation dans laquelle son cœur était toujours investi. Mais pas sa raison, et la raison a ses raisons que le coeur ne saurait dominer.

« Ce n'est pas contre toi Tiberias. » laissa-t-elle échapper malgré sa volonté de rester au vouvoiement. La détresse dans les yeux et la voix de son amant avaient brisé un instant sa résolution.

Lorsqu'il retira sa main, elle détourna les yeux et déglutit péniblement, puisant un peu de courage dans la vue que lui offrait sa fenêtre des champs et du village s'étalant en contrebas. Ce n'était pas contre Tiberias. C'était pour son royaume. Ce n'était pas contre leur relation. Mais pour... Elle soupira profondément lorsque le chevalier qu'elle avait tant aimé pour sa sensibilité et son cœur juste se lança dans un discours enflammé. Elle savait depuis le début qu'il ne lui faciliterait pas la tâche. Mais lorsqu'il s'agenouilla, lui tenant les mains et lui proposant de fuir ensemble, toutes ses incertitudes furent balayées par les gants de fer de la reine en devenir. Il n'y avait nulle place de nos jours pour les rêves d'une enfant romantique. Là où Tiberias avait préservé cet esprit chevaleresque, Lilian avait perdu toute illusion. Elle retira ses mains, gentiment mais fermement, de la prise de son aimé, et secoua vivement la tête de droite à gauche, se reculant de deux pas.

« Non, Tiberias, non. Vous ne comprenez pas. Je ne pourrais jamais me pardonner de laisser mon peuple dans ces temps de guerre, tout comme je ne pourrais jamais me pardonner de vous retirer le droit de fonder une famille et de trouver auprès d'une autre ce que je ne pourrais vous offrir ! Je ne vous demande pas d'oublier, pas quand j'en serais moi-même incapable. Je vous demande de tourner la page. » Elle se dressait de toute sa stature, le dos tendu, les muscles crispés. Ces mains croisées devant elle enserraient les plis de sa robe entre ses doigts, tentant d'en cacher les infimes tremblements. Mais sa voix ne vacillait pas, et son regard fixait Tiberias avec une infinie tristesse... et une sincérité sans bornes. « Non... » souffla-t-elle dans un murmure avant de laisser tomber le couperet. « Je vous ne le demande pas... Je vous l'ordonne. »

Il n'y avait plus de retour possible, et ses doigts se crispèrent un peu plus sur le tissu épais qui l'oppressait. Enfant, un tel état de pression aurait déclenché son pouvoir sur le vent. Aujourd'hui, elle avait mûri, grandi, et si elle avait appris à maîtriser son don, elle avait aussi appris à reconnaître ses devoirs... et toutes les restrictions qui allaient avec. Il n'y avait pas d'autre solution possible. Pas si elle voulait se montrer digne de ses ancêtres et de son rang. C'était la seule solution, se répétait-elle comme un mantra.
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MessageSujet: Re: Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]   Jeu 24 Déc - 12:31

Tiberias avait l'impression de porter sur les épaules, une chape de plomb. Encore plus lourde que n'importe quelle armure. Il ne comprenait pas, il ne comprendrait jamais, il en était persuadé. Il tentait de trouvé ce qui avait pu faire changer d'avis aussi rapidement, enfin tout était relatif bien entendu, Lilian de point de vue sur leur relation. Quelqu'un les avait-il surpris lors de leurs dernières heures passées ensemble avant qu'il ne parte pour le front? Son père lui avait-il alors fait comprendre que jamais elle ne pourrait rester avec un homme tel que lui? Sans titre, sans rang, un simple guerrier avec qui on ne devait rien espérer? Il se mit alors à haïr son statut ou celui de sa belle, pourquoi la vie dressait une barrière si insurmontable entre eux? Alors que tout allait bien quelques mois plus tôt.

Toutes ces questions, ce tourment qui le prenait était assurément visible sur son visage, dans ses yeux. L'incompréhension était grande, le couteau planté dans le dos, il le sentait parfaitement et son cœur se brisait un peu plus, à chaque seconde passée ici, en sa compagnie. Le tutoiement avait pourtant laissé place à un espoir, infime, mais quand même présent. Peut-être qu'au final, elle craquerait, elle le laisserait revenir à elle. Il en avait besoin, elle aussi. On ne pouvait pas balayer autant d'année d'amitié, d'amour en un claquement de doigt quand même!


- Si ce n'est pas contre moi, alors qu'est-ce, Lilian? Dis-le-moi!

Le jeune guerrier insistait, trop peut-être. Mais il ne pouvait rester dans cette incompréhension. Il avait besoin d'être éclairé sur le sujet, il avait besoin qu'elle lui dise de vive voix, pourquoi cette décision semblait sans appel. Alors qu'il n'avait pas eu son mot à dire, que sa défense était de toute façon vouée à l'échec. Il ne lâcherait pas sans combattre, c'était dans son caractère et la jeune femme n'avait pas fini de l'entendre.

A genoux, devant elle, il attendait avec appréhension ce qu'elle lui répondrait. Ses mains fuyant les siennes n'avaient pas besoin de paroles, il avait comprit avant même qu'elle n'ouvre la bouche. Elle ne lui donnait pas de deuxième chance, il était relégué au rang de simple sujet et ses yeux se baissèrent pour contempler avec tristesse le sol carrelé de la chambre. La colère montait doucement, il sentait le sang battre contre ses tempes à chaque paroles de son aimée et sa mâchoire se serra à nouveau. Il restait pourtant immobile, le regard obstinément accroché au sol, dans une position de soumission la plus totale. Plus facile pour écouter.

Tourner la page, impossible. Comment osait-elle lui demander une chose pareille? Elle n'avait surtout pas le droit de lui briser le coeur ainsi!


- Jamais... ce mot avait glissé entre ses dents, le ton vibrant témoignait d'une hargne et d'une rage qui ne demandait qu'à exploser, pourtant, tout s'affaissa, aussi sûrement qu'un château de carte balayé par le vent, tandis qu'il recevait l'ordre de tirer un trait sur tout ce qu'ils avaient vécu.

Sa tête se redressa alors d'un coup, son regard se planta dans le sien. Dans ses propres yeux, trop de sentiments, dans les siens, deux distincts, qui lui firent tirer une moue déçue. Un dilemme venait de se poser, devait-il désobéir à un ordre que venait de lui donner la princesse? La voyait-il comme cela à l'instant? Ou désobéirait-il à un ordre donné par la femme qu'il aimait et dont il savait que les sentiments étaient partagés?


- Comment pouvez-vous m'ordonner une chose pareille? Ce que nous avons vécu n'est donc rien pour vous? Croyez-vous réellement que vous pouvez me faire disparaître de votre vie ainsi?! Il s'était alors relevé comme un seul homme. Le vouvoiement était parti tout seul, comme le digne représentant d'une cassure qui venait de s'opérer entre eux. Il n'était pas violent dans ses mouvements, jamais il n'oserait lever la main sur elle, c'était simplement dans sa voix qu'elle était palpable.

Le jeune homme était dégouté par tant d'injustice, il ne pouvait se résoudre à la perdre, à l’oublier, c'était bien trop difficile. C'était un combattant, il ne déposerait pas les armes aussi facilement.
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MessageSujet: Re: Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]   Dim 3 Jan - 12:20

[HJ : Je me suis permis de reprendre quelques mots que tu avais prêté à Lilian dans ta fiche, ils convenaient et permettent ainsi une continuité.]

L'opiniâtreté de Tiberias avait autrefois fait son charme et sa valeur de chevalier. Voilà que retournée contre Lilian, cette force de caractère n'était plus si charmante et usait la patience vacillante de la jeune femme. Drainée de toute force par la décision qu'elle avait prise et mise en application, elle n'avait vraiment pas le courage de tenir tête indéfiniment à son amant. Et elle savait que plus il insisterait et plus cela finirait mal. Il la poussait dans ses retranchements, et elle allait finir par dire quelque chose qu'elle regretterait (plus que tout le reste s'entend, car il ne faisait aucun doute que tout ceci lui pèserait de nombreuses années).

« Tiberias ! » le coupa-t-elle avec déjà plus de fermeté qu'elle n'aurait aimé. « Je ne vous laisserais pas douter de la sincérité de mes sentiments pour vous et de ce que représente nos moments passés ensemble pour moi. » lui assura-t-elle pour couper court à tout doute de cet ordre. « Mais les sentiments ne priment plus à la Cour, seule la victoire est importante... et je ne vous laisserais pas devenir la cible de mes ennemis si jamais notre relation venait à être découverte. »

Saisissant machinalement les pans de sa robe pour ne pas marcher dessus, elle fit volte-face, se détournant de son bien-aimé avec la même finalité qu'avait contenu ses ordres précédents. Elle s'installa dans un large fauteuil faisant face à la cheminée afin de soulager ses jambes flageolantes, mais cette position lui faisait toujours tourner le dos à Tiberias et ce n'était nullement un hasard. Ses bras fins se posèrent sur les accoudoirs et elle carra les épaules, se tendant inconsciemment pour ne pas commettre l'erreur de plier en cet instant. Elle était allée trop loin pour faire marche arrière. Elle inspira lentement en fixant les flammèches qui léchaient les bûches déposées dans l'âtre de la cheminée. Ses doigts se crispèrent sur le pommeau des accoudoirs sculptés en une tête de lion. Lorsqu'elle reprit, sa voix avait retrouvé sa fermeté et sa froideur précédente. Son regard perdu dans le vide, elle s'était déconnectée de tout sentiment.

« Si vous m’aimez encore un peu, arrêtez... Et partez ! »

C'était cruel, peut être. Mais dans les rares chasses que Lilian avait suivi ou pratiqué, elle avait toujours exigé que l'on achève les proies rapidement. Tout délai, toute lueur d'espoir laissée entrevue, serait bien plus cruel encore.
La lueur rougeoyante des flammes traçait sur le visage si délicatement sculpté de l'héritière du trône un masque macabre, mettant en valeur la sévérité de ses traits et la détermination de son expression.
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MessageSujet: Re: Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]   Dim 3 Jan - 19:40

[HRP: Aucun problème, t'as bien fait. Wink]

Le jeune guerrier aurait bien continué sur sa lancée, juste pour la faire douter de ses convictions, pour qu'elle se souvienne d'eux, de leur bonheur à eux, qu'elle oublie ses obligations, qu'elle revienne vers lui. Mais c'était bien entendu sans compter le caractère combatif de la future reine. Il le savait que c'était un combat perdu d'avance, pourtant, il ne voulait pas céder, il ne le pouvait tout simplement pas.

Son regard se planta dans celui de Lilian alors qu'elle le coupa d'un ton des plus secs, le fait d'entendre son prénom traverser ses lèvres le fit se taire un instant. Son coeur battait la chamade, il ne voulait pas entendre ce qu'elle avait à lui dire, il ne voulait pas s'incliner face à son souhait, pas celui-là, il était décidément convaincu qu'elle ne pouvait pas se permettre de lui demander une telle chose.

Tiberias n'arrivait pas à comprendre pourquoi leur relation semblait si compliquée d'un coup, ils n'en avaient jamais rien eu à faire avant et maintenant... une moue de colère passa sur son visage, totalement visible pour son interlocutrice, alors qu'elle lui donnait les raisons de cet ordre. La victoire... il s'en moquait, il préférait perdre tout mais pouvoir être à ses côtés, plutôt que de se retrouver jeté au rang de simple sujet, il ne le supportait pas.


- Je sais me défendre! Je défie quiconque de venir utiliser cette relation contre votre personne ou la mienne... lâcha-t-il alors sombrement. Pas de doute qu'il n'hésiterait pas à passer sa lame en travers de ceux qui pourraient leur vouloir du mal.

La princesse lui tourna alors le dos, il n'aima pas de voir cela, il craignait la suite, elle se détournait, elle le fuyait, ça n'annonçait que du mauvais. Daltaïr devait se calmer, reprendre un peu le contrôle de ses sentiments, pour essayer encore une fois de la raisonne, de lui faire comprendre que ce n'était pas la meilleure des solutions, qu'il y avait bien un autre moyen, sans que cela ne coupe court à ce qu'il pouvait vivre.

Il avait tenté de la toucher, mais elle s'était éloignée, pour aller s'asseoir, sans plus jamais lui faire face, l'homme posa une main sur la garde de son épée, pour tenter une approche, un pas fut fait, il ne put prononcer que deux mots.


- Lilian, je...

Mais, la future reine le coupa sans attendre, ses mots le blessèrent un peu plus et elle le chassa, sans autre, comme le moins que rien qu'il était. Qu'avait-il fait pour que le malheur s'acharne ainsi sur lui? Perdre son père n'était pas assez difficile comme cela, pour qu'on l'empêche de pouvoir profiter pleinement de celle qu'il aimait!? Son visage se contracta légèrement, ses dents se serrèrent, il sentait qu'une boule dans la gorge grossissait à chaque seconde.

Elle venait de lui porter le coup de grâce et il haïssait le monde entier à l'instant, plus particulièrement le statut de la jeune femme, ces conventions, cette Cour, ce château...

Tiberias dut prendre une longue inspiration, avant de reprendre la parole, d'une voix vibrante de haine, puisqu'il en était ainsi, soit!


- Comme vous voudrez, Princesse! Cracha-t-il, avant de la saluer comme il se devait, malgré le fait qu'elle ne le regardait pas et ce fût lui qui tourna les talons et quitta la pièce d'un pas vif, la porte se vit ouvrir et refermé avec une force sans pareille et le guerrier fila dans les couloirs, bousculant ceux qui se trouvait dans son passage sans aucune cérémonie.

La seule chose qui lui importait, c'était de s'éloigner le plus possible des appartements de cette femme, qui venait tout simplement de lui briser le coeur. Il lui fallait donc trouver un endroit calme pour exploser et reprendre ensuite le contrôle de ses esprits...
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Lilian Ruadháin
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MessageSujet: Re: Flashback : La chose la plus difficile à gouverner? Le coeur. [Lilian]   Sam 16 Jan - 15:56

Le regard fixé sur l'âtre, Lilian se tenait droite comme la justice en attendant que son ex-amant ne suive ses ordres. Ce qu'il ne tarda pas à faire, envers et contre tous ses sentiments, elle n'en doutait pas. Mais elle avait finalement tranché ses dernières défenses. Elle ferma les yeux en entendant ses derniers mots sifflés et ses talons claquer sur le sol dans une parodie de salut formel. Et elle baissa la tête quand finalement il fit demi-tour et se retira en claquant la porte derrière lui. Le silence se referma bientôt sur la princesse qu'on pourrait dire si cruelle...

Mais la lueur des flammes ne se reflétaient pas sur des larmes de joie. Enfin seule, Lilian laissait court à son chagrin, et des gouttes salées emplies de tristesse et de regret coulaient librement sur ses joues poudrées, la marquant de manière indélébile du sceau de la peine. Ses épaules s’affaissèrent et elle se replia sur elle-même, glissant du fauteuil jusqu’à se recroqueviller sur le tapis étalé devant l’âtre. D’ici quelques heures, elle offrirait un visage impassible aux regards avides de la Cour, mais pendant ces quelques instants de faiblesse, le chagrin serait seul maître de son âme.

Quelques mois plus tard, le prince de Chelford brisait leur promesse de mariage sous un prétexte fallacieux qui n’avait qu’une explication : il courbait l’échine devant Darken Rhal, qui avait fait assassiné son père. Il n’y avait plus de véritable barrage à une relation entre Tiberias et Lilian. Mais il était bien trop tard. Il n’y avait plus de retour possible, pas après la manière dont s’était arrêté leur relation. Lilian n’envisagea même pas cette possibilité, l’idée même aurait été déshonorante pour celui qu’elle aimait toujours en secret mais qu’elle respectait avant toute chose.

De relation, il n’y avait plus que la froide courtoisie requise entre personnes de leur rang. Lilian avait appris la nouvelle du mariage de Tiberias à une autre, avait cassé quelques vases une fois seule, et avait décidé de tourner la page tout comme lui l’avait fait. Une fois son père mort, tout cela importait peu, il n’y avait plus aucune place pour les sentiments. Tiberias était le capitaine de la garde, elle l’héritière, leur relation était désormais strictement professionnelle ; tous ces mauvais souvenirs oubliés... N’est-il pas ?!

FIN
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